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Campagne d'Autriche 1809

   

1809, en Autriche avec la marine française

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avertissement :

Le texte ci-dessous est le fruit de nombreuses recherches provenant de différentes sources, tant dans des ouvrages et articles traitants du sujet que dans les archives des ports & arsenaux. Il n’a d’autre but que d’informer le lecteur passionné d’histoire. Il est régulièrement mis à jour et des passages peuvent être modifiés partiellement, complétés, voire supprimés en fonction des informations reçues. Si, malgré le soin apporté à la rédaction de ce texte, le lecteur y découvre des erreurs, des omissions, voire des fautes de grammaire ou d’orthographe qu’il nous pardonne et nous le fasse savoir. En outre, s’il possède des informations complémentaires, merci de les transmettre en précisant les références des sources.

 

 

Mise à jour le 10 octobre 2010

 

Histoire du Corps des Ouvriers Militaires de la Marine

 

La Campagne d’Autriche

1809

 

 

. Janvier 1809 :

Déjà bien informé des préparatifs militaires de l’Autriche, l’Empereur quitte précipitamment l’Espagne entre à Paris dès la fin du mois de janvier 1809, laissant le soin au maréchal SOULT de chasser les Anglais de la péninsule.

 

. Le 14 mars 1809 : De Rambouillet. L’Empereur écrit à DECRES :

« Je désirerais avoir à l’Armée du Rhin 2 000 hommes de Marine. D’abord un équipage de flottille qui serait armé de fusils et porterait au lieu de sabre briquet, des outils.

 

La première escouade de chaque compagnie : des haches.

La deuxième escouade de chaque compagnie : des pioches

La troisième escouade de chaque compagnie : des pics à hoyaux

La quatrième escouade de chaque compagnie : des pelles.

(Ces outils seraient portés en bandoulière)

 

Je voudrais ensuite avoir un bataillon de Conscrits Ouvriers de la Marine, de 4 compagnies qui seraient commandées  par des officiers d’Artillerie de Marine, qui eussent servi, si possible, dans les Ouvriers. Ces Ouvriers porteront également des outils en bandoulière et seront armés de fusils.

Les deux corps seraient attachés au Génie de l’Armée. Ils seront utiles pour le passage des grandes rivières, et pour construire de petites embarcations armées ou de bateaux pour la navigation.

Il faudrait qu’il y eut dans les compagnies d’ouvriers quelques Calfats, Contre maîtres, Charpentiers, et par compagnie un officier Ingénieur de Marine ayant l’habitude de construire des vaisseaux, des bateaux ou de les réparer… »

 

Concernant les marins, l’Empereur écrit à DECRES :

« Monsieur le vice amiral DECRES,

Je désire avoir un bataillon de la flottille à l’armée du Rhin. Voici quel serait mon but, faîtes-moi savoir s’il serait rempli. 1 200 marins seraient fort utiles cette année pour le passage des rivières et pour la navigation du Danube. Mes marins de la garde m’ont rendu de grands services dans les dernières campagnes, mais faisaient un métier indigne d’eux. Les marins qui composent la division de flottille savent-ils tous nager ? Savent-ils l’exercice d’infanterie ? S’ils ont cette instruction, ils me seront fort utiles. »

Le ministre DECRES répond que les marins sont aptes à rendre les plus grands services tant sur terre que sur mer, et lui présente aussitôt, un décret qui en ce sens.

 

. Le 15 mars 1809 : Organisation du corps des Marins de la Garde.

Conjointement à l’organisation du bataillon de guerre des Ouvriers, le corps des Marins de la garde, qui ne compte plus que 173 sous officiers et marins, en raison des pertes subies en Espagne, est réorganisé en 5 escouades, sous le nom d’Equipage. (Décret du 27 mars 1809, SHAT Xab 78/161)

 

. Le 17 mars 1809 : Décret impérial organisant le 44ème bataillon de flottille :

 

« Art. 1 : Le 44ème bataillon de notre flottille impériale sera complété de 1 227 hommes, officiers, sous officiers, marins et apprentis marins compris.

 

Art. 2 : Les hommes composant le bataillon seront instruits dans les manœuvres d’infanterie, ils seront armés et auront le sac garni comme nos soldats d’infanterie.

 

Art. 3 : Chaque compagnie, au lieu du sabre, portera en bandoulière, soit :

. 1ère escouade de chaque compagnie : 1 hache.

. 2ème escouade de chaque compagnie : 1 pic à hoyau.

. 3ème escouade de chaque compagnie : 1 pioche.

. 4ème escouade de chaque compagnie : 1 pelle.

 

Art. 4 : Chaque homme aura 2 paires de souliers et 1 au pied, une capote et une giberne. Notre ministre pourvoira à ce que le bataillon soit dans le meilleur état. Chaque homme sera porteur d’un livret semblable à celui de nos troupes de terre, constatant la situation de la masse de linge et chaussures.

 

Art. 5 : Le bataillon partira le 1er avril et se rendra à Strasbourg. »

 

. Arsenal d’Anvers :

Dans l’arsenal maritime d’Anvers, il est mis sur pied un premier bataillon de guerre d’Ouvriers de la Marine auquel il est adjoint des marins pour le passage des fleuves et rivières. Ces derniers proviennent du 44ème Bataillon de Flottille Impériale de Boulogne. (Nota : Créé le 1er mai 1808, la plaque de shako indique  44ème Régiment ). Cette nouvelle unité mixte portera plusieurs dénominations : « Tantôt 1er Régiment de marine, 1er Equipage de marine ou 1er Régiment de marins et d’ouvriers, selon les sources ou les témoignages de l’époque ». Ce corps est dirigée en chef, par le Capitaine de Vaisseau de 2ème classe Pierre BASTE, détaché à cette occasion du corps des Marins de la Garde Impériale. Ses seconds sont : Le Chef de Bataillon BECHEE (Officier d’Artillerie de Marine) qui commande 6 compagnies d’Ouvriers de 140 hommes chacune (provenant des ports d’Anvers et de Boulogne), et le Capitaine de Frégate REGNAULT, à la tête des 5 compagnies de marins du 44ème de Flottille.

 

Plusieurs officiers et sous officiers de cette unité mixte sont issus du corps de l’Artillerie de Marine.

 

 

PREMIER REGIMENT DE MARINE

Décret du 17 mars 1809

Colonel Pierre BASTE

Capitaine de Vaisseau de 2ème Classe

(Corps des Marins de la Garde Impériale)

(Né à Bordeaux le 21 novembre 1768 – Mort à Brienne Le Château en 1814)

 

Etat Major :

Major : Capitaine de frégate REGNAULT (ou REGNAUT) (44ème F)

Capitaine Adjudant Major : ARMAND (44ème F)

Capitaine Adjudant Major : DEFEZ (Artillerie de marine)

Quartier Maître Trésorier : BASTIDE (44ème F)

Chirurgien Major : TRONCHERE  (44ème F)

Chirurgien Major : LANGIER (OMM)

Tambour-Major : CHEYLAUD (Fonction de Maître Canonnier)

 

 

 

1er Bataillon d’ouvriers Militaires de la Marine

Chef de bataillon BECHEE

(3E3 38)

44ème Bataillon de Flottille Impériale

Capitaine de Frégate REGNAULT

(3E3 39)

6 compagnies

5 compagnies

1ère Cie :

Sergent en 1er FAUCHET

1ère Cie :

Novice Trompette FLEUREAU

Conscrit Marin TREJASSON

2ème Cie :

Lieutenant en 2ème BOURDIGNON

Ouvrier GUILBERT

2ème Cie : Lieutenant de V. LEFEBURE

Enseigne de V en 2ème  DUMONT

Sergent (1er M) BRICHE

3ème Cie :

Caporal BETOURNE

3ème Cie : Lieutenant de V. RIGOULT

4ème Cie :

Lieutenant FULBERT

Ouvrier GOYON

Ouvrier GODET

4ème Cie : Lieutenant de V. CHATELLAIN

Sergent (1er M) LEQUELEC

Sergent DELABARE

5ème Cie : Capitaine Art Marine GAUDIN

5ème Cie : Lieutenant de V. PARMENTIER

Enseigne de V en 2ème  BRUNETEAU

( Capitaine de Pavillon)

Sergent-Major PAQUET

Sergent  (1er M) MARTIN

Sergent (1er M) NOËL

6ème Cie :

6ème Cie : Lieutenant de V. GAUVIN

                (Ou GOUVAIN)

Enseigne de V. FOUCHARD

Enseigne de V. en 2ème BAZIRE

Sergent-Major REAL

 Fourrier FRAPPIER

7ème Cie ( ?):

Lieutenant en 2ème BOULANGER

Caporal GONZAL

7ème Cie : Lieutenant de V. THUILLIER

Sergent-Major DESCHAMPS

 

8ème Cie : Lieutenant de V. DEBOISSE

Aspirant. BENOIST (ou BENOIT)

 

9ème Cie : Lieutenant de V. DESTRAIS

               (ou DESTRAIT)

Sergent-Major KERDELLANT

 

Capitaines (Lieutenant de vaisseau) : TOUCHERD (ou TOUCHARD), CHATELAIN,

Lieutenants en 1er  (Enseignes de vaisseau): DULOUY (ou DULOY), PULBERG, REUXEL.

Lieutenant en 2ème : DUMONT, BRUNETEAU, JOUBERT, FREMINVILLE, ARSON.

Aspirants: WARNET, SAINT-JUST, BOULANGER, DOURSIGNON  (ou DOUSSIGNON), LEMERCIER, BENOIT, LAVACHE, BAZIRE, SAUVAGET

 

 

Détails :

 

UNITES

NOMS

FONCTIONS

INFORMATIONS

1er Bat d’Ouvriers MM

BOURDIGNAN

Lieutenant

Artillerie de Marine

 

Idem

DE TOURNEMINE

Lieutenant

Artillerie de Marine

Blessé sur la Piave le 8 mai 1809.

Idem

LE BUBOIS DE MARSILLY

Capitaine

Artillerie de Marine

CLH, attaché au 1er bataillon.

Idem

GANDON

Capitaine

Artillerie de Marine

 

44ème Equipage de Flottille

DEFEZ

Capitaine Adjudant Major

Artillerie de Marine

Fait fonction d’Adjudant Major au 44ème de Flottille.

Idem

SIMON

 Jean

Apprenti marin

Matricule 1315, né le 3 août 1789. Apprenti marin, tué par un boulet à Presbourg le 9 juin 1809.

Idem

PARMENTIER

 Jacques

Lieutenant de Vaisseau

Né à St Valéry s/Somme

Idem

LEFEBURE

(LEFEBVRE)

Lieutenant de Vaisseau

Blessé le 5 juillet 1809 au passage du Danube.

Idem

CHEYLAUD

Tambour-Major

Fait fonction de Maître Canonnier sur le bateau canonnier le Saint Hilaire.

Il s’était déjà distingué au Havre, après de BASTE, sur la canonnière n°151 le 14 thermidor an XII. Fonction de Maître Canonnier. Belle conduite.

Idem

2ème Cie

 

Matelot

3 matelots blessés, 1 tué.

Génie Maritime

LANGLOIS

Capitaine

 

 

HAMART

Capitaine

 

 

DANIEL

Capitaine

 

 

GUILLEMARD

Capitaine

 

 

MOREAU

Capitaine

 

 

GILBERT

Capitaine

 

Artillerie de Marine

ROBIE

(ou ROBIC)

Capitaine

Chargé de la confection des affûts de canons de la flottille.

 

 

. Mars 1809 : Strasbourg :

Conformément aux ordres du ministre e la Marine, le capitaine de vaisseau Pierre BASTE se rend dans cette ville pour y organiser son unité.

 

. Le 1er avril 1809 :

Plusieurs compagnies d’ouvriers quittent Anvers « la fleur au fusil » et rejoignent également Strasbourg où ils prennent possession de plusieurs caissons d’outils supplémentaires. Les ouvriers et marins quittent Strasbourg et marchent en direction d’Ulm, passent à Passau, Mayerbach, Efferdin et Litz d’où ils gagnent Vienne. Ils vont rejoindre les détachements du 2ème Bataillon de Pontonniers qui arrivent de Pavis et de Vérone en Italie. Le Chef de Bataillon CHAPUIS, qui commande le bataillon, profite de l’affaiblissement de ses unités pour demander le renfort de deux autres compagnies. Cette requête ne sera pas suivie d’effet.

 

. Le 8 avril 1809 : Paris. Correspondance de l’Empereur au Major Général.

« Mon Cousin, je reçois votre lettre du 6 avril, dans laquelle vous me rendez compte que 90  bateaux ont été frétés. Faites-moi connaître combien chacun de ces bateaux peut porter. Aussitôt qu’il y aura un officier de marine d’arrivé, il faudra l’envoyer parcourir le cours du Danube, d’Ulm à Passau, pour bien connaître cette navigation. Mon intention, est d’acheter beaucoup de bateaux de Ratisbonne à Passau. Ceux-là, je les achèterai à mon compte et je les ferai monter par les marins français. Il est important d’être maître de manœuvre sur les deux rives, afin de pouvoir faire, par réunion de ces bateaux, un ou deux ponts dans un moment. »

 

. Le 9 avril 1809 :

L’Autriche, mécontente et toujours hostile, voulant profiter des graves embarras que la guerre d’Espagne cause à la France, décide de lui déclarer la guerre et envahit aussitôt la Bavière.

 

. Le 9 avril 1809 : Déclaration de guerre de l’Autriche à la France :

 

. Le 11 avril 1809 : Combat de Sterzing (près d’Innsbrück)

Prise, par les autrichiens, d’une aigle et d’un drapeau du 3ème bataillon du 2ème de ligne.

 

. Le 12 avril 1809 : 

De son bureau des Tuileries, l’Empereur donne ses ordres de marche à l’armée du Rhin qui était redevenue La Grande Armée. Il alerte aussitôt ses alliés de la Confédération du Rhin et renforce son dispositif défensif en Italie sous les ordres du Vice-roi Eugène de BEAUHARNAIS. Il réorganise son armée du Rhin et informe de Tsar ALEXANDRE des risques d’un imminent conflit avec l’Autriche. Il évalue le début des hostilités vers le 15 avril.

Entre temps, les trois archiducs Autrichiens, commandant chacun une armée, lancent trois offensives dont les objectifs sont:

-         La Bavière, sous les ordres de l’archiduc CHARLES.

-         L’Italie, sous les ordres de l’archiduc JEAN.

-         La Pologne, sous les ordres de l’archiduc FERDINAND.

 

En préparation de la campagne qui s’annonce, l’Empereur, prévoyant, avait six mois plus tôt, ordonné au ministre de la Marine et des Colonies Denis, duc DECRES, de prélever dans les ports et arsenaux, les meilleurs éléments des compagnies d’Ouvriers Militaires de la Marine et de marins, pour former un bataillon dit de guerre, destiné à rejoindre et renforcer le Génie de l’armée en vue de la prochaine campagne d’Autriche.

 

. Le 12 avril 1809 : Paris.

. 19h00 : l’Empereur reçoit une dépêche de BERTHIER : « Ils ont passé l’Inn, c’est la guerre ! ». Il donne aussitôt des instructions à CLARKE, ministre de la guerre.

. 21h00 : Il dîne en compagnie de Joséphine, fait venir FOUCHE et dicte encore quelques instructions.

. 00H00 : Il se couche et se relève deux heures plus tard pour faire préparer les services de sa maison militaire.

. 4h20 : Il quitte Paris, par le faubourg Saint Honoré escorté d’un détachement de Dragons de la Garde.

 

. Le 14 avril : Bar-le-Duc :

Tôt le matin, l’empereur s’arrête un instant dans une grande propriété de Bar-Le-Duc, pour embrasser les deux petites filles d’OUDINOT qu’il affectionne, puis repart.

 

. Le 15 avril 1809 : Strasbourg :

L’Empereur arrive dans la matinée au Palais Impérial de Rohan et se met aussitôt au travail en dépouillant les dépêches et renseignements que lui remet le général BEAUMONT, gouverneur de la ville. Puis, il se remet en route, traverse le pont de Kehl et s’arrête un peu plus tard au château d’Ettlingen pour saluer Stéphanie de BEAUHARNAIS, grande duchesse de Bade. Il dicte encore quelques dépêches à BERTHIER, et repart en renonçant aux fêtes préparées en son honneur par Frédéric, le roi du Wurtemberg.

 

. Le 16 avril 1809 : Landshut.

Dans l’après midi, l’Empereur reçoit un courrier de BERTHIER, daté du matin même d’Augsbourg : « Sire, l’ennemi se montre en force sur les points de l’Isar qu’il a passé … ». Le cortège repart sous une pluie diluvienne et un fort vent. Ces intempéries dureront toute la nuit.

Un détachement autrichien d’un millier d’hommes sous les ordres du général Radetzky se heurte aux troupes bavaroises du général DEROY. Ces derniers sont battus, laissant 13 tués, 100 blessés, 52 disparus et 3 hommes prisonniers, alors que les autrichiens ont 17 tués, 78 blessés et 1 disparu.

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

5ème Bataillon royal d’infanterie légère Bavarois

(4ème Bat de Chasseurs)

 

 

1ère brigade Von Vincenti, division Deroy

 

Von KRAFT

Kaspar

Capitaine

Cie du Major

Tué. Le 16 avril au pont de Landshut.

 

BUCHNER

Adam

Caporal-chef

Cie du Lieutenant-colonel

Tué le 16.

 

SCHEFFERER

Capitaine

Tué le 16

 

SCHWARZENBILDER

Georg

Caporal

 Cie du Capitaine Schefferer

Tué le 16.

 

JÄGER

André

Soldat

Idem, tué le 16

 

PÜSSER

André

Soldat

Idem, tué le 16.

 

EGERER

Georg

Soldat

Idem, tué le 16.

 

DIRSCH

Johann

Soldat

Idem, tué le 16.

 

MÜLLER

Johann

Soldat

Idem, tué le 16.

 

VON BUCHHOLTZ

Franz

1er Lieutenant

Grièvement blessé à Ländbrücke le 16.

 

. Le 17 avril 1809 : Donauwerth :

. 6h00 : L’Empereur arrive à l’improviste à son Quartier général. Personne ne l’attend si tôt, d’ailleurs BERTHIER n’est pas là, mais sur son bureau l’Empereur trouve des informations lui indiquant la situation des troupes au 15 avril dernier, ainsi que des rapports divers sur les dernières 24 heures. Tôt dans la matinée, après avoir envoyé quelques dépêches, il expédie son espion SCHULMEISTER à la recherche de renseignements sur les autrichiens dans la région de Landshut.

. 10h00 : Une estafette de DAVOUT apporte des informations.

. 19h00 : Des instructions sont envoyées à MASSENA.

 

. Le 18 avril 1809 : Ingolstadt :

. 4h00 : L’Empereur se lève et complète ses instructions de la veille. Il écrit aussi à Eugène de BEAUHARNAIS. Il reçoit son ami LANNES qui arrive d’Espagne et décide de partir sur la route de Ratisbonne. En arrivant à Ingolstadt, il va reconnaître les environs puis revient s’installer au château royal (Altes Schloss).

Pendant ce temps l’archiduc Charles, venant de l’est, s’installe à Rohr, à 12 km d’Abensberg.

 

. Le 19 avril 1809 : Vobourg ou Vohburg.

L’Empereur porte son Quartier général au château de Vohburg à 18 km d’Ingolstadt.

 

. Le 19 avril 1809 : Combat de Thann ou Tengen ou Teugen: 16 heures.

Le maréchal DAVOUT, commandant le 3ème Corps (Divisions Saint-Hilaire et Friant), rejoint le général FRIANT et se met en marche sur Abensberg. Il laisse le 65ème de ligne (colonel COUTARD) en garnison à Ratisbonne avec instruction de : « Résister quoiqu’il arrive à toutes les attaques dirigées contre la ville et faire au besoin de la forteresse un dernier refuge ! », puis  fait former  trois colonnes, comptant 22 000 hommes et 50 canons, qui marcheront sur la rive droite du fleuve. Le général MONTBRUN rencontre l’avant garde autrichienne à  Schnaichart. DAVOUT accourt et déploie ses troupes face aux 28 000 hommes et 50 canons autrichiens.  Après de forts combats, l’ennemi se replie vers 16 heures, puis tentent encore une contre attaque qui échoue de nouveau.

 

Les autrichiens se mettent en retraite vers 18 heures, laissant 534 tués, 2 460 blessés et 685 disparus sur le terrain. 166 autrichiens seront pris à l’issu des combats.

. Trophées : 8 drapeaux pris.

Fait d’arme : Le Voltigeur du 108ème de ligne BOURDON (Né à Lyon) fait prisonnier 1 officier et plusieurs soldats autrichiens, dont il ramène l’épée à son colonel.

 

Quelques pertes française dont :

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

17ème Léger

 

 

 

4ème Bataillon.

1 officier blessé.

 

PRIN

Sous Lieutenant

Blessé le 19 avril.

13ème Léger

 

 

 

3 bataillons,

Colonel GUYARDET.

1 officier blessé.

 

GARRAUD

Lieutenant

Blessé le 19 avril.

7ème Léger

 

 

 

3 bataillons

Colonel LAMAIRE

2 officiers tués

10 officiers blessés

 

LEMAIRE

Colonel

Blessé le 19 avril.

 

SAURY

Chef de Bataillon

Blessé le 19 avril.

72ème de Ligne

 

 

1 officier tué le 19.

1 officier mortellement blessé (mort le 10 mai).

10 officiers blessés.

105ème de ligne

DE BLANMONT

Marie Pierre Isidore

Baron 1809

Colonel

1 officier tué.

1 officier blessé (mort le 25 juin)

6 officiers blessés.

108ème de Ligne

BOURDON

Voltigeur

Né à Lyon.

 

. 23h00 : LANNES se présente à l’Empereur avec lequel il discute un moment.

 

. Le 19 avril : Combat de Landshut :

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

13ème Léger

GUYARDET

Colonel

1 officier blessé.

 

BRICE

Chef de Bataillon

Blessé le 21 avril aux avant-postes.

 

. Le 19 avril 1809 : 1ère attaque sur Ratisbonne :

Les troupes autrichiennes du général KOLLOWRATH, soit 5 600 hommes, attaque la ville de Ratisbonne, tenue par 2 300 hommes de deux bataillons du 65ème de ligne. Ce régiment appartient à la 3ème division LAGRANGE, du corps de réserve de JUNOT. Les fantassins du colonel DE COUTARD résistent malgré la perte de 11 officiers et 200 hommes tués ou blessés.

. Trophées : 1 drapeau autrichien pris.

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

65ème de ligne

2 Bataillons

 DE COUTARD

Colonel

2 officiers tués.

9 officiers blessés.

800 hommes tués, blessés et disparus.

 

CHAUMART (1)

Capitaine

De voltigeurs

Blessé mortellement le 19 avril, une jambe brisée par un boulet.

 

CHAUMART (2)

Sergent

Frère du précédant, tué.

 

DEMESTRE

Sous lieutenant

Tué le 19 avril.

 

FOLLY

Louis Antoine Joseph

Sergent Major

Voltigeur

Dit «  le jeune », blessé, a son shako coupé en deux.

?

ARDOUIN

Caporal

Se trouvant de garde à la porte de Stadhamhoff, il entre dans une maison et fait prisonnier 16 hongrois.

 

. Le 20 avril : Quartier général :

. 5h00 : L’Empereur se lève et convoque BERTHIER pour faire le point de la situation.

. 7h00 : Après avoir été retardé par un épais brouillard, il monte à cheval escorté d’un détachement de chevau-légers bavarois et de chasseurs Wurtembergeois.

. 9h00 : Il traverse Neustadt et entre dans Abensberg. Il fait une courte halte, au premier étage d’une petite maison, pour consulter ses cartes, puis rejoint un bois dans lequel se trouve la division du prince royal de Bavière, puis il fait installer son PC sur une hauteur, où il harangue plusieurs unités bavaroises et wurtembergeoises présentes.

 

. Le 20 avril 1809 : 2ème attaque sur Ratisbonne.

Les autrichiens renouvellent leur assaut et après d’âpres combats, reprennent la ville. La garnison, ses munitions épuisées et la moitié de son effectif hors de combat, capitule. Les autrichiens comptent 73 tués, 220 blessés et 85 disparus. Ils libèrent également 75 des leurs, prisonniers des français.

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

65ème de ligne

COUTARD

Colonel

1 988 hommes dont 55 officiers sont prisonniers.

 

. Le 20 avril 1809 : Combat de Neumark :

 

. Le 20 avril 1809 : Bataille d’Abensberg :

. 8h00 : L’Empereur de retour à Vobourg, apprend que les 80 000 hommes du corps de l’archiduc LOUIS s’avancent pour lui livrer bataille aux environs d’Abensberg. Prenant les 50 000 hommes du 7ème Corps de LEFEBVRE et du 2ème Corps de LANNES, il ordonne l’attaque des troupes de l’archiduc LOUIS et du général HILLER et les contraint à se replier sur une ligne allant de Ratisbonne à Eckilomètresühl, non loin de Landshut. Les pertes autrichiennes sont de 6 à 7 000 hommes, 12 canons sont également pris.

. Trophées : 8 drapeaux pris.

. 2h00 à 4h00 : L’Empereur se rend à Rohr (12 km au S-E d’Abensberg). Il s’assoupit un moment sur une chaise devant une vieille brasserie, puis se penche sur ses cartes et dicte de nouveaux ordres à DAVOUT.

. 5h00 : Il remonte à cheval accompagné de sa suite et se dirige vers Landshut.

Les pertes françaises sont évaluées à 1 117 hommes tués, blessés ou disparus (dont la moitié de Bavarois et Wurtembergeois) dont :

 

. Le 21 avril 1809 : Combat de Paring ou Baring.

Une fosse commune sera creusée à l’issue des combats.

 

. Le 21 avril 1809 : Combat de Landshut :

Dans la nuit du 20 au 21, les troupes autrichiennes affluent sur Landshut, poursuivies par les français. L’Empereur, croyant l’archiduc LOUIS dans cette ville, la fait, sans tarder, attaquer par le 2ème Corps de LANNES ( 6 000 hommes et 18 canons). La confusion est grande dans les rangs autrichiens dont les cavaliers et fantassins se pressent vers les ponts. L’Empereur fait charger la cavalerie ennemie qui protège le passage des ponts. Sous la pression, elle est contrainte de se replier à leur tour. L’infanterie se reforme sur l’autre rive et s’oppose à l’avance française. Des grenadiers du 18ème  régiment (d’Aspre) sont chargés de défendre les hauteurs de la ville.

. 12h30 : Le pont de bois sur l’Isar, face à l’église, en partie incendié pour ralentir l’avance française, est enlevé par des grenadiers du 3ème bataillon du 17ème de ligne, sous le commandement du général MOUTON (Aide de camp de l’Empereur) et le 13ème léger, qui repoussent les fantassins autrichiens des 39ème et 60ème régiments d’infanterie (Duka et Giulay). Le maréchal MASSENA arrive avec plusieurs divisions, mais ne peut empêcher la retraite des autrichiens qui évacuent la ville en direction de Vienne, en abandonnant 610 caissons de munitions encore attelés, 213 voitures et chariots de bagages, 3 équipages de ponts, ses hôpitaux et magasins. Durant l’action Napoléon, installé sur une hauteur de la rive gauche, dira du général MOUTON « Ce mouton est un lion ! ». Il le fera plus tard comte de Lobau.

Les pertes autrichiennes se montent à près de 1543 tués ou blessés, 6 227 prisonniers, 14 canons et tout le charrois, indiqué plus haut.

. Trophée : 3 drapeaux.

Celles des français sont évaluées à plus de 774 hommes dont :

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

Etat Major du Génie

BLEIN

Colonel

Blessé. (1)

Brigade de cavalerie Bavaroise

1ère Division

VON ZANDT

Johann Friedrich

Baron

Général-major

Tué le 21 avril devant le pont de Landshut.

6ème Chevau-Légers Bavarois

MUFFEL

Colonel

Blessé durant l’affaire de Schierling le 21 avril.

13ème Régt d’Inf Légère

BARRAS

Capitaine

(Cie de Voltigeurs)

 

Idem

BELARD

Sous Lieutenant

(1ère Cie de fusilier)

Tué le 21 avril.

Idem

BONNEVAL

Lieutenant

Blessé le 21 avril.

Idem

BRICE

Chef de Bataillon

Blessé aux avant-postes de Landshut.

1er Régt de Chevau-Légers Bavarois

BOY

Chef d’Escadron

Tué le 21 avril.

 

. Le 21 avril 1809 : 1er combat d’Eckilomètresüht ou Eckmühl : .

L’Empereur, qui ne s’est pas couché depuis trois jours, n’a dormi que 5 ou 6 heures ailleurs que sur son lit. Il travaille encore cette nuit au château de Landshut où il a installé son P.C.. Il reçoit le général PIRE à minuit qui lui apporte une dépêche de DAVOUT écrite à 19h00.

Eckmühl se trouve à 36 km au nord de Landshut. Le maréchal DAVOUT, sur l’aile gauche, est soutenu par deux divisions de LEFEBVRE qui se dirigent vers Landgquaid. Les avant-postes autrichiens sont bousculés. Le général ROSENBERG se replie sur les villages d’Ober Leuchling et d’Unter Leuchling qu’il fait occuper. Le général HOHENZOLLERN est en position sur la route de Ratisbonne.

. 23h00 environ :  LEFEBVRE s’empare de Schierling et les deux camps bivouaquent sur place.

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

14ème Régt de Chasseurs à cheval

SACHS

Colonel

Tué le 21 avril.

Idem

FOISSAC-LATOUR

Antoine

(1782-1855)

Chef d’escadron

Né le 3 février 1782. CLH. Blessé le 21 avril.

25ème de Ligne

CHAUSSIGNAND

Jacques

Soldat

 

 

. Le 22 avril 1809 : Château de Landshut, P.C. de l’Empereur :

.  2h00 à 5h00 : L’Empereur dicte ses ordres pour aller à la rencontre de l’ennemi à Eckmühl.

 . 4h15 : Il envoie son aide de camp LEBRUN à DAVOUT avec des instructions, lui précisant qu’il sera aux environs d’Ergoldbach vers midi. Il dicte des ordres à l’intendance pour l’approvisionnement en vivres et en munitions des troupes, puis s’accorde une heure de repos à Rohr, assis sur une chaise, comme à son habitude. Il se réveille, ouvre la fenêtre pour écouter si les canons de DAVOUT tonnent. N’entendant aucun bruit, il consulte ses cartes, expédie quelques dépêches et monte à cheval escorté par des chasseurs à cheval de JACQUINOT (1er ou 2ème régiment).

 

. Les 22 avril 1809 : Bataille d’ECKMÜHL : 2ème combat d’Eckilomètresühl.

DAVOUT a couché à Pärine. Il s’assure que les munitions sont bien arrivées et prend connaissance des instructions envoyées par l’Empereur.

. 13h50 : Comme convenu, il ordonne à son artillerie de tirer dix coups de canons, ouvrant ainsi le « bal ». Les forces françaises, sous les ordres de l’Empereur, sont d’environ  53 000 hommes et 96 canons, répartis en 5 corps. L’archiduc CHARLES, qui compte 54 000 hommes et 120 canons, s’est concentré à Eckilomètresüht et lutte tout d’abord contre les troupes de DAVOUT. L’Empereur observe les combats du clocher de Lindach, comprend le plan ennemi, et met en mouvement toutes ses forces. L’archiduc et le général BELLEGARDE sont pris entre deux feux. Après différents combats simultanés en plusieurs lieux, les autrichiens sont repoussés. Eckilomètresühl est prise, la cavalerie française forte de 40 escadrons de cuirassiers et carabiniers, soutenue par 18 escadrons bavarois et 16 autres wurtembergeois, traverse la ville comme un torrent et poursuit celle de l’archiduc CHARLES qui est enfin culbutée. Il parvient à regrouper les restes de sa cavalerie et la joint à celle de la réserve (soit 15 000 hommes) sur la chaussée de Ratisbonne. Afin de protéger sa retraite, il la lance contre les français. 

. 19h00 : Environ, la mêlée est sanglante et les escadrons autrichiens sont contraints à la retraite sur Köfering. Les cavaliers de NANSOUTY et SAINT SULPICE (Cuirassiers et carabiniers) les poursuivent sans relâche, mais la nuit tombant, les français suspendent la poursuite. Les autrichiens sont ramenés sur Ratisbonne. L’Empereur a observé une partie des combats du clocher de Lindach. Lorsque DUROC revient auprès de l’Empereur, ce dernier lui dit : «  Nous leur avons passé sur le corps ! ». Un peu plus tard, il donnera le titre de Prince d’Eckilomètrsühl (ou Eckmühl) au maréchal DAVOUT pour l’honorer de cette victoire.

. Trophées : 15 drapeaux autrichiens pris.

L’ensemble des pertes françaises est évaluée à 2 421 tués, blessés et disparus, dont :

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

Etat Major

CERVONI

Général

Chef d’état-major du 2ème corps.

Chevau-Légers Hessois

DE MÜNGHIGEN

Major

Blessé le 22 avril.

2ème Régt Chevau-Légers Bavarois

 

 

2 officiers tués le 22 avril.

2 officiers blessés le 22 avril.

 

LUGNET

Chef d’Escadron

Tué.

 

MOLL

Lieutenant

Tué.

 

SCHIFFMANN

Chef d’Escadron

Blessé.

 

MOLTER

Lieutenant

Blessé.

6ème Régt Chevau-Légers Bavarois

 

 

3 officiers tué le 22.

4 officiers blessés le 22.

 

MERK

Lieutenant

Tué le 22.

 

PLATTNER

Lieutenant

Tué le 22.

 

LURZ

Lieutenant

Tué le 22.

 

DE RASSLER

Major

Blessé le 22.

Artillerie Bavaroise

KATZENBERGER

Lieutenant

Blessé mortellement le 20 avril devant Neumarkt,

72ème de ligne

 

 

1 officier tué.

1officier blessé (Mort le 1er mai).

9 officiers blessés.

 

Les autrichiens comptent 4 149 tués, blessés et disparus, plus 1 300 hommes du corps des grenadiers de la réserve. 1 193 hommes sont prisonniers et 39 canons sont pris.

 

L’Empereur se rend au château d’Alteglofsheim (Egglofsheim) à 12 km d’Eckmühl, pour y souper avec son état major, puis regagne une chambre au premier étage (quittée le matin même par l’archiduc charles). Il interroge BERTHIER et dicte des ordres à son secrétaire LEMARROIS pour MASSENA, BESSIERES, DAVOUT, LEFEBVRE, et à  LANNES pour la prise de Ratisbonne.

 

. Le 23 avril 1809 : Reprise de Ratisbonne :

Au petit matin, l’Empereur reçoit BERTHIER qui l’informe de la situation et des renseignements pris auprès de déserteurs autrichiens. Plus tard, au levé du jour, il observe de loin une colonne d’infanterie et de bagages qui cherche à passer rapidement le fleuve sur un pont de bateaux. Il fait signe à GUDIN et MORAN de les bousculer un peu. L’artillerie tonne et le pont est détruit. L’archiduc CHARLES se décide à passer le Danube à Ratisbonne afin de se réfugier en Bohème, et ordonne à sa cavalerie d’attaquer celle des français pour protéger la retraite. Le général KOLLOWRATH, à l’arrière garde, est chargé de tenir Burgweinling ainsi que la place de Ratisbonne avec 26 000 hommes, dont la réserve de grenadiers, la cavalerie et 54 canons. Les autres corps traversent sur le pont de pierre alors que celui de LIECHTENSTEIN franchit le fleuve sur un pont de bateaux. L’Empereur se présente en compagnie des divisions FRIANT, GUDIN, MORAND, SAINT-HILAIRE, soit 37 000 hommes et 36 canons. Les autrichiens font sauter les ponts de chaque porte, au dessus de profond fossés.

. 12h00 environ : Les troupes françaises se massent entre les portes de Straubing et de l’Abbach. L’artillerie de LANNES détruit le pont de bateaux, puis se joint à celle de DAVOUT, qui a fait venir 8 pièces du parc par BERTRAND, afin d’abattre une partie des murailles.

 

 

 

 

 

. 17h00 : Les grenadiers du 25ème régiment (Capitaine BEAULIEU) escaladent, à l’aide de 4 échelles, les brèches faites par l’artillerie, sous la conduite de LANNES, et investissent en masse la ville. Le lieutenant de Grenadiers Joseph ARNAUD (CLH) monte le premier et reçoit 2 coups de feu.
. 18h30 : Les portes, dont celle de Straubing, sont ouvertes par les hommes du colonel De COUTARD (65ème de ligne) qui viennent d’être délivrés, et de nombreux combats s’effectuent dans les rues dont près de 150 maisons et plusieurs églises sont la proie des flammes. Les français se précipitent vers le grand pont sur le Danube, mais il est détruit ainsi que les ponts de bateaux à proximité. Durant l’action, l’Empereur, s’approchant, sur une hauteur, de la deuxième batterie, est légèrement blessé, au dessous de la cheville du pied droit, par une balle perdue. Il descend de cheval et s’assoit sur une grosse pierre. Aussitôt pansé par son chirurgien YVAN, et lui dit : « Ce ne peut-être qu’un Tyrolien,. Ces gens sont très adroits ! », puis il remonte à cheval pour rassurer la troupe. Dans la soirée vêtu d’un grand manteau noir, il va incognito, observer la réparation du grand pont. Puis, s’en retourne prendre ses quartiers à l’abbaye de Prüll.
Les autrichiens ont perdu près de 2 000 hommes tués, noyés ou blessés et laissent plusieurs milliers de prisonniers, 16 canons et 41 voitures.
. Trophées : 7 drapeaux autrichiens pris.
Les pertes françaises sont évaluées à 678 tués, blessés et disparus, dont :

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

Etat Major du Génie

BLEIN

Colonel

Blessé (2) étant près de l’Empereur.

25ème de ligne

 

 

9 Officiers blessés.

,,

ARNAUD

Joseph

Lieutenant de grenadiers

Né à Saint Laurent Rochefort (Loire) Blessé deux fois. CLH.

 

DARIEU

Lieutenant

Commandait une section d’éclaireur.

 

MAZARE

Sous Lieutenant

 

 

DUBOIS

Sergent-Major

 

 

GODARD

Sergent

 

44ème de ligne

 

 

 

,,

TIXIER

Chirurgien

 

13ème Léger

 

 

2 Officiers tués.

2 Officiers blessés.

,,

AUBRON

Capitaine

Blessé le 23 avril, mort de ses blessures le 8 mai.

,,

TONDEUR

Lieutenant

Tué le 23 avril.

,,

MAUDUIT

Sous Lieutenant

Blessé le 23 avril.

,,

BAYEUX

Lieutenant

Blessé le 23 avril.

7ème Léger

 

 

1 Officier Tué

2 officiers blessés

,,

DANDALLE

Capitaine

Blessé le 23 avril.

,,

LARCHER

Sous Lieutenant

Tué le 23 avril.

 

. Le 23 avril 1809 : Neumarkt - St Viet :

Le général autrichien HILLER, se sentant mollement poursuivi par les français, et ignorant l’issue des combats sur Ratisbonne, décide de reprendre l’offensive. Le gros de sa troupe se trouve entre Neu-Oetting et Mühldorf et se dirige en soirée sur Erharting, la brigade MESKO en avant garde. En cours de route cette brigade se heurte à la cavalerie de MARULAZ, qui la rejette sur la division bavaroise de WEDRE, qui compte 10 000 hommes et 18 canons.

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

21ème de Ligne

 

 

4 officiers tués

3 officiers blessés

 

. Le 24 avril 1809 : Neumarkt - St Viet:

 Au matin, 3 colonnes autrichiennes (40 bataillons et 20 escadrons) débouchent de l’Inn et attaquent De WEDRE qui se trouve en position sur la rive droite de la rivière la Rott, prés de Neumarkt. Un régiment de Chasseurs à cheval français se bat en pleine rue contre le 39ème  Régiment Autrichien (Duka), Menacé d’être tourné sur ses deux ailes, le général bavarois se replie en combattant jusqu’à Vilsbiburg, soutenu par un régiment du général MOLITOR. Les pertes autrichiennes sont de 800 tués, blessés ou disparus,

. Trophée : 1 drapeau autrichien pris.

Les pertes française et alliées sont de 42 officiers et 1 650 hommes tués, blessés et 910 disparus ou prisonniers dont :

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

3ème Régt d’Infanterie

Bavaroise

BERCHEM

Comte

Colonel

6 officiers tués le 24.

4 officiers blessés le 24.

6ème Régt d’Infanterie

Bavaroise

 

 

6 officiers blessés le 24

7ème Régt d’Infanterie

Bavaroise

DE TAXIS

Comte

Colonel

14 officiers blessés le 24.

13ème Régt d’Infanterie

Bavaroise

DALWIG

Colonel

1 officier tué le 24.

5 officiers blessés le 24.

6ème Bataillon d’infanterie légère

 

 

1 officier tué le 24.

2 officiers blessés le 24.

4ème Régt Chevau-Légers Bavarois

De BIERBER

Lieutenant

Tué le 24.

 

Fait d’arme :

UNITE

NOM

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INFORMATIONS

Infanterie Autrichienne

KOSABECK

Caporal

Il défend et sauve le drapeau de son régiment en traversant le Danube à la nage.

 

. Le 24 avril 1809 :

L’Empereur, dont le P.C. de trouve toujours dans l’abbaye de Prüll, donne plusieurs ordres, dont un, au maréchal LANNES, de se porter sur Landshut avec le corps d’OUDINOT. Puis il établit son QG dans la demeure du prince primat Charles de Dalberg, ancien archevêque de Mayence.

 

. Le 26 avril 1809 : Petite affaire de Mühldorf :

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

Ingénieur du Génie

Bavarois

HAZZI

Lieutenant

Blessé le 26 avril.

 

. Le 27 avril 1809 : Prise de Passau :

Le lieutenant CLERE, à la tête de 50 carabiniers du 17ème léger, franchit le pont de Passau, dont une partie est démolie. 400 Autrichiens embusqués dans les maisons font un feu très vif contre les français. Les carabiniers enfoncent la porte de la ville, débusquent les troupes ennemies, les mettent en fuite et font 132 prisonniers.

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

17ème léger

CLERE

Lieutenant

(Carabinier)

CLH, Prend le pont de Passau et entre le premier dans la ville.

 

. 18H00 : Mühldorf :

L’Empereur arrive à Mühldorf où il établit son QG.

 

. Le ? avril 1809 : Augburg :

Le 44ème arrive dans cette ville. Un officier de marine est envoyé reconnaître le court du fleuve pour recenser toutes les embarcations des localités riveraines. Son objectif est de trouver suffisamment de bateaux pour faciliter le transport des approvisionnements et munitions par voie fluviale et en réunir d’autres pour former des ponts.

 

. Le 28 avril 1809 : Burghausen :

L’Empereur arrive dans cette ville et établit son QG dans le tribunal cantonal. Il y séjourne jusqu’au lendemain 29.

 

. Le 29 avril 1809 : Burghausen :

L’Empereur quitte cette ville et se dirige vers Braunau Am Inn.

 

. Le 30 avril 1809 :

La division de cavalerie légère du général MARULAZ passent Linn à Braunau et marchent sur Ried et Riedau. L’Empereur établit son QG à 2 km de Braunau, dans le château de Ranshofen

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

1ère BRIGADE

Cavalerie Légère

CHARPENTIER

Général de Brigade

 

3ème Chasseurs à Cheval

SAINT MARS

Colonel

2 escadrons

14ème chasseurs à Cheval

LEMOYNE

Colonel

3 escadrons

1er Dragons Légers de Bade

VON FREYSTÄDT

Colonel

4 escadrons

2ème BRIGADE

Cavalerie Légère

CASTEX

Général de Brigade

 

19ème Chasseurs à Cheval

LEDUC

Colonel

3 escadrons

23ème Chasseurs à Cheval

IMBERT-LABOISSIERE

Colonel

3 escadrons

Chevau-Légers Hessois de la Garde « Leib »

VON MÜNCHINGEN

Major

3 escadrons

1er Chevau-Légers Bavarois du Prince Royal

« Kronprinz »

 

 

4 escadrons

ARTILLERIE

 

 

12 pièces

1 batterie

Artillerie légère Bavaroise

CASPERS

 

4 canons de 6

2 obusiers de 5,7.

1 batterie

Artillerie légère Bavaroise

VAN DOUWE

 

4 canons de 6

2 obusiers de 5,7.

 

. Le 1er mai 1809 : Braunau am Inn :

L’Empereur arrive dans cette ville et s’installe au premier étage d’une maison appartenant à M. Joseph SCHÜDE, où il avait déjà logé en 1805.

. Correspondance de l’Empereur au Major Général :

«  A la position de Passau est aussi attaché la navigation du Danube. Le bataillon de marins qui est à la hauteur d’Augsburg se dirigera sur Passau ; vous ordonnerez au général du génie, sous les ordres de qui il sera, de faire faire, en s’entendant avec les ingénieurs de la marine et le capitaine BASTE, six barques bastinguées et armées pour être maîtres d Danube. On achètera pour mon compte des barques pour le double objet de transporter des troupes et de construire des ponts sur le Danube et sur l’Inn. On aura soin  d’enrôler des pilotes, que l’on conservera en les payant bien. »

 

. Le 2 mai 1809 : Lambach :

L’Empereur arrive et séjourne à l’abbaye.

 

. Le 2 mai 1809 : Combat de Neumarkt :

Il s’engage un combat près de la petite ville de Neumarkt. L’avant garde de cavalerie Hessoise s’est égarée et a été attaquée par des uhlans autrichiens et chasseurs tyroliens. Quelques pertes sont à déplorer dont :

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

Chevau-Légers Hessois

De la Garde « Leib »

DE DALWIGK

Chef d’escadron

Tué au cours du combat.

 

. Les 2 & 3 mai 1809 : Bataille d’Ebersberg ou Ebelsberg :

Le village d’Ebersberg est situé dans le faubourg sud de Linz, dont le pont, qui enjambe la rivière Traun, est sans parapet et mesure 284 mètres de long pour 13 de large. Un château fortifié domine la bourgade. Les entrées sont fermées par des portes fortifiées défendues par plus de 35 à 40 000  hommes de troupes du général HILLER (6ème Corps), dont les Volontaires Viennois, de la Landwehr et des garnisons de dépôts et 400 cavalier.

11H30 : Arrivée de MASSENA et début des combats. Après de durs engagements et la prise du château par le 26ème léger (vers 14H00), la ville est en feu. Les autrichiens se replient vers Asten et Enns. Prés de 10 000 autrichiens sont mis en fuite par 7 000 hommes, dont la cavalerie légère de MARULAZ, sous les ordres du maréchal MASSENA (4ème Corps).

15H00 : l’Empereur vient d’apprendre que l’on se bat à Abelsberg et décide de s’y rendre. Les combats ont été terribles, les autrichiens ont 1 887 tués ou blessés, 515 disparus et laissent aux français 2 718 prisonniers, 2 drapeaux et 4 canons.

Après les combats, l’Empereur passe les troupes en revue dont le bataillon des Tirailleurs Corses qui a beaucoup souffert, et leur dit quelques mots, il passe devant les restes du 26ème léger ; met pied à terre et appelle à lui le colonel et les chefs de bataillon. Il demande alors le nom du sapeur qui a donné le premier coup de hache dans la porte du château. Il s’agit du caporal sapeur Hattin qu’il décore devant le front des troupes, puis se retire dans la maison Baumgartner qui sert de quartier général. Il y reçoit une députation de notables de la ville.

. Trophées : 2 drapeaux autrichiens pris.

Les pertes françaises s’élèvent à 2 420 tués ou blessés et 687 hommes sont faits prisonniers dont :

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

26ème léger

FRANCOIS

Antoine Christophe

Capitaine

(4ème compagnie)

CLH. Prend le château d’Ebersberg.

17ème léger

CLERE

Lieutenant

(carabinier)

Suite à ses actions d’éclats est promu capitaine.

8ème Demi-brigade provisoire

CARDENAU

Colonel

 

5ème Demi-brigade provisoire

CLOUARD

Colonel

 

Etat Major du Génie

REREY

Capitaine

Blessé.

2ème Bataillon du Génie

GARRACHE

Lieutenant

Tué.

Idem

PARNAJON

Capitaine

Blessé.

Artillerie de Marine

Attaché au 1er Bataillon d’Ouvriers et Marins

DE TOURNEMINE 

Lieutenant

Blessé sur la Piave le 8 mai.

Bataillon des Tirailleurs Corses

 

 

1 Officier tué.

1 officier blessé gravement (mort le 6 mai)

8 Officiers blessés.

 

MORANDINI

Chef de Bataillon

Blessé le 3 mai.

 

. Le 4 mai 18096 : Enns :

L’Empereur s’arrête dans cette ville pour dîner dans une grande maison. Il se rend dans le beffroi, haut d’une cinquantaine de mètres, pour y observer les troupes qui se dirigent vers Amstetten. Il établit son QG au château Ennsegg, appartenant au prince d’Auersperg. Il y restera jusqu’au 7 mai.

 

. Le 4 mai 1809 : Affaire de Sagram (Tyrol)

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

5ème Régt d’Inf Bavaroise

 

 

 

 

. Le 5 mai 1809 : Affaire à Abtenau (Tyrol) :

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

4ème Régt Inf Bavaroise

WAIDMANN

Capitaine

Blessé le 5 mai.

 

. Le 6 mai 1809 : Combat d’Amstetten :

Le Lieutenant LAURISTON, commandant un détachement du 20ème Chasseurs à cheval, fait prisonnier une officier de uhlans. Puis se portant vers le village d’Amstetten, il se heurte à des cavaliers autrichiens qu’il défait et fait 500 prisonniers.

 

. Le 7 mai 1809 : Melk :

L’Empereur quitte Enns et se rend à Melk sur la rive droite du Danube. Il s’installe, tout comme en 1805, à l’abbaye, dans les grands appartements de cérémonie. De la terrasse, il peut observer le Danube. Il rédige ses ordres d’un petit jardinet. Il y recevra l’Aide de camp Marbot qui ira capturer des sentinelles autrichiennes sur l’autre rives.

 

. Le 8 mai 1809 : Sankt Pölten :

Cette ville se situe entre linz et Vienne. L’Empereur installe son QG dans l’abbaye jusqu’au lendemain.

 

. Le 10 mai 1809 : Siège de Vienne :

L’Empereur paraît devant Vienne qui est défendue par l’archiduc MAXIMILIEN. Les faubourgs sont vite enlevés par les français. Il va séjourner au château de Schönbrunn.

 

. Le 11 mai 1809 : Col de Pass Strub (Tyrol) :

Le général de WREDE (Bavarois) attaque le col défendu par des autrichiens et tyroliens, qu’il défait après un vigoureux combat. Il poursuit sa route vers Sankt Johann.

 

. Le 11 mai 1809 : Affaire du défilé de Lofer, Tyrol (3 km au sud de Salzbourg) :

Une partie de la 2ème brigade bavaroise du général de WREDE (5 000 hommes et 6 canons) est prise à partie par des Tyroliens d’environ 600 hommes. Le combat fait 70 tués et blessés chez les tyroliens et 22 tués et 44 blessés chez les bavarois dont :

 

UNITE

NOM

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INFORMATIONS

Artillerie Bavaroise

GUTTI

Lieutenant

Blessé le 11 mai à l’affaire du défilé de Lofer (Tyrol)

Idem

COMMENDER

Lieutenant

Blessé le 11 mai.

Ingénieur du Génie

Bavarois

HAZZI

Lieutenant

Blessé le 11 mai.

3ème Régt Inf Bavaroise

BERCHEM

Colonel

Blessé.

 

DE SARNY

Lieutenant Colonel

Blessé.

 

ZIBINI

Lieutenant

Blessé.

 

WOLFF H.

Lieutenant

Blessé.

Etat-Major

MERIAGE

Adjudant Commandant

Placé sous les ordres du Gl Andreossy, Cdt la place de Vienne.

 

. Le 11 mai 1809 : Bombardement de Vienne :

Après plusieurs sommations sans effet, l’empereur décide d’intimider l’archiduc MAXIMILIEN, qui commande les forces autrichiennes dans Vienne, et fait bombarder, durant 2 jours, plusieurs quartiers de la ville, qui recevront plus de 1 800 projectiles.

 

. Le 12 mai 1809 : Evacuation de Vienne par les autrichiens :

Un pont est jeté en aval de la ville, MASSENA franchit le Danube et fait occuper le Prater ainsi que le faubourg de Léopolstadt. L’archiduc MAXIMILIEN évacue la ville et fait incendier les ponts du Tabor et de Spitz. Il laisse 2 000 hommes qui seront fait prisonniers et plus de 1 600 canons ainsi qu’un matériel considérable. Les français investissent la ville.

 

. Le 12 mai 1809 :

 Les ouvriers de la marine et marins du 44ème  sont désormais sous les ordres du général comte BERTRAND, commandant en chef le Génie de la Grande Armée. Une flottille est constituée par le Colonel BASTE avec des embarcations prises le long du fleuve et transformées en bateaux canonniers par les ouvriers du génie maritime.

 

Bateaux Canonniers

Officiers

Nombre d’hommes

Armement

N°1 Le Marengo

E.V. DUPLOUY

30

3 pièces de 3*

N°2 Le Lodi

L.V. LEFEBURE

L.V. DUMONT

25

1 pièce de 4 pouces

N°3 Le Iéna

L.V. RIGOULT

30

1 pièce de 6

(Française)

N°4 Le Montebello

L.V. CHATELLAIN

30 (50)

4 pièces de 8 pouces

N°5 Le Saint Hilaire

L.V. PARMENTIER

EV BRUNETEAU

TM CHEYLAUD

Sgt  OMM FAUCHET

Cap OMM BETOURNE

40

3 pièces de 6

(Autrichiennes)

1 obusier de 6 pouces

N°6 L’Eckmühl

L.V. GAUVAIN

30

1 pièce de 6

(Français)

N°7 Le Montenotte

L.V.THUILLIER

30

1 pièce de 6

(Autrichienne)

N° 8 Le Dégo

L.V. DESBOISSES

30

1 pièce de 6

(Autrichienne)

N°9 Le Rivoli

L.V. DESTRAIS (X)

CF REGNAULT

30

3 pièces de 3*

N°10 L’Arcole

LV. Adj. Maj. ARMAND

E.V. FOUCHARD

25

1 pièce de 3*

·        une autre source indique des pièces de 8 pouces.

 

« Indépendamment de ces 10 bateaux canonniers, il y a 10 bateaux moyens armés en péniches en station dans différentes îles et le long de divers points de la rive droite pour arrêter tout ce que l’ennemi pourrait lancer contre les ponts d’Ebersdorf pour les rompre ou pour les incendier.

Rapport du Capitaine de vaisseau Colonel Baste. »

 

. Le 12 mai 1809 : Combat dans le Tyrol

 

UNITE

NOM

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INFORMATIONS

Etat-major général

PELLETIER De MONTMARIE

L.F.

Général de Brigade

Blessé le 12.

 

. Le 13 mai 1809 : Prise de Vienne.

Sans doute intimidé par les bombardements de la ville, l’archiduc MAXIMILIEN se décide à quitter Vienne par le nord et se replie sur la rive gauche du Danube. Au  passage, il fait détruire les ponts. Ce même jour, les troupes d’OUDINOT occupent la ville et l’Empereur y lance une proclamation : « Soldat, soyons bons pour les pauvres paysans et pour ce bon peuple qui a tant de droit à notre estime … ». 

 

UNITE

NOM

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72ème de ligne

 

 

2 officiers blessés dont 1 meurt le 16 mai

 

SCHRAPFF

Capitaine

Blessé, meurt le 16 mai.

 

CARTIER

Lieutenant Adjudant Major

Blessé.

 

. Le 13 mai 1809 : Combat de Schwarzenlackenau (Ile du Lac noir) sur le Danube :

Après la prise de Vienne, l’Empereur étudie les différentes possibilités de traverser le Danube afin d’obliger l’armée autrichienne à se battre. Le maréchal LANNES tente d’occuper le Schwarzenlackenau, îlot au milieu du fleuve où la traversée semble possible, afin de reconnaître la route de Léopoldau. 500 hommes des compagnies de voltigeurs du 72ème et 105ème régiment de ligne (Division Saint Hilaire), sous les ordres du Chef de bataillon POUX, gagnent l’île sur des bateaux conduits par des marins et repoussent les avant-postes autrichiens. Le général HILLER, fait venir, en renfort, le 49ème régiment de ligne (Régt Kerspern) sous les ordres du colonel CSOLLICH, soutenu par un parti d’Uhlans. Les combats sont acharnés. Le commandant autrichien O’BRIEN, réussit, avec 50 hommes à prendre à revers l’arrière-garde des voltigeurs qui est contrainte de se replier avec beaucoup de pertes. Les autrichiens ont 78 tués et 386 blessés. Le commandant POUX et 420 soldats sont pris, 50 autres voltigeurs sont tués ou gravement blessés dont :

 

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105ème de ligne

 

 

1 officier tué.

5 officiers blessés.

 

Les autrichiens en profitent pour renforcer l’îlot, ce qui contraint l’Empereur à renoncer de construire un pont à Nussdorf. Il donne immédiatement des ordres pour que cette traversée s’effectue près de Kaisersbergdorf dans la Lobau.

 

Pendant ce temps dans le Tyrol :

. Le 15 mai 1809 : Affaire de Schwatz  (Tyrol) :

 

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Artillerie Bavaroise

COMMENDER

Lieutenant

Blessé le 15 mai.

3ème Régt Inf Bavaroise

RUDESHEIMER

Lieutenant

Tué le 15 mai.

Idem

DE VINCENTI

Lieutenant adjudant Major

Blessé le 16 mai au combat de Poplawy (Tyrol)

 

. Le 15 mai : Passau : Déplacement des unités de marine :

Le 44ème de Flottille et le bataillon d’Ouvriers quitte Passau pour se diriger sur Vienne. Il laisse 2 compagnies d’Ouvriers à Passau avec le général CHAMBARLHIAC. Il traverse les villes de Bayerbach, Efferding, Litz et arrivent à Vienne le 20 mai.

 

. le 15 mai 1809 : Combat de Dunaberg :

 

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13ème Léger

MATHIOT

Capitaine

Tué par un boulet le 15 mai

 

ALEXANDRINI

Sous Lieutenant

Tué par le même boulet.

 

. Le 16 mai 1809 : Schoenbrunn :

L’Empereur est au château de Schoenbrunn, il passe en revue le 4ème bataillon du 17ème léger (Grenadiers d’Oudinot), dont le chef de bataillon Boulon est nommé officier de la Légion d’Honneur.

 

. Informations concernant le fleuve Danube :

Le passage du Danube présente beaucoup de difficultés, ses eaux s’écoulent rapidement au milieu d’un très grand nombre d’îles, dont certaines sont assez vastes. A hauteur d’Ebersdorf il y a trois îles ; la première Le Schnider-Grund est comprise entre deux bras principaux du fleuve. La deuxième est le Lob-Grund et la troisième, la plus vaste est l’île de Lobau.

 Il existe cependant quelques points d’appui pour l’établissement de ponts que l’Empereur va exploiter. L’île de Lobau est située à 4 kilomètres en aval de Vienne dans une lagune entourée par deux bras. Celui des deux et les marais qui bordent la rive sud de l’île, mesure près de 900 mètres, et l’autre, au nord, un peu moins de 100 mètres. L’île, très boisée, mesure 4 kilomètres de longueur pour une largeur d’environ 6 kilomètres. Sur la rive gauche, plusieurs villages se dressent dans l’immense plaine du Marchfeld qui monte en pente douce vers Wagram. Une route suit le court du fleuve et rejoint deux villages Aspern et 2 kilomètres plus au nord Essling.

 

. Du 16 au 18 mai 1809 : Passage du Danube.

L’Empereur, en compagnie de LANNES, parcourt à cheval les rivages du fleuve, tant au dessus qu’en dessous de Vienne. Il trouve deux emplacements favorables à la traversée du fleuve. Il fait établir son quartier général à Ebersdorf, dans une grande maison près du fleuve. De cet endroit, il supervisera les travaux des deux premiers ponts dont il ordonne la construction.

 

. Le 17 mai 1809 : Construction des premiers ponts par les Pontonniers et Ouvriers de la marine  :

1°/- Le premier pont est situé devant l’île de Schwartze-Laker (Ile du lac noir), en face de Nussdorf, un peu en avant de Vienne. Il est confié au maréchal LANNES. Ce pont de bateaux fera 400 mètres de longueur. Jeté sur le bras sud du fleuve on le baptisera « Grand pont ». Cependant, il s’agit là d’une construction hâtive, faite de bateaux coulés et renfloués, amarrés avec des cordages de toutes sortes, récupérés le long du fleuve et chez les paysans locaux, le leste se compose de pierre et de caisses de boulets, dont certaines sont immergées par le manque d’ancres. Il semble d’une solidité toute relative, mais les travaux sont effectués dans l’urgence. 2°/- Le second, construit en face du village de Kaiser-Eberdorf, par la grande île de Lobau, mesure 340 mètres. Il sera réalisé par les ouvriers et pontonniers de MASSENA. Les travaux commencent le soir même, Des ouvriers sont chargés de réunir des matériaux sur le tout le cours du Danube, jusqu’à l’arsenal de Vienne.

 

. Le 19 mai 1809 : Combat sur l’île de Lobau :

L’état-major se trouve à Ebersdorf, en face de la grande île de Lobau. LANNES fait embarquer une brigade de la division MOLITOR sur 80 grandes barques et 10 forts radeaux, conduits par des marins du 44ème de Flottille. Les voltigeurs du 2ème de ligne, qui occupent 5 grandes barques, sont les premiers à débarquer sur l’île de Lobau, et en chassent un détachement du 39ème régiment d’infanterie (Duka), lui  faisant 16 prisonniers. La construction des ponts, commencée les nuits précédentes, s’effectue avec célérité. Le temps est magnifique. Les pontonniers, passés dans l’île avec les troupes de MOLITOR, œuvrent à la construction d’un pont de pontons pour relier la rive gauche. Les travaux dureront 36 heures.  « Il n’y a peut-être pas d’exemple d’aussi grands travaux exécutés en si peu de temps », dira l’aide de camp MARBOT.

 

. Le 20 mai 1809 : Vienne :

Arrivé du 44ème de Flottille et du bataillon d’Ouvriers, parti le 15 courant de Passau.

 

Le 20 mai 1809 : Ile de Lobau.

. 12h00 : Les travaux des premiers ponts sont achevés. Le reste de la division MOLITOR s’apprête à s’engager sur les ponts, les brigades de cavalerie PIRE et BRUYERE sous les ordres de LASALLE à la suite de l’infanterie.

. 16h00 : L’Empereur ordonne de jeter un autre pont de bateaux sur le quatrième et dernier bras du Danube. Les bateaux sont renforcés de cuivre, et l’ensemble mesure une centaine de mètres de longueur (Environ 387 toises, non compris l’île sablonneuse sur lequel il est appuyé).

. 17H00 : Les divisions de MASSENA (25 000 hommes) vont pouvoir déboucher de l’île de Lobau pour occuper les villages d’Essling et d’Aspern. Mais le fort mauvais temps survenu durant cette journée, fait grossir le Danube à vue d’œil. De gros arbres entraînés par les flots, viennent heurter brutalement les ponts de bateaux, dont le plus grand finit par se briser une première fois. Il le sera trois fois de suite. Cependant le 4ème corps a traversé, dont toute la cavalerie des généraux LASALLE et ESPAGNE.

. 18H00 : Le dernier pont est réparé. Les brigades de MOLITOR se hâtent vers les deux villages d’Aspern à gauche et d’Essling à droite, tenues précédemment par les fantassins hongrois du régiment Duka.

 

. Les 21 mai 1809 : Dimanche de la Pantecôte.

. 3h00 : Les pontonniers, ouvriers et marins achèvent la réparation des ponts dans le courant de la nuit. 30 000 hommes traversent encore et occupent le terrain sur 2 kilomètres de front.

. 8h00 : Un aide de camp de l’Empereur vient lui annoncer que le grand pont est sérieusement endommagé et va probablement se rompre. En conséquence, l’Empereur ordonne au Maréchal LANNES, de suspendre son mouvement d’attaque, et à BERTRAND de récupérer tous les matériaux nécessaires à la réparation des ponts. Des ouvriers viennois sont réquisitionnés avec leur matériel. On récupère une énorme chaîne qui barrait autrefois le Danube lors du siège de la ville par les Turcs. Elle doit servir à bloquer les objets flottants en amont du grand pont.

 

. Témoignage : A cet objet, un détachement de marins est chargé de se rendre à Claustern-Neuburg, village situé à 2 kilomètres de Vienne, où se trouve un dépôt de bois de construction tenu par les français, quand un officier marinier, nommé Pierre MOISAN, aperçu sur l’autre rive, plusieurs de ces moulins flottants, gardés par une vingtaine d’hommes et de quelques canons. Après s’être concerté avec ses camarades, décide d’en prendre un. A l’abri d’une petite île, le détachement s’empare d’une grande barque, et vers 22 heures, une douzaine d’hommes s’embarquent. Ils remontent le fleuve assez haut, afin qu’en se laissant porter par le courant, il atteignent, sans faire aucun bruit, l’autre rive. MOISANT saute, le premier sur le moulin et désarme promptement la sentinelle, et le reste de la troupe, agissant avec célérité, surprend le poste de garde qui comptait 17 hommes. Les amarres sont rompues et le moulin dérive avec le fort courant. Alertés par le bruit de l’expédition, les autres postes font un feu nourrit sur les français. Le petit détachement réussit à atteindre l’autre bout de l’île et déchargea la grande quantité de grains et de farine que contenait le moulin. MOISANT passera dans la Garde.

 

. 10h00 : Les ponts sont de nouveau rompus, les ouvriers interviennent immédiatement.

. 12h00 : l’archiduc CHARLES a établi son Q.G. sur les hauteurs du Bisamberg, et en profite pour fondre sur les français avec ses 80 000 hommes formés en 4 colonnes. 200 canons soutiennent son action. Ses troupes forment un arc de cercle entourant la tête de pont française. Des fantassins de la landwehr sous les ordres du lieutenant ETZELT attaque un  détachement français à Gemeinde-Au.

. 15h00 : Achèvement des réparations et début de l’attaque autrichienne sur tous les fronts. L’Empereur hésite à poursuivre son plan, mais après réflexion persiste en faisant activer le passage des troupes. Au fur et à mesure de l’arrivée des corps sur l’autre rive, ils se mettent en position selon le dispositif convenu. MASSENA, sur l’aile gauche sur Aspern avec la division MOLITOR. LANNES sur Essling  avec la division BOUDET à l’aile droite, LEGRAND reste en réserve devant le pont. 21 000 soldats français résistent avec énergie aux attaques autrichiennes, ils se battent avec acharnement dans chaque village, les maisons sont prises et reprises.

. 17H00 : La position d’Aspern devient intenable. LANNES a fait fortifier le grenier public, le transformant en bastion. Les troupes de MASSENA combattent sans cesse mais doivent abandonner maison après maison devant la masse des assaillants. LEGRAND a remplacé MOLITOR dont les hommes sont épuisés.

. 18H00 : La quatrième division du corps de MASSENA, commandée par CARRA SAINT CYR, débouche des ponts suivi par la division de cuirassiers de NANSOUTY.

En début de soirée la nuit commence à tomber, l’archiduc, connaissant parfaitement la position difficile des Français, appelle en renfort BELLEGARDE qui fait occuper l’église et le presbytère d’Aspern. Près d’Essling, l’archiduc dirige personnellement la manœuvre, il prend dans ses mains le drapeau du régiment Zach pour encourager ses troupes et ordonne de prendre le village avant d’être soudainement pris d’un malaise dû à sa maladie convulsive. Il passe de commandement à ROSENBERG. L’arrivée de nouveaux renforts avec le corps de LIECHTENSTEIN ne suffit pas pour défaire les français.  L’Empereur suit, avec inquiétude, toutes les actions depuis la tuilerie d’Essling, et renforce les points qui semblent menacés. Finalement les attaques autrichiennes échouent sur tous les points à la tombée de la nuit.

. 19H00 : Aspern.

La position d’Aspern est tenue par les autrichiens. L’archiduc Charles décide d’attaquer au centre avec sa 3° colonne et la réserve de cavalerie. BESSIERE charge avec quelques escadrons soutenus par Espagne qui renverse la cavalerie ennemie, prend quelques pièces d’artillerie au passage, mais ne peut entamer l’infanterie. C’est dans cette charge qu’il est tué d’un boulet avec trois de ses colonels. LASALLE lance ses chasseurs et hussards sur la 3ème colonne et pénètre profondément au milieu des fantassins. Une grande partie du 24ème Chasseurs se trouve encerclé et capturé.

. 23h00 : L’Empereur, de retour à son P.C. fait son plan de bataille pour le lendemain.

 

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Etat-Major

ESPAGNE

Général de Division

Tué le 21 mai, par un biscaïen.

 

. Témoignage : Un officier Autrichien l’hauptmann (Capitaine) MAGDEBURG, placé en observation avec quelques compagnies de chasseurs, dans une île située au-dessus d’Aspern, constate, à bord d’un petit bateau, les dégâts que font les arbres charriés par le fleuve. Il ordonne d’y faire jeter un grand nombre de poutres, des barques chargées de pierres et de matières inflammables. Les pontons et ponts de bateaux détériorés sont aussitôt réparés. Mais cet officier, sans doute insatisfait de ses initiatives,  met le feu à un moulin flottant qu’il fait conduire au milieu des flots.  Cet énorme brasier flottant brise et entraîne une partie importante du grand pont. Cet officier sera décoré, plus tard, de la croix de Marie Thérèse.

 

. Le 22 mai 1809 : Bataille d’Essling.

. 2h00 : Les autrichiens tienne une grande partie d’Aspern  où la fusillade est continuelle, on se bat avec acharnement dans toutes les maisons, les morts et blessés encombrent les rues.

. 3H30 : L’Empereur met ses troupes en action pour reprendre définitivement Aspern et stabiliser la ligne de bataille.

. 4h00 : L’engagement devient général, le 46ème de ligne et les Hessois repoussent toutes les attaques et restent maîtres du cimetière et de l’église. 132 canons autrichiens sont mis en position devant le village d’Aspern qui flambe de partout. L’Empereur dispose maintenant de 60 000 hommes et 150 canons sur l’autre rive et attend l’arrivée prochaine du corps de DAVOUT.

. 7h00 : Il décide d’enfoncer le centre autrichien avec trois divisions sous les ordres de LANNES, durant l’action, le général LEGRAND a son bicorne traversé par un boulet.

. 9h00 :  Les ponts cèdent après le passage de la division DEMONT.

. 11h00 : Les autrichiens s’apercevant du repli des français, suite à la coupure du pont d’Ebersdorf, l’archiduc pousse ses régiments vers la Lobau.

. 12h00 : La canonnade redouble sur Aspern, mais les français tiennent toujours.

. 14h00 : Soutenu par 12 bataillons de grenadiers Hongrois, le corps de HOHENZOLLERN pénètre dans Essling défendue avec acharnement depuis le matin par les débris de la division BOUDET, qui ont transformé le village en redoute. Le colonel Lamarque, commandant le 3ème Léger, charge à la tête de son régiment afin de dégager les fantassins de la division Boudet retranchés dans le grenier d’abondance. LASALLE et les cuirassiers  de la division ESPAGNE sont engagés contre la 5ème colonne de ROSENBERG qui tente de s’infiltrer entre Essling et le Danube.

. 16h00 : Les deux ponts détruits le matin, sont remis en service. A peine réparé, le pont du premier bras est enlevé et suspend le passage des troupes. La rupture des deux ponts, survenue en pleine bataille fait courir de grands risques à l’armée, les privant de vivres et de munitions. Une partie de la Garde à pied, les Cuirassiers de SAINT-SULPICE et de DEMONT sont arrêtés par la rupture du troisième pont. Les autrichiens sont également épuisés leurs munitions commencent à manquer après 30 heures d’assauts sans effets. L’archiduc se contente de faire canonner les troupes françaises avec 200 canons.

. 21h00 : le combat cesse progressivement ne laissant que des masses de tués et de blessés sur le champ de bataille, les survivants étant ramenés, durant toute la nuit, dans l’île de Lobau. C’est durant la fin des combats, que le maréchal LANNES, exténué d’être à cheval, après avoir ramené lentement la division SAINT-HILAIRE vers l’arrière. Il met pied à terre en discutant avec son ami de longue date, le général POUZET, lorsqu’une balle perdue vient lui frapper la tête, le tuant sur le coup. Très ému par cette perte le maréchal s’éloigne en direction de Stadt-Enzersdorfs et va s’asseoir sur le talus d’un fossé en regardant plusieurs soldats soutenant un brancard de fortune sur lequel gît son ami, quand un petit boulet perdu lui fracasse le genou d’une jambe et lui déchire le jarret de l’autre. Transporté à l’ambulance la plus proche par des grenadiers et ses aides de camp, il est amputé d’une jambe par le chirurgien LARREY. L’Empereur averti accours, s’agenouille prés du brancard et discute un moment avec son malheureux ami. Il passa la nuit sur l’île entouré de ses aides de camp et de son domestique.

. 23h00 : L’Empereur regagne sa tente dans l’île de Lobau et convoque un conseil de guerre avec BERTHIER, MASSENA, BESSIERES et DAVOUT. BERTRAND indique qu’il faudra bien 48 heures pour rétablir le passage sur l’autre rive.

Plus de 75 000 coups de canons ont été tirés. Ces deux journées coûtent 23 000 hommes aux autrichiens et 16 000 aux français, dont un quart des grenadiers et chasseurs de la garde sont hors de combat.

 

UNITE

NOM

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Etat-Major

LANNES

Maréchal

Cdt le 2ème Corps

Grièvement blessé le 22 mai dans l’après midi, aux deux jambes, il tombe dans le coma le 23, et meurt le 31 dans une maison d’Ebersdorf.

Etat-Major

MARULAZ

Baron

(1769-1848)

Général de Brigade

Blessé le 22 mai à la cuisse droite.

 

SAINT-HILAIRE

Comte

(1766-1809)

Général de Division

Blessé grièvement par un boulet qui lui brise  la jambe gauche. Il est transporté à Vienne où il meurt au cours de l’amputation.

 

ESPAGNE

 

 

23ème Chasseurs à cheval

LAMBERT

Colonel

Blessé 2 fois au cours de l’engagement.

 

MARBOT

Marcellin

Capitaine

Aide de camp Lannes

Blessé le 22 juin,  par un biscaïen à la cuisse droite.

 

De VIRY

Capitaine

Aide de camp Lannes

Ami de Marbot à l’épaule brisée par une balle. Meurt le 16 juin de ses blessures.

 

DE LABEDOYERE

Capitaine

Aide de camp Lannes

Blessé le 22 juin, d’un coup de biscaïen dans le pied

 

WATTEVILLE

Capitaine

Aide de camp Lannes

Bless, le 22 juin, d’une épaule luxée à la suite de la chute de son cheval tué par un boulet.

 

SAINT-MARS

Aide de camp Lannes

 

 

GUEHENEUC

Colonel

Aide de camp

Lannes

 

 

De LABOURDONNAYE

Lieutenant

Aide de camp Lannes

Blessé le 22 juin.

 

LE COULTEULX

 De CANTELEU

Sous Lieutenant

Aide de camp Lannes

Blessé le 22 juin.

 

PAULIN

Baron

Général

Aide de Camp Bertrand

Assistent aux travaux de l’île de Lobau

Marins de la Garde

MOISAN

Pierre

Sous officier

Deviendra Lieutenant au 140ème de Ligne en 1813.

 

POUZET

Général de Brigade

Tué le 22 mai.

 

FOULER

Général de Brigade

Tué le 22 mai.

2ème Régt de Fusiliers Grenadiers de la garde

DUVAL

Capitaine

Blessé le 22 mai. A les 2 jambes emportées par un boulet. Meure le 7 juillet dans l’île de Lobau.

3ème léger

 

 

 

56ème de ligne

 

 

 

93ème de ligne

 

 

 

15ème de ligne

LARDET

Jacques

Sergent

Présent à Essling

 

. Le 23 mai 1809 : Le matin.

De nombreux blessés sont ramenés vers l’arrière tandis que la garde, les grenadiers d’Oudinot, la grosse cavalerie etc. passent le fleuve. Il pleut, MASSENA traverse le pont en dernier avec son état-major. Derrière lui, les pontonniers et ouvriers démontent le petit pont sous le feu d’un parti autrichien arrivant près de fleuve.

. 5h00 : Les travaux de démontage du petit pont s’achèvent.

L’Empereur donne des instructions pour faire réparer les ponts et en faire construire 4 autres. Pendant ce temps, les autrichiens évacuent le champ de bataille et se replient sur les hauteurs de Wagram pour attendre de nouveaux renforts. L’Empereur fait venir une barque, afin de ramener le maréchal LANNES, sur la rive droite. L’aide de camp MARBOT y place aussi les aides de camps blessés (Marbot p. 205 T. II). Durant ce temps, un service de bateaux, bien organisé, conduit par des matelots du 44ème de flottille, approvisionne en vivres et en munitions les divisions enfermées dans l’île. On fait transporter sur des charrettes réquisitionnées, un maximum de blessés à Vienne, où des hôpitaux sont créés. D’immenses quantités de matériaux (Poutres, planches, ancres, outils), provenant de Vienne et des villages alentours continuent d’être réunis et transportés pour réparer les ponts, en construire de nouveaux et les garantir par des estacades de pilotis. 100 pièces d’artillerie de gros calibre, prises dans l’arsenal de Vienne, sont conduites à Ebersdorf. Les marins, ouvriers de la marine et d’artillerie, les pontonniers, les artilleurs s’affèrent à la construction ou à la réparation des ponts.

Les autrichiens font croire qu’ils ont gagné cette bataille sur Napoléon et font sonner les cloches des églises. Des paysans allument des feux et fêtent cette « victoire ». A Vienne on annonce la perte de plus de 50 000 français et la prise de l’île de Lobau, voire que Napoléon a été blessé et qu’il est peut-être parmi les morts.

 

. Le 24 mai 1809 : Vienne :

Un contrôle des effectifs du 44ème de Flottille indique 1178 hommes. Plusieurs détachements sont répartis entre Vienne, Ebersdorf et l’île Lobau.

 

. Le 24 mai 1809 : Mise en place des ponts.

Les communications avec l’île de Lobau sont enfin rétablies. Le Général BERTRAND et les officiers du Génie, dont le chef de bataillon DESSALES, directeur des équipages de ponts et l’ingénieur de Marine MOREAU, attendent de nouveaux ordres de l’Empereur. 8 ponts sont déjà jetés sur le petit bras du Danube, entre l’île de Lobau et le bourg d’Enzersdorf.

. Le premier pont : D’une construction jusqu’alors inconnue, inventé (dira Marbot) par l’Empereur, est construit dans le bras de l’île Alexandre. Il mesure 180 toises et semble fait d’une seule pièce sur 5 gros bacs. Mais en fait est divisé en quatre sections qu’unissent des charnières, ce qui permet de contourner et de suivre les sinuosités du rivage. Arrivé dans le bras du Danube, un de ses ponts est fixé aux arbres de l’île de Lobau, tandis qu’à l’aide d’un câble, porté par un bateau, on dirige l’autre extrémité vers la rive opposée. Poussé par le courrant, ce pont d’un nouveau genre, tournant sur lui même, fait un à-droite complet, et à l’instant même devient opérationnel. Cette action n’a durée qu’environ 5 minutes. Afin de perpétuer le souvenir de cette merveille de pont militaire, et pour y avoir recours au besoin, le Commandant CHAPUIS (2ème Bataillon de Pontonniers) en fera réaliser une maquette.

Enfoncer des pilots dans le fort courant du 2ème bras qui baigne l’île de Lobau, était le seul problème à résoudre. Une estacade de 800 mètres de pilots armés de sabots de fer enfoncés dans les flots à 15 toises des ponts, allait protéger les ouvrages des  corps flottants. Une autre estacade de 380 toises (1200 mètres) fut construite au dessus du grand pont. Quand à la chaîne, récupérée à Vienne, qui ne pesait pas moins de 200 livres/toise de longueur, un projet d’utilisation fut bien évoqué mais resta sans effet. Un officier du génie, le chef de Bataillon FERAUDY, ancien sapeur expert dans la construction des ponts, était surnommé par ses camarades « Le Grand Pontif » pour l’excellence de son travail à la construction des ponts. D’autres travaux sont réalisés par des pontonniers et canonniers sous les ordres du général d’artillerie FOUCHER.

Le capitaine BUZELLE fait jeter un pont de bateaux en 1 heure 30 et le capitaine PAYERIMOFFE, un autre, formé de radeaux, en moins de 2 heures. Le Capitaine LE BUBOIS de MARSILLY, du corps de l’Artillerie de marine, attaché au 1er bataillon d’Ouvriers, sera, après les batailles d’Essling et de Wagram, décoré de la Légion d’Honneur pour avoir fait construire le grand pont d’Ebserdorf, en un temps record. Ce pont de pilotis d’Ebersdorf est construit  à environ 20 toises au dessus du pont de bateaux dont il a à peu près la même longueur (170 mètres ou 60 toises). 60 palées forment la base principale de cet édifice, qui sera achevé le 3 juillet suivant. Cependant, il ne peut assurer le passage que d’une seule voiture de front (4,30 m de large). Les 4 autres ponts sont achevés peu de temps après, ce qui permet à l’Empereur de faire passer rapidement les corps de MASSENA, OUDINOT, BERNADOTTE, DAVOUT, MARMONT, l’armée du Prince EUGENE, les réserves d’artillerie, toute la cavalerie et enfin la Garde Impériale.

 Afin de protéger l’armée de toutes offensives ennemies, de nombreuses constructions de défenses, redoutes et têtes de ponts sont réalisées durant cette campagne. Le capitaine GANDON du corps de l’Artillerie de marine, mais attaché au 1er bataillon d’Ouvriers est employé aux travaux des redoutes du camp de Spitz, il combattra à Wagram et sera fait Chevalier de la Légion d’Honneur.

 

. Le 25 mai 1809 : Combat de Linz :

 

UNITE

NOM

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INFORMATIONS

Artillerie Bavaroise

CASPERS

Capitaine

Blessé le 25 mai.

 

. Le 26 mai 1809 : Le vice-roi d’Italie, à la poursuite de l’archiduc JEAN, fait sa jonction, au col du Simmering dans les alpes autrichiennes, avec les troupes de DAVOUT que Napoléon a envoyé en renfort.

 

. Le 26 mai 1809 : Vienne :

Un contrôle des effectifs du  bataillon d’Ouvriers de la Marine indique 533 hommes.

 

. Le 26 mai 1809 : Ebersdorf.

. 11H00 du soir : L’Empereur fait envoyer un message à BERTRAND : «  L’intention de l’Empereur, Monsieur de général Bertrand, est que vous donniez l’ordre au colonel Baste de mettre sur-le-champ 100 marins commandé par un officier à la disposition du général Friant qui est à Vienne, pour y fouiller les îles. Donnez l’ordre au commandant d’être à six heures du matin, au plus tard, avec ses 100 hommes chez le général Friant pour lui annoncer la destination de ces 100 marins. »

 

. Le 29 mai 1809 : Correspondance (Extrait)

L’Empereur écrit à BERTRAND et lui signifie : « … Monsieur le général Bertrand, les pontons que j’avais ont été abîmés par le Danube, il faut employer une partie des ouvriers de la marine, à Vienne et à Klosterneuburg, à construire une soixantaine de pontons à peu près comme ceux que nous avions. Nous devons avoir une quarantaine de haquets, il restera donc à s’en procurer vingt. Ces pontons serviront indépendamment des ponts du Danube. Il sera impossible de passer le dernier bras, à moins de quatre ponts débouchant devant l’ennemi. L’un sera formé par les bateaux que le capitaine Baste a ramassés et qui iront par eau ; le second, par ces petits bateaux qui sont au bord du Danube et qu’il faut calfater ; le troisième, par seize pontons qu’il faut que les ouvriers aient fait dans trois ou quatre jours ; le quatrième pourrait être fait en radeaux ou en bateaux venant du côté de l’eau. Le directeur des ponts de Vienne assure qu’il y a plus de cent cinquante bâtiments sous l’eau ; il faut employer une partie des marins à les retirer et à les mettre en état. Je désirerais avoir quelques bateaux armés d’obusiers ou de pièces de 3, et un projet de batterie, qui serait remorquée par ces bateaux, de quatre pièces de 12, avec un épaulement qui mît à l’abri du feu de l’ennemi.… ».

 

. Le 30 mai 1809 : Ebersdorf :

Au point du jour, Le maréchal LANNES rend son dernier soupir. L’Empereur reste à son chevet durant près d’une heure, en compagnie de BERTHIER. Puis rejoint son P.C. où l’attendent BERTRAND et plusieurs officiers du génie dont ceux de la marine.

Le village de Presbourg est tenu par les autrichiens, L’Empereur ordonne à Davout de réduire ce bastion. L’opération semble présenter beaucoup de difficultés au dire de Lasalle qui a reconnu la position.

 

. Le 31 mai 1809 :

 

. Le 1er juin 1809 :

Une autre correspondance fait état de la construction de péniches armées pour maîtriser parfaitement les rives du fleuve. Parmi les réalisations de ces charpentiers et calfats, on relève la construction de barques bastinguées, de pontons, de péniches et de radeaux destinés au transport des troupes. L’Empereur rédige plusieurs documents dont la nomination des premiers et seconds Porte-Aigle du 9ème de ligne, le caporal de Grenadiers Verdun et le caporal de Voltigeur Gressier tous deux du 1er bataillon.

 

. Le 1er juin : Ebersdorf : Quatorzième bulletin de l’Armée d’Allemagne.

«  Le 44ème bataillon de la flottille de Boulogne, commandé par le capitaine de vaisseau Baste, est arrivé. Un grand nombre de bateaux en croisière battent les îles, couvrent le pont et rendent beaucoup de services. Le bataillon des Ouvriers de la marine travaille à la construction des péniches armées, qui serviront à maîtriser parfaitement le fleuve. »

 

. Le 1er juin 1809 : PRESBOURG.

Pendant que l’armée d’Italie poursuit l’archiduc Jean, le maréchal DAVOUT attaque Presbourg, place située sur la rive gauche du Danube, et défendue sur la rive droite par de solides retranchements sur l’île d’Engereau, flanquée elle-même de deux autres petites îles en partie fortifiées. La garnison compte 4 régiments d’infanterie autrichienne sous les ordres du général BIANCHI, soutenu par une bonne artillerie.

 

. Le 3 juin 1809 : Prise du pont de Presbourg :

Davout ordonne au général GUDIN de reprendre l’attaque contre Engereau, et pénètre dans le village avec les Hessois du comte de Gall, mais échouent contre la tête de pont où le général PETIT est blessé mortellement. Une seconde attaque enlèvera la position et le pont.

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

Etat Major

PETIT

Claude

Général de brigade

Baron

Né en 1763. Tué au passage du pont de Presbourg.

21ème de ligne

GENTILHOMME

Louis Pierre

Sergent de Sapeur

Blessé le 3 juin.

 

GEOFFROY

Lieutenant Adjudant Major

Tué.

 

AMY

capitaine

Blessé.

 

CHABRIER

Capitaine

Blessé.

 

JOBERT J.B.

Sous Lieutenant

Blessé.

 

 

 

 

 

POLIOT

Sergent

Quelques jours plus tard, il parviendra à détruire un pont de bateaux sur le Danube.

Etat-Major

BOURGEOIS

Capitaine

Officier d’Ordonnance du Gl Lasalle. Blessé le 3 juin.

 

Les Ouvriers et marins non encore employés au service actif sur le Danube, secondent l’artillerie et le génie dans la préparation des matériaux et à la construction des ponts et estacades de l’île de Lobau.

 

. Le 3 juin 1809 : Camp du Pavillon Blanc.

. 5H00 du soir : Correspondance du Colonel Baste au général Bertrand :

«  Monseigneur, J’ai l’honneur de vous rendre compte qu’en partant ce matin de notre camp pour aller en découverte sur les îles, j’ai d’abord établi la communication avec un va-et-vient sur l’île où sont les 100 hommes et où l’on a fait un retranchement pour placer deux pièces de canon, conformément aux ordres que S.M. a donnés hier soir. Malgré la communication que j’ai établie sur l’île retranchée, j’y ai laissé quelques bateaux à rames pour la faciliter.

 Après avoir quitté cette île, j’ai continué ma route avec sept bateaux moyens et j’ai débarqué dans trois îles, dont une grande où nous avons trouvé un poste Autrichien. Des hommes de ce poste, dont trois s’étaient embarqués dans un petit bateau, j’en ai fait prendre deux et arrêter la barque, dans laquelle il s’est trouvé un cerf mort. Le troisième Autrichien s’est échappé, malgré notre diligence à le poursuivre.

 Arrivés de l’autre côté de cette grande île, j’ai rencontré un poste de douze hommes qui s’est embarqué dans un bac qui l’attendait sur le rivage ; notre fusillade a été très vive sur le bac, cependant ils ont traversé sur une autre île et j’ai fait passer trois hommes à la nage qui m’ont ramené le bac qui m’a servi pour venir rejoindre mes autres bateaux.

Les résultats de cette petite expédition sont : deux soldats autrichiens prisonniers et un paysan avec deux bateaux. Les ennemis avaient deux pièces de canon de six de ce côté, avec lesquelles ils nous ont tiré environ trente coups à boulets, sans toucher ni bateau ni homme.

J’ai été extrêmement content de tout le monde, mais surtout des officiers et particulièrement de MM. Parmentier, Armand et Sauvaget.

D’un autre côté, on a pas été tout à fait aussi heureux. En descendant des barques chargées, des environs de Vienne, ainsi que des pilots en radeaux, on nous a tué un matelot de la 3ème compagnie et le même boulet en a blessé deux autres.

Capitaine de vaisseau Baste »

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

44ème de Flottille

?

Matelot

Tué le 3 juin au matin,  d’un boulet en descendant d’une barque près de Vienne

 

?

Matelot

Blessé par le même boulet.

 

?

Matelot

Idem

 

. Le 4 juin : Presbourg :

Les troupes françaises tentent de bombarder la position autrichienne et cherchent à prendre pied sur l’île Kis-duna, mais échouent encore. Après de nombreux combats, le siège est abandonné. Les français font 400 prisonniers dont le petit fils du général autrichien BEAULIEU. Les français et alliés hessois ont perdus 144  tués, blessés ou disparus.

 

. Le 5 juin 1809 : Château de Schoenbrunn :

L’Empereur multiplie les ordres pour reprendre l’offensive au plus tôt. Il suit attentivement les préparatifs et travaux dont fait masquer les futurs points de passage sur l’autre rive et les chantiers de construction des ponts.  Il reçoit BERTRAND ainsi de les ingénieurs DESSAVES du génie et MOREAU de la marine avec lesquels ils projette la construction de plusieurs ponts, dont un sera assez révolutionnaire dans sa conception. Il fait manœuvrer des troupes en amont de Vienne afin d’attirer l’attention des autrichiens. Il rentre tous les soirs au château retrouver Marie Walewska, son « épouse » polonaise.

 

. Le 5 juin 1809 : Vienne. Correspondance du Colonel Baste au Major général :

« Monseigneur, Depuis que nous sommes en croisière ou en station près des îles dans les divers bras du Danube aux environs d’Ebersdorf, pour arrêter ou détourner tout ce qui pourrait détruire le pont, nous avons beaucoup consommé de cartouches d’infanterie, malgré que, sur ma recommandation, on les économise tant que l’on peut. J’ai fait la demande à l’arsenal de Vienne pour les faire remlacer.

J’ai l’honneur de vous rendre compte que vingt bateaux moyens sont en station sur les différents bras du Danube qui avoisinent le pont d’Ebersdorf, pour arrêter ou détourner les radeaux, les brûlots, les moulins, les barques, les carcasses et autres pièces de bois qui pourraient être lancé par l’ennemi pour incendier ou rompre le pont d’Ebersdorf. Chaque bateau est muni de ce qui lui est nécessaire et la plus grande surveillance est observée le jour comme de nuit.

Demain au soir deux bateaux seront armés chacun de trois canons de 3 ; s’ils n’ont pas un obusier de six pouces chacun, c’est qu’on n’a pas pu m’en fournir à l’arsenal.

L’on construit des pontons, et sous peu de jours, lorsque nous aurons les matériaux nécessaires, on mettra en construction les six barques bastinguées.

Mon service commence à être établi et organisé, de manière que les travaux de marine vont grand train à Ebersdorf et à Vienne.

Baste. »

 

De nombreuses reconnaissances sont exécutées sur les bras du fleuve par des officiers du génie auxquels le général BERTRAND a attaché des officiers de marine. Le Chef de Bataillon BARAILLON du génie est chargé par le général BERTRAND, conformément aux ordres de l’Empereur, de reconnaître les îles du Danube depuis Ebersdorf jusqu’à Regelsbrunn, accompagné d’un officier de marine.

 

Les marins du 44ème de flottille et les ouvriers de la marine serpentent le fleuve sur de petites embarcations armées, pour transporter des matériaux et protéger les chantiers. Les échanges de tirs sont fréquents avec les détachements autrichiens sur l’autre rive. Le colonel BASTE, monté sur le bateau canonnier Le Saint-Hilaire avec des éléments de la 5ème Cie/44° de flottille, dirige sa petite divisions d’une dizaine de canonnières qui soutiennent de leurs canons la tête de pont de l’avant garde. Le lieutenant de vaisseau Jacques PARMENTIER (Né à ST Valéry sur Sommes) commande la 5ème Cie, a les honneurs d’une citation élogieuse de la par de son commandant, qui écrit dans son rapport :

« Monsieur Parmentier, capitaine à la 5ème compagnie du 44ème bataillon, qui commandait une petite division, a parfaitement fait son devoir. Je me félicite d’avoir demandé et obtenu pour lui la croix de la Légion d’Honneur dans l’affaire du 21 juin dernier. »

 

L’archiduc fait fortifier toute sa ligne de front d’Aspern à  Essling, jusqu’à Gross-Enzersdorf. Fait ériger des palissades et des redoutes armées. 8 lunettes remplies de pièces d’artillerie sont disséminées en avant des villages, soit 30 000 hommes et 74 canons. Des tranchées sont creusées pour relier chaque redoute. Les renforts, composés de nombreux volontaires de landwehrs viennent occuper le terrain.

 

. Le 7 juin 1809 : Neustadt.

L’armée d’Italie arrive en renfort. L’Empereur inspecte les troupes qui défilent devant lui., puis il se rend à l’hôtel du Cerf d’or à Wiener Neustadt.

 

. Le 7 juin 1809 : Ebersdorf : Correspondance du général BERTRAND au Major Général :

« Monseigneur,

 J’ai l’honneur d’adresser à votre Altesse le rapport du chef de bataillon du génie Baraillon, qui a visité les îles de la rive droite du Danube depuis Ebersdorf jusqu’à Regelsbrunn, conformément aux ordres de Sa Majesté.

Le détachement de 50 marins qui était avec cet officier vient de rentrer au camp ; l’officier de marine m’a dit n’avoir trouvé aucun bateau en état. Ils exigeaient tous des réparations plus ou moins considérables.

Bertrand. ».

 

. Le 8 juin 1809 : Raab :

Il semble que les Autrichiens se concentrent vers Raab. L’archiduc Jean s’en approche alors que le prince EUGENE n’est pas très loin, non plus, ce cette ville. Devant Raab, le Danube isole entre ses bras une très grande île du nom de Petit Schütt d’environ 14 lieues de long. Les cavaliers de Lasalle passent dans cette île est se rapprochent de la ville, grâce à l’aide de 8 sapeurs Hessois qui vont, en un temps record, établir un pont vers la grande île.

 

. Le 9 juin 1809 : Ebersdorf : Correspondance du général BERTRAND au Major Général :

« Monseigneur,

Un bateau armé de trois pièces de canon de 3 est entré hier dans le port d’Ebersdorf ; le bateau a 18 rames à la française ; les trois pièces peuvent tirer dans tous les sens. Le colonel Baste espère qu’un autre bateau sera armé demain soir.

Le général La Riboisière n’a pu fournir d’obusiers.

Les marins ont brûlé avant-hier un gros bateau couvert, rempli de fascines et de paille, destiné probablement à incendier le pont. »

 

. Le 9 juin 1809 : Escarmouche à Presbourg.

Le maréchal DAVOUT opère devant Presbourg, il a un détachement de marins qui participent à l’enlèvement des îles avoisinant la place, et occupent l’île d’Ober-Ufer qui  forme une tête de pont, ainsi que l’île de theben.

 

UNITE

NOM

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INFORMATIONS

44ème de Flottille

SIMON

 Jean 

Apprenti marin

Matricule 1315, né le 3 août 1789. Tué par un boulet à Presbourg.

 

. Le 10 juin 1809 : Camp impérial de Schönbrunn :

Le 10 mai dernier, l’Empereur avait ordonné la construction de six barques bastinguées, il confirme ses intentions en donnant des précisions sur l’armement de ces bateaux.

« Ordre.

1° Il sera armé six bateaux. Chaque bateau sera armé de deux à trois pièces de canon et de douze jusqu’à trente avirons. Deux de ces bateaux, les plus légers, seront armés de pièces de 3 ; deux seront armés de pièces de 6, un d’un obusier et d’une pièce de 12.

2° Il sera construit une petite batterie flottante, ayant un parapet ou un bordage à l’abri de la mitraille et des petits canons. Elle sera armée de trois pièces de 18. Cette batterie aura ses ancres et tous ses agrès pour pouvoir s’embosser où il sera nécessaire.

3° Le général du génie fera armer ces bateaux. Le général d’artillerie donnera l’artillerie nécessaire.

Le capitaine commandant la marine donnera des noms à ces bateaux, et à chacun un commandant et un équipage fixe. Ces bateaux auront toujours des vivres pour six jours.

Napoléon. »

 

. Le 11 juin 1809 : Ebersdorf :

L’ordre de l’Empereur sera partiellement exécuté dans le rapport du général Bertrand :

« Rapport du général sur les constructions de la marine.

Un bateau armé de trois pièces de 3 est avec la flottille au pavillon bleu ; l’ennemi ne peut le voir. Un second bateau armé de pièces de 6 y arrivera ce soir. Un troisième bateau pouvant porter un obusier de 8 pouces sera prêt dans trois jours.

Pour avoir les trois autres bateaux qu’il fait armer en guerre, d’après les ordres de l’Empereur, il faudra les prendre parmi ceux du pont de bateau.

Les ingénieurs avaient fait un projet de batterie flottante sur une caisse, ne croyant pas trouver du bois assez léger pour former un radeau qui pût porter quatre pièces de 12 ; mais le colonel Baste pense que le Danube est trop rapide pour pouvoir remorquer contre le courant une telle batterie ; il croit qu’il faut se borner à placer quatre pièces de 12 sur un bateau ; il en a un de propre à cela, mais il ne pense pas qu’on puisse placer des pièces de 18 sur les bateaux qui existent ici.

Il faudra huit à dix jours au moins pour que ces quatre derniers bateaux soient en état ; six pontons doivent être terminés demain soir.

Le général Bertrand. »

 

. Le 12 juin 1809 : Rakendorf.

. 4H00 du matin. Le pont de Rakendorf est rétabli. Une tête de pont se forme. La cavalerie explore l’île. DAVOUT vient en personne voir le pont et l’île. LASALLE après un bref combat contre des hussards hongrois durant lequel 20 cavaliers dont le colonel sont tués, ramène 36  prisonniers.

 

. Le 13 juin 1809 : Raab :

L’archiduc Jean est à Raab où un camp retranché est établi, composé de quatre bastions garnis de 18 canons de forteresse sous les ordres du colonel BECHY et d’une garnison de 2 500 hommes. Les autrichiens ne semblent pas avare de munitions.

 

. Les 14 & 15 juin 1809 : Raab :

Témoignages : « Le sergent de grenadier Jean GEMI du 102ème de ligne, au cours d’une charge, tue avec la fourche qui lui sert d’arme, 21 autrichiens dont 1 capitaine. Le prince Eugène, témoin des combats, lui fit obtenir la Légion d’Honneur. Le caporal DERAME, du 102ème de ligne enlève un drapeau qu’il présente au prince Eugène. »

« Le carabinier Frézou du 23ème léger, après que son colonel (Thierry) fut tué, se rend compte que le 3ème de ligne Italien, à proximité, vient de perdre une de ses Aigles, il se jette alors dans la mêlée, renverse plusieurs autrichiens et récupère le « coucou » perdu. »

Un détachement d’ouvriers et de marins sont à Raab, sous les ordres du commandant du génie PREVOST-VERNOIS, et travaillent à la construction de trois ponts sur la rivière (2 en amont et 1 en aval de la place) pendant le siège de la ville. Sur les ordres de LASALLE, ils transportent sur une charrette, un bateau, de la Raabnitz dans la Raab, afin de faciliter la communication avec S.A.I. Ces embarcations sont montés par des marins et des hussards. Plusieurs bateaux sont capturés contenant des approvisionnements considérables.

 

. Le 17 juin 1809 : Raab :

Plusieurs obusiers et mortiers arrivent pour bombarder la place. LAURISTON organise le siège de son côté. Les ponts commencés sont achevés et semblent solides puisque des pièces de 18 passent dessus sans problème, les munitions arrivent sur des chariots et par le fleuve. Des Hessois et deux bataillons du 85ème de ligne sont prêtés par GUDIN à LAURISTON.

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

Génie

BARAILLON

Chef de Bataillon

 

Génie

PREVOST-VERNOIS

Chef de Bataillon

 

 

ZABERN

Capitaine

A voir

 

GALLAND

Capitaine

 

 

LARUE

Capitaine

 

2ème Bat de Pontonniers

CHAPUIS

 

Directeur des travaux.

102ème Ligne

GEMI

Jean

Sergent de Grenadier

 

 

DERAME

Caporal

 

Etat-Major

ROUILLE d’ORFEUIL

Aide de Camp

ADC du Gl Lasalle.Son père deviendra tuteur des enfants de Lasalle après sa mort.

 

. Le 20 juin 1809 : Etat de situation du 44ème Bataillon de Flottille :

 

44ème Bat.

de Flottille

Détachements

Lieu

Officiers

Troupe

Informations

 

Etat-Major

 

6

3

1 caisson attaché au bataillon.

 

1ère Compagnie

Vienne

2

120

1 officier détaché.

 

2ème Compagnie

Ebersdorf

3

119

111 marins avaient été retenus à Ulm pour organiser la navigation du Danube

 

3ème Compagnie

Vienne

3

122

 

 

4ème Compagnie

Ile Kerveiseck

3

112

 

 

5ème Compagnie

Camp Pavillon Bleu

3

124

 

 

6ème Compagnie

Camp Pavillon Blanc

3

123

 

 

7ème Compagnie

Ebersdorf

3

113

 

 

8ème Compagnie

Idem

3

122

 

 

9ème Compagnie

Camp Pavillon Bleu

3

113

 

TOTAUX

 

 

32

1 071

 

Bat. Ouvriers de Marine

Détachements

Lieu

Officiers

Troupe

Informations

 

Etat-Major

 

4

 

1 caisson attaché au bataillon

 

1ère Compagnie

Vienne

4

128

 

 

2ème Compagnie

Vienne

4

125

 

 

3ème Compagnie

Ile de Tabor

4

121

 

 

4ème Compagnie

Ebersdorf

2

126

 

 

5ème Compagnie

Passau

4

131

 

 

6ème Compagnie

Passau

4

131

 

TOTAUX

 

 

26

760

 

 

. La nuit du 19 au 20 juin 1809 : Raab :

La place est bombardée par les obusiers et mortiers arrivés le 17. Ils font le plus grand mal au camp retranché ennemi.

 

. Le 21 juin 1809 :

Vers 5 heures du matin, le colonel BASTE quitte, avec sa flottille de bateaux canonniers, le camp du Pavillon bleu pour reconnaître les îles du Danube.

Témoignage : Le capitaine (Lieutenant de vaisseau) Jacques PARMENTIER, (Né à ST Valéry sur Sommes), commande une petite division de canonnières et effectue une reconnaissance des îles du Danube. Il reçoit un feu nourrit des postes avancées autrichiens répartis dans toutes les îles. Il canonne les nœuds de résistance ainsi que les embarcations ennemies à sa portée. Il débarque ses matelots disponibles qui fondent à la baïonnette sur les chasseurs autrichiens. Ces derniers sont partout repoussés avec perte  et évacuent leurs postes.

Le lieutenant de vaisseau PARMENTIER a les honneurs d’une citation élogieuse de la part de son commandant, le Colonel BASTE, qui écrira plus tard dans son rapport :

« Monsieur Parmentier, capitaine à la 5ème compagnie du 44ème bataillon, qui commandait une petite division, a parfaitement fait son devoir. Je me félicite d’avoir demandé et obtenu pour lui la croix de la Légion d’Honneur dans l’affaire du 21 juin dernier. »

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

44ème Flottille

( ? Cie)

?

Matelot

Tué d’une balle à la hanche droite.

Bateau Canonnier

 L’Austerlitz

( ? Cie)

?

Matelot

Blessé par un boulet.

 

. Le 22 juin : Capitulation de Raab :

La ville assiégée depuis le 15 juin dernier capitule. Le prince EUGENE et MAC DONALD y battent l’archiduc JEAN. Cette victoire permet à l’armée d’Italie de rejoindre l’Empereur, ce qui retarde le ralliement des deux armées autrichiennes.

 

. Le 22 juin 1809 : Combat sur le Danube :

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

Etat-major

DALESME

Général de brigade

Blessé le 22 juin sur le Danube.

Etat Major du Génie

REREY

Capitaine

Blessé.

2ème Bataillon du Génie

GARRACHE

Lieutenant

Tué.

 

PARNAJON

Capitaine

Blessé.

Etat Major

DALESME

Général de brigade

Blessé.

 

. Le 22 juin 1809 : Vienne. Correspondance du général BERTRAND au Major Général.

«  Monseigneur,

J’ai l’honneur d’adresser à Votre Altesse un rapport du colonel Baste sur le mouvement que la flottille a fait dans la journée d’hier.

Le bac ordonné par S.M. sera, je pense, calfaté demain soir, mis à l’eau le 24 et terminé le 25.

Nous avons trouvé des courbes et on a réussi suffisamment d’ouvriers pour pouvoir en construire un second, je l’ai fait commencer hier, il pourra être fini le 26, peut-être le 25.

Ces deux bacs pourront contenir chacun 300 à 400 hommes. Dans un quart d’heure ces deux bacs auront jeté sur la rive opposés 1 500 hommes et 8 pièces de canon.

Bertrand. »

 

. Le 22 juin 1809 : Rapport du Capitaine de vaisseau Baste au général Bertrand :

«  Rapport fait à M. le général Bertrand, aide de camp de S.M. l’Empereur et Roi, commandant en chef du génie de l’armée d’Allemagne, par le capitaine de vaisseau Baste, colonel, commandant les marins de la garde impériale, ainsi que les matelots et ouvriers militaires de marine de l’armée précitée.

Mon Général,

L’Empereur nous a manifesté, le 19, l’intention et le désir de faire construire un pont de 80 toises sur dix pontons de 25 pieds de long, et avant-hier l’envie d’inquiéter les ennemis sur la rive gauche et de faire des incursions sur les îles qu’ils occupent. Déjà les dix pontons sont construits, et une partie calfatée et brayée ; le bac est bien avancé et on travaille à la construction du pont.

Hier, à 5 heures du matin, avec deux cent cinquante marins, deux bateaux canonniers et douze bateaux moyens, je partis du camp du Pavillon bleu ; je me portai sur la droite de l’ennemi en remontant le Danube à la rame et à la cordelle ; je chassai les ennemis de trois îles que je n’avais vues encore que de loin. Je vous préviens que l’ennemi n’avait sur ces îles que des postes d’observation. Nous leur avons tué une quinzaine d’hommes dont trois sont tombés morts sous mes yeux. Nous avons à regretter un bon matelot, qui a été tué d’un coup de fusil dans la hanche droite, en courant après les Autrichiens que je voulais faire prendre vivants, attendu que l’Empereur m’avait paru souhaiter avoir des prisonniers

Pour arriver à la troisième île où nous débarquâmes après avoir pris les deux premières, il fallait passer dans quatre bras différents, défendus par des batteries, depuis quatre jusqu’à huit pièces de canon de 7 et de 12. Nous n’en remontâmes pas moins le courant sous le feu très vif de leurs batteries, qui étaient augmentées par quelques pièces d’artillerie légère qui suivaient le rivage. Ils nous tirèrent environ, pendant nos trajets pour nous rendre à ces îles, 150 coups de canon à boulets, et à notre retour, au moins 60 coups aussi à boulets ; mais nous n’en avons pas moins rempli le but de l’Empereur, qui est de les inquiéter et de les tourmenter dans leurs camps et dans les îles qu’ils occupent.

Pendant toute la canonnade des ennemis, à laquelle nous avons riposté d’environ 60 coups de canons à boulets, le bateau canonnier Le Marengo a reçu un boulet à tribord qui est resté dans le bois ; un autre boulet a cassé le gouvernail, un troisième a coupé deux rames dans les mains des matelots et personne n’a été blessé à son bord. J’ai été extrêmement content de la bravoure, du sang-froid et de la présence d’esprit du capitaine Duplouy, enseigne qui le commande. S’il est possible qu’il fût fait lieutenant de vaisseau, j’en seras enchanté. Le bateau canonnier l’Austerlitz a eu aussi deux rames de coupées à son bord et un homme de blessé par un boulet ; le capitaine de ce bateau s’est aussi très bien conduit, ainsi que tous les officiers de marine qui étaient sur les 12 bateaux de transport, dont un a aussi reçu un boulet de 12 qui n’a blessé personne.

Je suis arrivé au camp du Pavillon bleu, de retour de cette expédition hier au soir à 5 heures. Comme celle sous le vent, c’est à dire à la gauche de l’ennemi, demanderaient deux ou trois jours, je ne pourrai pas la faire encore, parce que j’ai beaucoup d’occupation à Vienne, à Ebersdorf et au camp du Pavillon bleu, pour les armements, installations et réparations de toute la flottille.

Baste » 

 

. Le 23 juin 1809 : Schönbrunn : Lettre de l’Empereur au général BERTRAND.

10H00 du matin : « Monsieur le général Bertrand, il paraît par votre rapport que le pont et le bac sont faits. Je me rendrai ce soir à quatre heures dans l’île. Vous avez bien fait d’en commencer un second ; faites-en commencer un troisième. Faites porter aussi dans le bras sept ou huit nacelles ; cela peut se porter sur des voitures. Ces nacelles sont importantes. Nous y placerons des marins d’observation, pour contenir ce que l’on pourrait envoyer contre les ponts. Raab a demandé à capituler ; ainsi tout marche vers la grande opération. J’ai vu avec plaisir l’opération du capitaine Baste ; je donnerai des récompenses aux officiers qui se sont distingués ; sont-ils de la légion ? Mais ayez soin que toutes les opérations se fassent en haut pour inquiéter l’ennemi t s’accoutumer, et non pas du côté où nous devons faire la descente. Quand aura-t-on les deux autres barques armées et surtout la grande ?

Napoléon ».

 

. Le 25/26 juin 1809 : Gratz ou Graz.

Le 84ème de ligne, comprenant ses deux premiers bataillons (1 200 hommes) et 10 pièces de canon de 3, sous les ordres du colonel Gambin, lutte durant 14 heures, retranchés dans le cimetière de St Léonard (Sankt Leonhard), contre 10 000 Autrichiens du général Gyulay. Malgré leur infériorité ils prennent 500 prisonniers et deux drapeaux à l’ennemi, avant que le général Bourcier arrive en renfort. Les Français comptent 32 tués et 231 blessés, prisonniers ou disparus et 3 canons sont détruits. Les Autrichiens perdent 164 tués, 816 blessés dont 500 prisonniers et 2 drapeaux.

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

84ème de Ligne

 

 

3 officiers mortellement blessés.

9 officiers blessés.

 

DEWALS

Chef de bataillon

Blessé

 

BOUDON-LACOMBE

Chef de bataillon

Blessé

 

. Le 26 juin 1809 : Paris. Lettre du ministre de la marine DECRES au ministre de la Guerre.

«  Mon cher Collègue,

L’Empereur vient de m’ordonner de vous faire savoir que son intention est que l’équipage des marins de la Garde parte sur-le-champ en poste pour se rendre près de lui. Il me mande de m’entendre avec vous pour que ce mouvement s’opère sur-le-champ. Comme le pense que c’est à vous à en donner l’ordre, je vous prie de me faire savoir si je puis vous seconder en quelque chose et je serai très empressé de le faire. Je crois que l’équipage n’est pas tout à fait au complet, mais l’intention de l’Empereur est que s’il pouvait excéder ce complet, on fasse partir tout ce dont on pourra disposer, et qui sera propre à la guerre. J’expédie de mon côté en poste 100 ouvriers de Boulogne et 100 marins de Rochefort.

                                                                                             DECRES ».

 

. Le 28 juin 1809 : Schönbrunn :  Ordres de l’Empereur :

« Sa Majesté ordonne :

1° Le capitaine Larue fera ponter les bateaux de manière à pouvoir jeter le pont de l’embouchure* dans le Danube en deux heures de temps

(* L’Empereur donne le nom de pont de l’embouchure à celui qui devait être jeté à la pointe sud-est de l’île Lobau, sur le bras du Danube qui contourne cette île)

2° Il sera choisi cinq bacs ou bateaux pouvant porter chacun 300 hommes, lesquels seront remontés dans le bras et pourront débarquer 1 500 hommes à la fois sur la rive droite. Il sera jeté sur-le-champ une cinquenelle, et ces cinq bacs feront traille. Comme le bras du Danube n’a dans cette partie que 60 toises, on pourra passer autant de monde qu’on voudra. Chacun de ces bacs sera arrangé pour porter une pièce de canon.

3° Le commandant des marins avec ces bateaux armés de canon prendra position au moment de l’affaire, dans le Danube, vis-à-vis de Hansel-Grund et fera débarquer 2 000 hommes sur des bateaux à lui. Ces bateaux sont autres que ceux formant les ponts.

4° Aussitôt qu’on se maître des batteries du Hansel-Grund et que le débarquement aura lieu, le commandant des marins s’emparera de l’île de Rohr-Tsirth, tâchera d’introduire un de ses bateaux dans le canal du Hansel-Grund du Danube et placera ses bateaux armés vis-à-vis le Zahnet, en faisant le tour de l’île de Rohr-Tsirth, pour battre cette droite de la rivière.

5° Le général Oudinot sera chargé de toute cette opération. Les commandants de l’artillerie et du génie du 2ème corps prendront à cet effet les mesures convenables.

6° il y aura sur les haquets, des pontons tout prêts pour jeter des ponts vis-à-vis Mühlleuten.

7° il y aura vis-à-vis le petit bras appelé Steingügel, qui sépare le Danube de la Maison Blanche, un bateau avec trois chevalets, les madriers et agrès nécessaires pour y jeter là un pont. Ce pont sera démasqué et mis à l’eau, lorsque les troupes seront ç cette hauteur.

8° Le général Oudinot et les généraux commandant l’artillerie et le génie sont chargés de faire toutes les dispositions et de prendre les mesures de détail, pour l’exécution de ca projet.

Napoléon. »

 

. Le 29 juin 1809 : Prise de l’île d’Abern.

Le prince d’Eckmühl demande au colonel DUCREST, du 21ème de ligne, 40 nageurs de « bonne volonté » pour s’emparer de l’île d’Abern, située devant Presbourg. Le lieutenant CONSTANT et le sous-lieutenant JOBERT sont volontaires pour cette expédition. A minuit, les nageurs s’embarquent, mais la nacelle contenant le lieutenant et 9 voltigeurs chavire, toutefois, les 30 voltigeurs du sous lieutenant abordent l’île et surprennent les sentinelles. Ils apprennent d’elles que 1 800 hommes du 61ème régiment Autrichien (Saint-Julien) (Division COLLOREDO) et deux pièces d’artillerie (6 livres) sont présents. Sans se dérober, ils s’emparent à la baïonnette des deux canons et leurs caissons et font prisonniers 1 officier et 15 canonniers. Après quelques combats, 2 capitaines, 2 lieutenants et 120 ennemis se rendent. Plus tard, les voltigeurs prennent encore 400 autrichiens et chassent le reste du régiment hors de l’île. Le caporal Cuniot sauve son officier en tuant le colonel ennemi qui allait le sabrer.

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

21ème de ligne

DUCREST

Colonel

 

 

CONSTANT

(CLH)

Lieutenant

(Voltigeur)

Sera fait OLH.

 

JOBERT

Jean-Baptiste

Sous lieutenant

(Voltigeur)

5 blessures. Sera fait CLH.

 

CUNIOT

Caporal

(Voltigeur)

Sera fait sergent et CHL

 

BLIME

Voltigeur

 Sera promu sous lieutenant.

 

. Durant ce temps à Strasbourg :

De petits détachements d’Ouvriers Charpentiers et Calfats, partis de Rochefort et de Boulogne, avec « trois paires de souliers neufs et une capote », se réunissent au petit dépôt de Strasbourg, puis sont envoyés rejoindre le gros du bataillon sur les rives du Danube.

 

. Le 30 juin 1809: Manœuvre de diversion.

L’Empereur dîne à Schoenbrünn en compagnie d’EUGENE, BERNADOTTE et DAVOUT et discutent d’arts et de lettres plutôt que de sujets militaires. Il dicte quelques ordres dont un, dans le but d’attirer l’attention des autrichiens sur un autre point que celui des futurs passages, ordonne à MASSENA de faire des préparatif pour envoyer une brigade sur la rive gauche, en empruntant le pont qui a servi à l’attaque d’avril. Ce simulacre devrait attirer l’attention des autrichiens.

. 23h00 : l’Empereur se couche après avoir demandé à MONTESQIOU à quelle heure se levait le jour. « Quatre heures, Sire ! Eh bien nous partirons à quatre heures pour l’île de Lobau … » Il demande de faire prévenir l’écuyer de service pour préparer les chevaux.

 

. Le 1er juillet 1809 :

. 3h00 du matin : L’Empereur se lève et convoque ANDREOSSY pour qu’il surveille étroitement VIENNE et fasse préparer les hôpitaux et hôtels pour recevoir les blessés. Il porte ensuite son quartier général dans l’île de Lobau, qui a été nommé, par les ingénieurs, « Ile Napoléon », les gens de sa maison y dressent la tente impériale. Une autre petite île, qui bat de ses feux le village d’Enzersdorf, porte le nom du « Duc de Montebello » (Lannes). Elle est armée de 10 mortiers et 20 pièces de 18. Une troisième, qui porte le nom « d’île Espagne », compte  6 pièces de position de 12 et 4 mortiers. Plus loin, sur la droite, « l’île Alexandre » porte 4 mortiers, 10 pièces de 12 et 12 pièces de position de calibre 6. Toute cette artillerie n’avait qu’un but, détruire en deux heures de temps le village d’Enzerdorf en chasser l’ennemi et détruire les ouvrages fortifiés. Celle de l’île Alexandre devait battre la plaine afin de protéger le déploiement de nos ponts.

. 4h30 : l’Empereur monte à cheval, escorté de deux hussards et d’un peloton de dragons de la Garde, et se rend à Kaiser-Ebersdorf. Il inspecte des défenses de l’île, passe des troupes en revue, inspecte et s’attarde sur plusieurs chantiers et va discuter familièrement avec les soldats, matelots et ouvriers présents. On manque d’ancres pour fixer les bateaux, les forges de campagne ne peuvent en fabriquer, peu importe, des ordres sont envoyés et c’est l’armée d’Italie qui en livre 60, très appréciées des pontonniers. Des fours à pain sont construits par les ouvriers maçons de l’administration, afin de nourrir la troupe. L’intendance multiplie les réquisitions dans la région, des bœufs,  des  provisions et de la farine amenés de Hongrie, viennent s’entasser au milieu de l’île. Du vin et de la bière, provenant des caves de Viennes, sont largement distribués aux soldats.

Il observe ensuite le passage de 3 bataillons, quand un aide de camp, arrivant « vente à terre » lui annonce des mouvements de troupes chez les autrichiens. Il passe le fleuve est se renseigne auprès de MASSENA, qui le rassure. Il veut tout de même se rendre compte par lui-même et se rend à l’observatoire du 4ème corps, qui se trouve sur une hauteur en face d’Essling, constitué seulement d’une grande échelle.

La première brigade de la division LEGRAND, a traversé le fleuve et abordé par surprise, deux postes autrichiens qui y cantonnent. 223 hommes sont pris. Des grenadiers hongrois arrivent à la rescousse, le général LEDRU a le cou traversé par une balle, on le ramène pour se faire panser. Les français se dégagent à la baïonnette après avoir testé les défenses autrichiennes.

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

Etat Major

LEDRU DES ESSARTS

Général de brigade

Blessé dans l’île de Lobau le 1er juillet 1809.

 

. Le 2 juillet 1809 : Ile Napoléon (Ile Lobau) :

L’Empereur consulte ses cartes et prend quelques dispositions. Si l’ennemi l’attend sur les anciens passages d’Essling, il va donc tourner l’autrichien par sa gauche, en débouchant en force par Mühlleiten et en se rabattant ensuite sur Breitenlee. Conformément aux instructions de l’Empereur à MASSENA, son 1er aide de camp, le Colonel Escorches de SAINTE-CROIX, passent avec 2 500 hommes (Grenadiers de la ligne) dans l’île du Moulin, en face du village d’Enzensdorf, où, à proximité, cantonne un régiment croate. Attaqués à l’improviste ils sont repoussés jusqu’au village fortifié. L’île, fortifiée et armée, est jointe à la rive gauche par un petit pont. Les défenses françaises sont consolidées par une flèche baptisée « Redoute Petit » en souvenir du général de brigade PETIT, tué le 3 juin dernier à la prise du pont de Presbourg, une autre, en cours de construction, se nomme « Redoute Essling ».

L’ordre est donné de détruire le village de Gross-Enzersdorf. Les canonniers, servants les pièces de 24, tirent si bien, qu’au 10ème coup, un incendie se déclare et embrase les toitures. Les habitants et les soldats autrichiens envoyés par le général NORDMANN tentent, en vain, d’éteindre ces incendies et vont s’abriter derrière les vieux remparts de pierres et de briques. L’archiduc, surpris de cette attaque, dégarnit aussitôt son aile gauche à Enzersdorf pour renforcer son aile droite à la grande satisfaction de l’Empereur.

. 23h00 : L’Empereur dicte des ordres pour le passage des troupes. Il prévoit le début de la bataille pour le 4 juillet prochain. OUDINOT remplace désormais LANNES au 2ème Corps. il formera l’avant garde. MASSENA occupera l’aile gauche et DAVOUT, l’aile droite. La deuxième ligne avec BERNADOTTE à gauche, MARMONT (Garde) et De WREDE au centre, le prince EUGENE à droite. Troisième ligne,  la réserve de cavalerie avec BESSIERES, soit 180 000 hommes, dont 20 000 cavaliers et 500 canons.

 

Ordre de l’Empereur :

« 1° Le 4 ; à l’heure que nous désignerons, le général Oudinot fera embarquer un général de brigade et quatre ou cinq bataillons de voltigeurs formant 1 500 hommes, au lieu qui sera indiqué par le capitaine de vaisseau Baste, pour s’emparer du Hansel-grund. Le capitaine e vaisseau Baste, avec huit bateaux armés, marchera devant et protègera leur débarquement par une vive canonnade, en enfilant les batteries ennemies qui, en même temps, seront canonnées par nos batteries.

2° Le général Bertrand donnera des ordres pour que le 3, à six heures du soir, il y ait quatre bacs près du lieu où l’on doit jeter le pont de l’embouchure, avec des marins et des agrès nécessaires à la navigation avec un treuil et une cinquenelle. Aussitôt que le débarquement qui doit avoir lieu sera exécuté, conformément à l’article 1er, le général Oudinot fera placer 800 hommes dans ces quatre bacs et les dirigera pour débarquer au pied de la batterie ennemie. Au même moment, une cinquenelle sera jetée; ces quatre bacs s’y attacheront et serviront à transporter des troupes à chaque voyage qu’ils feront, en se servant de cette cinquenelle.

3° (Autres instructions …)

4° le capitaine de vaisseau Baste s’emparera de l’île de Rohr-Haufen, et enverra des barques pour flanuer la droite. Deux pièces de 6 seront débarquées à terre pour faire une batterie qui battra le Zahnet et flanquera toute la droite. Il fera soutenir cette batterie par 200 marins armés de fusils.

(Autres instructions pour le corps du duc de Rivoli, Davout, Bernadotte, la Garde …)

25° il y aura deux bâtiments de guerre, armés de pièces de canon, en station entre Stadlau et la rive gauche, tant pour inquiéter l’ennemi que pour prévenir de ce qui viendrait à leur connaissance et des entreprises que l’ennemi voudrait faire contre les ponts ou tout autre point de la rive droite, et pour arrêter les brûlots qu’ils voudrait envoyer. Deux autres bâtiments armés seront placés entre Aspern et notre pont, pour inquiéter ce que l’ennemi a dans les îles et observer ses mouvements. Le reste des barques armées se tiendra sur notre droite pour protéger la descente et toute notre droite.

Napoléon ».

. Le 3 juillet 1809 :

. 2H00 de l’ après midi : Ile Napoléon (Lobau): Ordre de l’Empereur :

« Ordre.

Le général commandant le génie, le général commandant l’artillerie et le commandant des marins sont prévenus que le passage aura lieu dans la nuit du 4 au 5, depuis minuit jusqu’à 3 heures du matin, selon l’ordre précis qui sera donné.

Napoléon ».

 

. 23h00 : l’Empereur dicte de nouveaux ordres pour le passage des troupes qui aura lieu le lendemain. Le temps est à l’orage et il tombe, par intermittence, de fortes averses de pluie,  les ouvriers et marins font des prodiges pour que le matériel tienne bon sous ce déluge.

 

. Le 3 juillet 1809 : Vienne. Parution du 24ème Bulletin de la Grande Armée. (Extrait).

 « (…) Enfin, il n’existe plus de Danube pour l’armée française ; le général comte Bertrand a fait exécuter des travaux qui excitent l’étonnement et inspirent l’admiration. Sur la largeur de 400 toises et sur un fleuve le plus rapide du monde, il a, en 15 jours, construit un pont formé de soixante arches ou trois voitures peuvent passer de front, un second pont de pilotis a été construit, mais pour l’infanterie seulement, et de la largeur de 8 pieds. Après ces deux ponts, vient un pont de bateaux (…) Ces trois ponts sont assurés contre toute insulte, même contre l’effet des brûlots et machines incendiaires, par des estacades sur pilotis, construites entre les îles, dans différentes directions, et dont les plus éloignées sont à 250 toises des ponts. Quand on voit ces immenses travaux, on croit qu’on a employé plusieurs années à les exécuter ; ils sont cependant l’ouvrage de 15 à 20 jours : ces beaux travaux sont défendus par des têtes de pont ayant chacune 1600 toises de développement, fermées et entourées de fossés plein d’eau. L’île de Lobau est une place forte. Il y a des manutentions de vivres, 100 pièces de gros calibre et 20 mortiers ou obusiers de siège en batterie. Vic à vis d’Essling, sur le dernier bras du Danube, est un pont que le Duc de Rivoli à fait jeter hier, (…) Le Danube est là d’une grandeur de 400 toises ( …) Les ouvrages sur le Danube sont les plus beaux ouvrages de campagne qui aient jamais été construits. »

Au cours d’une reconnaissance à cheval, MASSENA fait une chute et se blesse à une jambe, il utilisera une calèche pour se faire transporter sur le champ de bataille. Les troupes passent la nuit à défiler sur les ponts, l’île de Lobau se remplie d’hommes, de chevaux et de canons attelés, un nombre important de pièces d’artillerie sont transportées sur des bateaux.

 

. Le 4 juillet 1809 : Ile Napoléon (Lobau) :

. 9h00 : La chaleur est étouffante, quand un orage éclate, BERTHIER s’en inquiète à l’Empereur et lui propose de retarder le début de l’attaque. Celui-ci refuse afin de ne pas perdre de temps et empêcher l’archiduc CHARLES de recevoir les renfort de l’archiduc JEAN et ses 13 000 hommes.

Nouvel ordre de l’Empereur qui modifie celui de la veille en raison du mauvais temps.

« Ordre.

. Passage du général Oudinot.

Ce soir, à huit heures, les quatre bacs et les bateaux pontés destinés à former le pont de bateaux partiront de manière à arriver à leur emplacement à neuf heures, nuit faite.

A huit heures, le général de brigade Couroux et 1 500 hommes s’embarqueront au pont.

A neuf heures, les bateaux portant ces troupes appareilleront avec les barques armées et iront débarquer dans l’endroit convenu. Ainsi, ce débarquement aura lieu à neuf heures et demie.

Notre batterie de six pièces de canon commencera son feu aussitôt qu’elle apercevra arriver les bateaux, et on aura soin que les pièces placées pour prendre d’écharpe la batterie ennemie finissent leur feu aussitôt que nos bateaux commenceront le leur. Le général de division Tharreau se trouvera à la batterie et fera embarquer sur les bacs le reste de la brigade Couroux. A cet effet, les bacs entreront vides dans la rivière ;on jettera une cinquenelle et on se servira de tous les bateaux pour passer toute la division Tharreau.

Le pont de bateaux  commencera aussitôt la batterie prise, et le capitaine des pontonniers fera faire son pont. Une compagnie de sapeurs passera avec des officiers du génie pour couper des arbres, faire une tête de pont et tracer le chemin sur la Maison blanche.

. Instructions pour le général Tharreau :

La première chose à faire est de s’emparer de toute l’île de Hansel-Grund jusqu’au canal, de jeter les trois ponts sur le petit canal. Alors une division marchera sur le village de Mühlleuten, une autre sur la Maison Blanche. Le colonel Baste prendra possession de l’île de Rohr-Haufen, comme cela a été dit, et flanquera non seulement le Zahnet, mais encore la plage jusqu’au village de Schönau, et fera connaître tout ce qu’il y aura là de nouveau. Une barque armée remontera aujourd’hui le Danube le plus tôt possible, ira se poster pour menacer du côté d’Aspern et veiller à ce que l’ennemi ne puisse faire aucun mouvement sur les îles Masséna ; une autre se portera du côté de Stadlau pour le même objet.

. Passage de l’Ile Alexandre :

Aussitôt qu’on saura que le passage du général Oudinot a réussi, on commencera le passage à l’île Alexandre et on tâchera de faire la jonction des deux colonnes le long de la rivière. A cette effet, les bacs passeront d’abord cinq pièces de canon et 1 500  à 1 600 hommes, ou plutôt autant d’hommes que les cinq bacs en pourront porter, de la division Boudet.

Le pont d’une pièce servira sur-le-champ à passer le reste de la division Boudet et les divisions Molitor et Saint-Cyr. Les bacs passeront l’artillerie jusqu’à ce que les deux autres ponts soient jetés.

Au même moment, on donnera l’ordre aux batteries de l’île Lannes, de l’île Espagne, aux grandes batteries intermédiaires et à celles de l’île du Moulin de commencer leur feu, lequel sera continué toute la nuit avec la plus grande activité.

Un officier du génie, avec la plus grande partie des sapeurs tracera sur-le-champ, avec beaucoup de sacs à terre et gabions, une tête de pont, formées de quatre à cinq redoutes, faisant un système de 1 500 à 1 600 toises. Aussitôt que ces redoutes seront en premier état de défense, on placera les pièces de position et les mortiers dans ces redoutes. Le bateau armé qui sera du côté d’Aspern cherchera des positions où l’ennemi n’ait pas de batterie, pour tirer et faire diversion. Un officier du génie sera spécialement chargé de reconnaître le petit canal où débarquera le général Oudinot ; il verra s’il est guéable. On pourrait construire sur le chemin allant à Zahnet un petit ouvrage pour assurer la droite. Les bateaux armés doivent donner de l’inquiétude sur toute la rive gauche et faire un grand fracas de leur artillerie ; mais ils doivent spécialement flanquer la droite du général Oudinot.

                                                                Le Major général, Prince de Neuchatel *» 

·        Sous la dictée de l’Empereur.

 

. 20H45 : L’Empereur transmets verbalement quelques ordres au colonel BASTE.

. 21H00 : L’Empereur ordonne le début de la canonnade sur la ville d’Enserdorf, avec la baterie Lobau, des incendies se déclarent et embrassent la ville.

. 21H00 : Le colonel BASTE se rend à son poste aux ponts d’Ebersdorf. Il a à sa disposition : huit bateaux canonniers, trois bateaux moyens et vingt bateaux de transports devant transporter les 1 500 hommes du général OUDINOT, commandé par le général de brigade COUROUX.

. 21h15 : Le 2ème corps arrive et se place près d’un équipage de pont et d’une batterie de grosse artillerie. Le vent souffle en tempête, le général OUDINOT descend de cheval et fait embarquer son aide de camp VAN BERCKEM et les 1 500 voltigeurs présents du général COUROUX. Au milieu des flots, la petite expédition essuie quelques coups de feu de l’autre rive, aussitôt éteint par un tir à mitraille d’un canon à proximité. Le colonel BASTE, dirige ses bateaux canonniers et barques à mantelets. Le lieutenant de vaisseau BENOIST (8ème Cie/44ème ) marche en tête des vingt transports, sur un bateau moyen bien armé sur lequel se trouve aussi le général COUROUX.

. 21H30 : La flottille arrive par le travers des batteries ennemies. Avant d’être embossée, les Autrichiens font une première décharge de canons et de mousqueterie. Le colonel BASTE à bord du bateau canonnier Le Saint Hilaire est à une demi-portée de pistolet du rivage. Ses trois canons de six et son obusier de 6 pouces tirent en même temps. La fusillade se généralise et tous les bateaux se mettent à tirer, appuyés par les batteries de terre en face de celles de l’ennemi. Les bateaux s’embossent sur l’île de Muhllenten. La troupe débarque sous le feu, c’est alors que l’Empereur fait abattre le rideau de végétation et d’arbres qui cachait une batterie d’obusiers installée sur l’île « Montebello. Un déluge de feu s’abat sur les positions autrichiennes, dont les batteries sont bientôt écrasées. Les marins de BASTE s’emparent d’un canon de 3. Le sergent-major DESCHAMPS (7ème Cie/44°), KERDELLANT (9ème Cie/44°), LEQUELEC (4ème Cie/44°); les sergents MARTIN et NOEL (5ème  Cie/44°) sont ceux qui abordent les premiers la batterie ennemie, suivi des 1 500 voltigeurs. En moins d’une heure les Autrichiens retranchés dans les bois en sont chassées et fuient jusqu’au village de Muhllenten.  Plus de 100 pièces d’artillerie tirent simultanément jusqu’à Aspern, forçant l’ennemi à s’abriter. BASTE repositionne les huit bateaux canonniers chargés de protéger le débarquement des troupes. Il fait partir deux bateaux canonniers, le Lodi (Capitaine DUMONT), et l’Arcole (Lieutenant FOUCHARD, 6ème Cie/44°). Ils doivent remonter le Danube pour canonner l’ennemi dans les îles vis-à-vis le Prater, puis d’aider les bateaux moyens à arrêter tout ce qui pourrait descendre du fleuve et menacer les ponts d’Ebersdorf. Ils sont également chargés de soutenir la gauche du corps du maréchal MASSENA. Ces deux bateaux vont occuper l’ennemi durant toute la nuit du 4 au 5 et une partie de la journée du 5. Ce sont près de 20 bateaux moyens armés en péniche, 3 brûlots chargés d’environ 5 000 livres de poudre, 2 barques chargées de pierres, 3 autres chargées de terre et 2 moulins flottants sont arrêtés par les marins. Les barques chargées de terre et de pierres sont brûlées, celles contenant les moulins sont amarrées sur une île, les combustibles des brûlots et la poudre sont récupérés puis remis à l’artillerie. Le capitaine PARMENTIER  (5ème Cie/44°) a fait des prodiges. BASTE se félicite d’avoir demandé et obtenu pour lui la croix de la Légion d’Honneur à l’affaire du 21 juin dernier.

23h00 : Sur la gauche, MASSENA attaque Enzersdorf, ses canons couvrent d’obus et de boulets le village, tandis que l’artillerie autrichienne fait un feu continu sur l’île de Lobau. Les pontonniers, ouvriers et marins de flottille font des prodiges pour maintenir les ponts en état, malgré des pertes sensibles.

Le lieutenant DUMONT (2ème Cie/44°) a trois de ses hommes blessés. Le lieutenant FOUCHARD (6ème Cie) a un homme tué à bord de sa canonnière qui a reçu plusieurs boulets. BASTE demande la croix  pour le sergent-major PAQUET (5ème Cie), le sergent-major REAL (6ème Cie/44°), qui, à deux lieues au-dessus des ponts d’Ebersdorf, ont interceptés puis envoyé des grappins sur des brûlots, sauté à leur bord et éteint un incendie qui allait se communiquer à  5 barils d’environ 300 livres de poudre. Le Fourrier FRAPPIER (6ème Cie/44°) a montré beaucoup de sang-froid et de mérite en faisant la même opération sur un autre brûlot. L’Ouvrier GUILBERT (2ème Cie), le sergent BRICHE  (2ème Cie/44°), le matelot PARQUET  (5ème Cie/44°), le novice trompette FLEUREAU (1ère Cie/44°) se sont tous distingués dans cette affaire.

 

Les troupes de débarquement renversent tous les Autrichiens qu’ils trouvent devant eux. Les batteries de gros calibres foudroient la ville d’Ezersdorf  qui brûle de toute part, et balaient tout ce qui se trouve en avant de l’île Napoléon (Lobau). Les marins de BASTE poursuivent l’ennemi d’île et île jusqu’à Orth, à 4 lieues au dessous des ponts, sur la rive gauche du fleuve. De nombreux  ennemis sont tués par la violente canonnade des bateaux canonniers et plusieurs sont faits prisonniers. Les pertes à bord des 8 canonnières sont de 3 hommes tués et 39 blessés grièvement.

BASTE demande aussi des récompenses pour le capitaine REGNAULT, major du 44°, il commandait l’avant-garde de la flottille sur le Rivoli, il avait rendu de grands service à Vienne pour l’armement de la flottille et l’aménagement des transports.  Etant déjà Chevalier, il demande la croix d’officier de la L.H.. le capitaine LEFEBURE (ou Lefebvre) (2ème Cie/44°) blessé lors des combats, le capitaine RIGOULT (3ème Cie/44°) sur le Iéna, le capitaine CHATELLAIN (4ème Cie/44°) sur le Montebello, le capitaine GAUVIN (6ème Cie/44°) sur l’Eckmühl, le capitaine THUILLIER (7ème Cie/44°) sur le Montenotte, le capitaine DEBOISSES (8ème Cie/44°), le capitaine DESTRAIT (9ème Cie/44°) tous les deux sur le Rivoli,  le capitaine adjudant major ARMAND sur l’Arcole, ce dernier a rendu de grands services aux sonnettes des ponts d’Ebersdorf ; le lieutenant BRUNETEAU (5ème Cie/44°), capitaine de pavillon de BASTE sur le Saint Hilaire. Il demande la légion d’Honneur pour le capitaine d’Artillerie de marine GAUDIN (5ème Cie/OM) qui s’était déjà maintes fois distingué et commandait l’artillerie de la flottille durant la nuit du 4 au 5 juillet. D’autres, comme le Tambour-major du 44ème, faisant fonction de Maître canonnier sur le Saint-Hilaire s’est fait remarquer. Il s’était déjà distingué le 14 thermidor an XII, au Havre, étant déjà Maître canonnier sur la canonnière n° 151. Le 1er sergent FAUCHET (1ère Cie/OM) et le caporal BETOURNE (3ème Cie/OM), tous les deux embarqués sur le Saint-Hilaire se sont bien battus.

 

. Les 5 juillet 1809 : Bataille de Wagram :

. 3h00 : OUDINOT traverse le fleuve avec son état-major et assiste au défilé des 30 000 hommes de son corps d’armée dont la dernière colonne passe vers 7h00. Il lance ses attaques sur Muhleuten et s’empare, avec ses grenadiers et Portugais, du château de Sachsengang où il fait 1 200 prisonniers. Ses colonnes se mettent en marche à travers les champs de blé vers Rutzendorf.

L’Empereur se tient en avant du village de Grosshofen  pour observer les combats.

9h00 : le corps d’OUDINOT se met en ligne avec le reste de la Grande Armée. Le 46ème de ligne, du corps de MASSENA, attaque Enzersdorf occupé par les autrichiens de NORDMANN. Ce bourg est entouré de muraille crénelée, précédé d’une digue en forme de parapet, assez peu démontée par l’artillerie. Des ouvrages défensifs ouvraient les portes et les environs. Sous les ordres de SAINTE-CROIX et PELET, le 46ème de ligne enlève tout dans son élan et poursuit les autrichiens dans les reins, le général NORDMANN périt durant le combat. Quelques renforts ennemis, abrités derrière des murs, font un feu terrible sur les français qui tentent d’escalader les murailles près de la porte du midi. Des sapeurs enfoncent la porte par laquelle les grenadiers s’engouffrent et bousculent 3 à 400 soldats du 44ème régiment autrichien (de Bellegarde) qui se réfugient dans le château situé au milieu du bourg où fusillés de près, ils déposent les armes. Le général REYNIER, qui est aussi ingénieur, est chargé de protéger la tête de pont et de garder l’île de Lobau avec ses 7 bataillons.

L’Empereur fait établir son bivouac près des villages de Grosshofen et Margraf-Neusiedt, où, fatigué il s’endors sur une chaise les bras croisés.

 

. Etat des pertes chez les marins, les 3, 4 et 5 juillet :

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

44ème de Flottille

LEFEBURE ou LEFEBVRE

Lieutenant de vaisseau

Blessé le 3 juillet.

2ème Cie

Le Lodi

?

Matelot

Blessé le 3.

2ème Cie

Le lodi

?

idem

Blessé le 3.

2ème Cie

Le Lodi

?

idem

Blessé le 3.

6ème Cie

L’Arcole

?

Matelot

Tué par un boulet.

 

 

 

3 tués et 39 blessés, le 5 à bord des canonnières de BASTE.

5ème Cie

PAQUET

Sergent-Major

 

6ème Cie

REAL

Sergent-Major

 

6ème Cie

FRAPPIER

Fourrier

 

44° de Flottille

Saint Hilaire

CHEYLAUD

Tambour Major

Maître Canonnier

 

2ème Cie/44°

BRICHE

Pierre

Sergent

Ou Caporal

(Quartier Maître)

Matricule 1228, né le 12 septembre 1779. Blessé le 5 juillet 1809 à Wagram à bord du .bateau canonnier n°2. Sera affecté au 45ème bataillon de marine.

5ème Cie/44°

PARQUET

Matelot

 

 

FLEUREAU

Novice Trompette

 

44ème de Flottille

Le Rivoli

REGNAULT

Lieutenant de Vaisseau

Major

CLH

6ème Cie/44°

DESTOUCHE

Jean

Matelot

3ème classe

Matricule 1236, né le 19 septembre 1782. Incorporé le 1er avril au 2ème Régt de flottille (44ème), blessé d’une balle au bras droit le 5 juillet 1809, dans l’île de Lobau.

6ème Cie/44°

Le Saint Hilaire

BAZIRE

2ème Lieutenant

 

4ème Cie/44°

DELABARE

Sergent

 

44ème de flottille

TRONCHERE

Chirurgien Major

 

1ère Cie/OM

Le Saint Hilaire

FAUCHET

1er Sergent

 

3ème Cie/OM

Le Saint Hilaire

BETOURNE

Caporal

 

2ème Cie OM

GILBERT

Ouvrier

Aux 5 bacs de l’île  Alexandre.

2ème Cie/OM

BOURDIGNON

2ème Lieutenant

Idem.

4ème Cie/OM

FULBERT

Lieutenant

Idem.

7ème Cie/OM

BOULANGER

2ème Lieutenant

Idem.

Génie Maritime

GILBERT

Capitaine

Ingénieur de la Marine

Idem.

Génie Maritime

MOREAU

Capitaine

Ingénieur de la Marin

Idem.

7ème Cie/OM

GONZAL

Caporal

Idem.

 

TREJASSON

Conscrit Marin

Idem.

4ème Cie/OM

GOYON

Ouvrier Militaire

Idem.

4ème Cie/OM

GODET

jacques

Ouvrier Militaire

Idem.

Artillerie de Marine

Ouvriers Militaires Marine

ROBIC

Capitaine

Chargé de la confection des canons de la flottille.

Génie Maritime

LANGLOIS

Capitaine

 

Génie Maritime

HAMART

Capitaine

 

Génie Maritime

DANIEL

Capitaine

 

Génie Maritime

GUILLEMART

Capitaine

 

Ouvriers Militaires Marine

LAUGIER

Chirurgien Major

 

92ème de Ligne

RENSONNET

Roland

Grenadier

Né à Grand Rechin (B) Tué d’un boulet le 6 juillet.

108ème de Ligne

BOURDON

Voltigeur

Né à Lyon. S’est déjà distingué au combat de Thann. A la jambe droite emportée par un boulet.

 

. Le 6 juillet 1809: Bataille de Wagram :

L’Empereur a fait établir son QG à Raasdorf pour suivre une partie de la bataille.

. 4H00 du matin : Rosenberg commence son offensive et dévale les pentes du Rossbach t tombe sur DAVOUT.

. 5H00 : L’action recommence plus vivement que la veille. L’archiduc CHARLES, qui n’avait fait que se défendre, attaque et enlève Aderklaa à BERNADOTTE. Le 4° corps autrichien, au cours d’une attaque enveloppante, déloge l’avant-garde du maréchal DAVOUT de Grosshofen et de Glinzendorf. Les aigles du 4ème de ligne et du 24ème légers sont perdues. Après une heure de combats, les autrichiens font retraite vers les hauteurs avoisinantes. Une formidable canonnade se prolonge sur toute la ligne. L’archiduc faisant une attaque générale repousse les saxons de BERNADOTTE qui se jettent sur les troupes de MASSENA, portant un moment le trouble dans les rangs français. L’Empereur intervient et monte un instant dans la calèche de MASSENA pour se montrer à la troupe, qui, rassurée, se remet en ordre et fait face. Un peu plus tard, l’Empereur dit au général LAURISTON : «  Prenez 100 pièces d’artillerie, dont 60 de ma garde, et allez écraser les masses ennemies ! » L’archiduc CHARLES est ébranlé par cette formidable canonnade, ses unités sont partout enfoncées, ses canons abandonnés ou détruits, sa cavalerie repoussée. La bataille est perdue pour les autrichiens qui retraitent en bon ordre vers la Moravie.

. 6H00 : Six escadrons des restes de la division DUPAS, très éprouvée la veille, s’élancent sous le feu terrible des autrichiens retranchés dans les maisons. Les cavaliers sont contraints de se replier.

. 7H30 : L’archiduc Charles veut couper l’Empereur de ses bases et cherche à percer le long du Danube avec son 4ème corps. Le 4ème de ligne, le 24ème léger et enfin le 46ème de ligne soutiennent le choc et finissent par mettre en déroute les troupes de BELLEGARDE.

. 8H00 : L’archiduc tente de rallier les fuyards  et ramène son infanterie sur Aderklaa contre deux régiments français à découvert (4ème de ligne et 24ème Léger), qui sont aussitôt assaillis par des dragons autrichiens et canonnés. Il perdent leurs colonels, et leur drapeaux sont pris. Aderklaa est abandonné. MOLITOR vient à la rescousse, ses canons font des trouées dans les rangs autrichiens. STUTTERHEIM est atteint par un boulet, aussitôt remplacé par l’archiduc Louis. Les français reprennent le village.

. 8H30 : L’Empereur, monté sur son cheval Euphrate,  rencontre BERNADOTTE et lui dit d’aller soutenir le duc de Rivoli, puis il va rejoindre MASSENA dans sa calèche, sous une pluie de boulets.

. 9H30 : L’artillerie de la Garde se porte en avant pour appuyer la charge des Chasseurs à cheval et Chevau-légers Polonais. Elle compte 60 pièces de la Garde, 30 de l’armée d’Italie et 12 attachées à la grosse cavalerie, tirés par 600 chevaux,  le tout formant « La Grande Batterie ».

 11H00 du matin : La Grande Batterie ouvre le feu sous les ordres de DROUOT. Les boulets et la mitraille fauchent tout d’Aderklaa à Sussenbrünn. BESSIERE est légèrement contusionné par une chute du à un boulet qui a tué son cheval sous lui.

11H45 : OUDINOT a l’oreille droite traversée par une balle. Le chirurgien CAPIOMONT le panse aussitôt.

13H00 : BOUDET qui s’était replié devant la Lobau, protégé par l’artillerie de REYNIER, est enfin dégagé. MASSENA conduit lui même l’attaque sur Essling. Tout le terrain entre le Danube et la chaussée de Vienne est désormais dégagé. CARRA-SAINT-CYR reprend Aspern.

14H00 : PELET apporte à l’Empereur le compte-rendu de MASSENA. Toutes les positions perdues ont été reprises, le 4ème corps marche sur Kagran.

. 19H00 : L’Empereur s’est installé sur un tertre à l’ouest d’Aderklaa et observe le champ de bataille.

. 20H00 : Près du village de Léopoldau  le corps autrichien du général Klenau, dont les bataillons d’infanterie sont formés en carrés, bat en retraite. Le général LASALLE, dont les hussards sont épuisés, prend la tête de plusieurs escadrons du 1er Cuirassiers, qui formaient la réserve de cavalerie (Division St Sulpisse, Brigade Fiteau), et charge un bataillon hongrois du régiment Duka, qu’il détruit à moitié. C’est au cours de l’action, il reçoit une balle en pleine tête le tuant net. LARREY est appelé d’urgence, mais ne pouvant rien pour le général, fait transporter le corps sur un chariot au palais Rasumoffsky, escorté par un chasseur à cheval.

L’Empereur décide de bivouaquer sur place. Il organise les secours aux blessés et fait réquisitionner les paysans pour rassembler et ensevelire les morts. Il fait dresser sa tente au nord-ouest de Raasdorf.

 

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

Etat-Major

LACOUR

Général

Tué

 

GAUTHIER

Général

Tué

 

LASALLE

Général

Tué d’une balle au front.

 

BESSIERES

maréchal

Blessé.

 

FRIANT

Général comte

Blessé d’un éclat d’obus à l’épaule.

 

GUDIN

Comte de la Sablonnière

Général comte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chasseurs à cheval

Garde Impériale

DAUMESNIL

Colonel

 

Blessé une jambe emportée par un boulet.

Chasseurs à cheval

Garde Impériale

CORBINEAU

Colonel

 

Blessé

Aide de camp

MASSENA

SAINTE CROIX

Colonel

Aide de camp

27 ans. Blessé au tibia par un boulet.

Aide de camp

MASSENA

BARAIN

Capitaine

Aide de camp

Blessé d’un bras emporté par un boulet le 6 juillet.

EM Génie

HEIMRATH

Capitaine

Tué le 6 juillet.

 

PROVISIER

Lieutenant

Blessé le 6 juillet, mort le 16.

 

LEGRAND-MOLLERAT

Major

Blessé le 6.

 

BOUTIN

Chef de Bataillon

Blessé le 5.

 

BODSON DE NOIRFONTAINE

Capitaine

Blessé le 6.

 

BARBOLIN

Lieutenant

Blessé le 6.

 

SION

Lieutenant

Blessé le 6.

1er Bataillon du Génie

BLAY

Capitaine

Blessé le 5.

21ème de ligne

JOBERT

Jean-Baptiste

Sous lieutenant

Blessé le 29 juin et une autre fois le 6 juillet.

 

 

 

45 officiers hors de combat dont 14 tués.

 

DECOUZ

Colonel

Est nommé général de brigade.

 

DUCREST

Major

Blessé. Nommé colonel du 21ème de ligne.

 

SENECHAL

sergent

S’est distingué à Auerstaedt, blessé, il fait prisonnier 24 autrichiens. Il sera nommé sous lieutenant.

 

FAYETTE

Grenadier

Aide Sénéchal dans son action. Recevra la croix.

 

 

 

 

92ème de ligne

RENSONNET

Thomas Joseph

Grenadier

Né à Grand Rechain (B), tué d’un boulet le 6.

108ème de ligne

BOURBON

Voltigeur

Né à Lyon, Sa jambe droite est, en partie, emportée par un boulet. Il est amputé sur place.

 

SAINTE-CROIX

Colonel

Aide de camp

MASSENA

Blessé légèrement par un boulet le 6 juillet.

9ème de ligne

 

 

26 officiers hors de combat dont 13 tués.

 

GALLET

Colonel

Tué

 

MEUNIER

Etienne

Capitaine

 Adjudant Major

Né à Gilocourt (Oise) CLH, blessé d’un éclat d’obus à la cuisse gauche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VERDUN

Caporal de Grenadiers

Porte Aigle

Tué en défendant l’Aigle du régiment.

4ème de ligne

 

 

L’aigle du 3ème bataillon prise par le régt Autrichien Guylai.

 

BOYELDIEU

Colonel

Blessé

 

 

 

 

24ème Léger

 

 

 

 

POUREILLY

Colonel

Blessé ( ?)

 

CHENEL

Chef de bataillon

3ème bataillon. Blessé et mort le 15 août suivant.

 

Trophées perdus :

France : Perte  d’une aigle du 3ème bataillon du 4ème de ligne et d’une autre appartenant à un bataillon du 24ème léger. 3 drapeaux Saxons et un drapeau hessois sont également pris. Plusieurs généraux et colonels tués, 21 généraux et 12 colonels blessés.

Autriche : Pertes évaluées à 24 000 tués ou blessés, 3 généraux morts, (ASPRE, d’origine française, NORDMANN et WUKASSOWITZ), 10 généraux blessés, 20 000 prisonniers,30 canons et quelques drapeaux.

 

. Le 7 juillet 1809: Wolkersdorf :

L’Empereur décide de passer en revue la division du général Boursier. Il s’arrête devant le 84ème de ligne et s’adressant au colonel Gambin : «  Colonel, je suis content de la bravoure de votre régiment, vous ferez graver sur vos aigles ‘’ Un contre dix ‘’. ». Puis il se rend à Wolkersdorf où fait établir son QG dans une maison du village et y reste jusqu’au 9.

 

. Le 8 juillet 1809 : Wolkersdorf. 25ème Bulletin de la Grande Armée. (Extrait) :

« Les travaux du général comte BERTRAND et du corps qu’il commande… »

L’Empereur envoie Davout rejoindre le corps de cavalerie de Marmont en espérant omber sur les arrières de l’archiduc Charles.

. 8H00 : Masséna dépasse korneubourg et débusque le corps de Klenau à Stockerau et lui prend 400  prisonniers. Les Autrichiens prennent la route de Znaïm.

 

. Le 9 juillet 1809 : Hollabrünn :

Le 4ème corps de Massena parvient à rejoindre le 6ème corps Autrichien de Klenau, comptant près de 17 000 hommes.  Ce village est le siège de violents combats. Les Autrichiens de Walmoden et de Mariassy, soutenus par les hussards de Liechtenstein tiennent bon. La ville est prise dans la nuit. L’ennemi abandonne la route de la Moravie pour celle de la Bohême. Marmont suit l’arrière garde de Rosenberg jusqu’à Laa où la troupe se livre à beaucoup d’excès. Marmont fait fusiller, pour l’exemple, deux meneurs. Selon les informations reçues, le corps de Rosenberg semble reprendre la route de Moravie vers Brünn

L’Empereur est toujours à Wolkersdorf. Avant de se lancer à la poursuite des Autrichiens, il doit remettre un peu d’ordre dans ses propres troupes. Il organise l’arrivée des vivres et des munitions par voies de terre et fluviale. Il envoie des troupes fraîches en direction de la Moravie et de la Bohême suivants les informations qui lui parviennent. Masséna reçoit l’ordre de marcher en direction de la Bohême par Stokerau et Hollabrünn pour se rendre à Znaïm.

 

. Le 10 juillet 1809 : Znaïm :

Le temps est exécrable, car il ne cesse de pleuvoir.

. 10H30 : Davout reçoit l’ordre de se rabattre sur Znaïm et d’abandonner la poursuite de Rosenberg. Le 11ème corps marche le long de la Taya, rivière dont le lit est étroit entre les rocs. Elle arrose une plaine marécageuse et passe par Laa et Znaïm. Les Autrichiens traversent la ville et passent le pont pour gagner rapidement la Bohême. Ne pouvant attaquer seul, Marmont décide de canonner le pont, tandis qu’il envoie trois de ses aides de camp prévenir l’Empereur. Il repousse les offres d’un parlementaire Français au service de l’Autriche (M. de Fresnel), venu demander la cessation des hostilités.   L’Empereur prévenu, sait que Masséna est en contact avec l’arrière garde de l’archiduc, le prince de  Reuss à Hollabrünn, d’où il entend tonner le canon. Ce dernier se replie en ralentissant la marche des Français.

. 11H00 : Marmont arrive devant Znaïm que l’archiduc occupe depuis le matin.

. 20H00 : Masséna s’arrête à Jetzlsdorf.

 

. Le 11 juillet 1809 : Znaïm :

 

. Le 13 juillet 1809 : A Strasbourg.

Une compagnie d’Ouvriers, venant de Boulogne, est arrivée à Strasbourg.  Elle doit rejoindre l’armée à Ulm.

 

. Le 14 juillet 1809 : Vienne. 28ème Bulletin de la Grande Armée. (Extrait) :

« Le Danube a crû de six pieds, les ponts de bateaux qu’on avait établis devant Vienne depuis la Bataille de Wagram, ont été rompus par les effets de la crue. Mais nos ponts d’Ebersdorf, solides et permanents, n’en ont pas souffert. Les ponts et les ouvrages de l’île de Lobau sont le sujet de l’admiration des militaires autrichiens prisonniers (...) »

 

. Le 16 juillet 1809 :

Après avoir visité le champ de bataille, l’Empereur va prendre ses quartiers dans une maison de Wagram.

 

. le 17 juillet 1809 : Strasbourg.

Une compagnie de marins, partie de Rochefort, vient d’arriver à Strasbourg. Elle doit continuer sa route pour rejoindre l’armée à Ulm.

 

. Le 17 juillet 1809 : Arrivée du gros des Marins de la Garde impériale à Vienne.

Les Marins de la Garde, (4 officiers et 110 matelots) partis d’Amiens, se sont s’arrêtés à Ulm. Du château de Schönbrunn, l’Empereur, sachant les marins de sa Garde et d’autres détachements de marine à Ulm, expédie des instructions au major général pour qu’ils s’embarquent sur des bateaux chargés de vivres, de grains, d’effets et de munitions, destinés à l’armée. « A la suite de la Garde, il y aura un équipage de 60 pontons, 60 haquets portant leurs poutres, madriers, ancres et cordages etc. Il y aura à la suite des 60 pontons de la garde, le colonel, directeur des ponts, 3 à 4 compagnies de pontonniers, les marins de la garde (2 compagnies) quand ils seront arrivés et une ou deux compagnies des bataillons de marine (44ème de flottille et Ouvriers de marine) ». Malheureusement, les instructions concernant les marins de la Garde ne seront pas exécutés, ayant reçus d’autres ordres entre temps.

 

. Le 17 juillet 1809 : Schönbrunn : Lettre du Major Général BERTHIER au Gl BERTRAND :

«  L’Empereur ordonne que tous les bateaux armés restent à Ebersdorf, que le pont d’une pièce soit démoli et que les 4 bacs remontent à Vienne. L’intention de S.M. est que tous les bateaux qui peuvent se trouver sur le bras du Danube dit du Lobau, soient remontés et amarrés à la tête de pont, tous les autres seront brûlés, de sorte qu’à dater du 18 ou du 19 à midi, au plus tard, il n’y ait pas un seul moulin, ni un seul moyen de passage sur le bras du Lobau, excepté les bateaux remontés et amarrés à la tête de pont. 

…L’Empereur ordonne, Général, que vous envoyiez 3 officiers de marne, savoir : 1 à Ulm, 1 à Ratisbonne et 1 à Litz, lesquels correspondront avec le général Lariboisière, commandant l’artillerie, et avec l’intendant général pour activer et assurer la navigation du Danube, de manière que tout ce qui est nécessaire à l’armée puisse y arriver rapidement. Vous garderez à Vienne pour le service d’Ebersdorf, la 8ème partie des marins et vous enverrez le surplus à Passau, pour faire le service de la navigation de Passau à Vienne ; ols y gréeront une grande quantité de bateaux pour amener des blés, des biscuits, des objets d’artillerie et les effets d’habillement et d’équipement pour l’armée. Le colonel Baste restera à Vienne, il verra l’intendant général et le général Lariboisière et correspondra avec eux pour activer la navigation, l’arrivage des subsistances, tant pour Vienne que pour l’armée, celle des munitions de guerre, etc.

ALEXANDRE. »

 

. Le 17 juillet 1809 : Ordre du Major Général au Commissaire des guerres en résidence à Ulm :

« On lui expédie un ordre pour que tous les marins de la garde et autres marins venant de Paris s’arrêtent à Ulm où ils s’embarqueront sur des bateaux chargés de vivres, de grains, de munitions et d’effets destinés à l’armée.

            ALEXANDRE. »

 

. Le 20 juillet 1809 :

Les Ouvriers, Marins et Pontonniers, suivant les ordres du Major général, démontent ou détruisent les ponts, bateaux et embarcations de toutes sortes, qui ne servirons plus. Ceux qui sont conservés sont chargés de matériaux de récupérations puis rassemblés et remontent en convoi le fleuve jusqu’à la tête de pont, puis à Vienne.

 

. Le 21 juillet 1809 : Vienne. Rapport du Général BERTRAND à l’Empereur.

«  Hier, le pont d’une pièce et le pont de l’île du Moulin étaient démontés ; les bateaux et les bacs ainsi que plusieurs bateaux ennemis avaient remonté le fleuve, au moins à la hauteur de la tête de pont. Un grand nombre sont déjà arrivés à Vienne, le reste est en route ; 5 à 6 bateaux seulement ont été brûlés.

Il ne reste dans le bras que des radeaux, mais il  y en a bien plus de 12. Je vais à Ebersdorf et je réunirai, pour leur démolition tous les bacs dont on pourra disposer. Ces bois seront ensuite conduits au pont de pilotis pour les réparations en cas d’événement. La marine a réuni à Vienne 30 bateaux, 29 sont arrivés hier de Mölk ; Votre Majesté peut donc disposer de 60 bateaux.

BERTRAND. »

 

. Le 21 juillet 1809 : Schönbrunn : Décision de l’Empereur.

« Aussitôt qu’on aura assez de bateaux, faire un second pont de bateaux du côté de Korneuburg ; me présenter avant l’emplacement.

Napoléon. »

 

. Le 22 juillet 1809 : Vienne. 29ème Bulletin de la Grande Armée. (Extrait).

« (…) Sur les rives du Danube, on a rassemblé et réparé les bateaux de commerce qui avaient été dispersés par les événements de la guerre, et on les a chargé partout de bois, de légumes, de blé et de farine. On en voit arriver chaque jour. (…) »

 

. Le 27 juillet 1809 : Pont d’Halbstunden (Tyrol) :

 

. Le 1er août 1809 : Rapport du Général BOURCIER, Gouverneur de Passau :

« Il est parti ce matin 2 bateaux chargés de munitions d’artillerie pour Vienne. Il est arrivé hier soir 15,200 livres de poudre qu’on va charger sur bateaux pour Vienne. Il a été expédié par bateaux, de Passau sur Vienne, du 27 au 29 juillet, 1,034 boisseaux de blé, 1,343 de seigle,270 d’orge, 1,084 d’avoine. »

 

. Le 4 août 1809 : Rapport du Gl BOURCIER, Gouverneur de Passau :

«  Il est parti aujourd’hui un grand bateau pour Vienne chargé d’avoine, seigle et froment. Deux autres bateaux sont en chargement de biscuits et de grains. »

 

. Le 5 août 1809 : Lettre du Major général au Ministre de la guerre :

« J’ai l ‘honneur de vous prévenir, Monsieur le comte, que d’après les intentions de l’Empereur, la grande route d’étape de l’armée est maintenant établie par Passau au lieu de passer par Brannau. … L’infanterie sera transportée de Passau à Vienne, dans des bateaux sur le Danube, autant qu’il sera possible d’avoir les moyens de transport. 

ALEXANDRE. »

 

. Le 7 août 1809 : Linz. Rapport du Gl Demont (Domont)  au Major général :

« … je vous informe que le 2e bataillon de marche, à l’effectif de 542 hommes, destinés au 4e corps s’est embarqué à destination de Krems. »

 

. Le 7 août 1809 : Rapport du Gl BOURCIER, Gouverneur de Passau :

«  Il est parti de Passau pour Vienne, savoir : Un bateau chargé de 118,000 rations de biscuits, 1,518 quintaux de farine de froment. Un bateau chargé de : 1,896 quintaux de seigle en grains, 13,407 rations de biscuits.

On charge un autre bateau en farine et biscuit.

 Il est passé à Passau allant à Vienne : 17 grands bateaux chargés de blé, 8 petits bateaux chargés de blé, 8 bateaux chargés de bœufs. »

 

. Le 8 août 1809 : Rapport du Commissaire des guerres de la place d’Ulm à l’Intendant général Daru :

« … sont expédiés sur le Danube : 150,000 kilos de poudre, 65,000 projectiles, 60 canons avec leurs affûts, 20,000 fusils, 4,000 pistolets, 2,000 sabres, etc. »

 

. Le 9 août 1809 : Rapport du Gl BOURCIER, Gouverneur de Passau :

« Six bateaux chargés de munitions et de 113,000 livres de poudre ainsi qu’un bateau chargé, savoir : de 16,686 boisseaux d’avoine, 960 quintaux de seigle 10,500 chemises sont partis de Vienne. Un autre bateau, chargé de biscuit et de farine, est prêt à partir. »

Lettre du Gl BOUCIER au Major général :

« Monseigneur, J’ai l’honneur de rendre compte à Votre Altesse Sérénissime que les deux canonnières construites à Passau sont parties aujourd’hui de cette place pour se rendre à Vienne, quoiqu’elles ne soient pas entièrement terminées ; mais les ouvrages qui restent à faire ne sont point assez essentiels, pour qu’à défaut de leur confection, la navigation des canonnières ne puisse avoit lieu. Avec deux canonnières est parti la 6e compagnie d’ouvriers militaires composée de :

1 capitaine,

1 lieutenant,

1 officier de santé et 100 sous-officiers et ouvriers.

Il est reté de cette compagnie à Passau, 1 sergent, 1 caporal et 14 ouvriers qui sont nécessaires à M. le général Chambarlhac pour la continuation des ouvrages de fortification. »

 

. Le 10 août 1809 : Camp impérial de Schönbrunn. Ordre de l’Empereur :

« Ordre,

Il sera mis en construction, à Passau, 30 bateaux capables de porter 200 à 300 hommes. 10 seront faits par économie et par les ouvriers de la marine qui sont à Passau ; 20 seront achetés, ce qui fournira un transport de 6,000 à 9,000 hommes : l’ingénieur de la marine déterminera un gabarit uniforme pour tous les bateaux destinés au transport des troupes et tel qu’ils puissent naviguer par les plus basses eaux. Un ingénieur de la marine sera spécialement chargé de veiller à leur bonne construction. …

 Il sera fait à Vienne un recensement de tous les bateaux qui appartiennent à l’armée ; ils seront remis à la marine ; un ingénieur de la marine sera chargé de les faire mettre en état. On leur affectera une place sûre et convenable pour la facilité des travaux.

Les bateaux qui appartiennent au commerce auront un emplacement spécial. Les négociants qui voudront faire remonter leurs bateaux en seront libres.

L’intendant général fera un rapport sur le halage et les moyens à employer pour organiser le retour des bateaux en remontant jusqu’à Linz et Passau. En rassemblant les bateaux arrivant à Vienne, la marine aura des moyens pour transporter 20,000 hommes sur le Danube.

Le colonel Baste fera mettre sur chaque bateau qui descendra à Raab 3 marins, qui apprendront la navigation du Danube. Ils reviendront à Vienne en poste et recommenceront le voyage, de sorte qu’on puisse aller à Raab sans le secours des gens du pays.

La navigation de Passau à Vienne se fera par le bataillon des marins, qui étudieront le cours du fleuve de manière à pouvoir se diriger seuls ; lorsqu’il sera nécessaire d’en faire retourner à Passau prendre d’autres bateaux, ils seront envoyés en poste.

Le colonel Baste présentera un projet pour l’organisation de 2 compagnies de pilote ; l’une fera le service de Passau à Vienne et l’autre de Vienne à Raab. Il placera des officiers de marine à Ulm, à Donauwörth, à Ingolstadt, à Ratisbonne, à Passau, à Linz, à Mölk, à Vienne et à Raab. Ces officiers auront avec eux un bateau armé pour faire la police de la rivière et visiter tout ce qui passera.

Les lieux d’embarquement où devront s’arrêter les bateaux passants à Passau, Linz, Mölk et Vienne seront fixés, et il y sera placé un poste de marins. Le colonel Baste fera un rapport sur la navigation du Danube. L’Intendant général, le général commandant en chef l’artillerie et le général Bourcier sont chargés de l’exécution du présent ordre.

                                                                                                       Napoléon. »

 

. Le 21 août 1809 : Raab :

. 4H00 du matin : le Capitaine de vaisseau BASTE s’embarque, suivant les ordres de l’Empereur, pour visiter le Danube jusqu’à Vienne. Sa petite flottille se compose de 4 bateaux moyens et d’un équipage de 4 officiers de marine et 15 marins de la Garde et 25 du 44ème  de Flottille. Il transporte aussi dans ses soutes 6 000 kilos de poudre. Après avoir passé les ponts d’Ebersdorf, sur la rive droite, il arrive à Presburg vers midi. Il indique dans un rapport au général BERTRAND, que de Vienne à Passau et surtout depuis Ebersdorf, la navigation est facile et les eaux assez profondes pour le passage des grands bateaux chargés. A Presburg, il retrouve un bateau armé et 15 matelots du 44ème, envoyé 2 jours avant son départ de Vienne, avec à son bord 74 soldats Saxons ayant choisi ce moyen pour rejoindre leur corps.

 

. Le 22 août 1809 : Presburg :

. 5H00 du matin : BASTE, continue sa navigation avec ses 5 bateaux, y compris celui chargé des 30 barils de poudre que le Général LARIBOISIERE destine aux troupes se trouvant à Raab. Il expédie en avant 3 bateaux moyens et 50 marins pour reconnaître le canal en dessous de Presburg qui mène à Raab, lui se chargeant de continuer sur le Danube. Il s’embosse à Asvany, à quatre lieux de Raab, sur une grande île. Il en repart vers 3H00 de l’après midi pour arriver vers 7H00 du soir près d’un petit village, à quatre lieues plus bas, où le détachement passe la nuit.

 

. Le 23 août 1809 :

. 4H30 du matin :  Le détachement de BASTE reprend sa navigation vers l’embouchure du canal de Raab.

. 7H00 (Environ) du matin. Arrivée à l’embouchure du canal où 25 moulins sont mouillés et amarrés avec des chaînes au milieu du Danube, à la différence de nombreux autres moulins sur le Danube amarrés à terre. BASTE examine cette partie du fleuve, demande aux meuniers présents des informations sur la présence de troupes ennemies, puis continue sa navigation jusqu’à Raab à environ 3 lieues plus loin. Il n’avait rencontré, depuis Presburg, qu’un poste Autrichien d’infanterie et 2 autres de cavalerie. Le courant étant moyennement fort, les 5 bateaux remontent, par la rive droite, le canal à la cordelle pour aller plus vite, quant un officier hongrois et 3 hussards s’approchent des marins. L’officier parlant un peu le français s’adresse à BASTE et lui demande son passe et d’arrêter sa marche afin qu’il puisse demander des instructions à son colonel, à quelque distance de là avec 60 autres hussards. Après plusieurs tentatives d’intimidation pour arrêter les bateaux, le détachement de hussards abandonna la poursuite.

11H00 du matin : Arrivée de la flottille à Raab. BASTE va rendre compte de son aventure au général, gouverneur de la place.

Début septembre, des ordres sont donnés aux marins de rassembler des bateaux pour organiser le transport rapide de 20 000 hommes en Hongrie, les négociations de paix traînaient en longueur et à tout moment des hostilités pouvaient reprendre.

 

. Le 31 août : Raab :

De retour à Raab, l’Empereur décide de passer la nuit dans un hôtel particulier du centre ville.

 

. Le 7 septembre 1809 : Vienne.

Baste s’adresse au Major général et lui demande un secours pour l’habillement de ses marins qui ont beaucoup soufferts durant la campagne.

«  … j’observe que depuis leur arrivée à l’armée, le service pénible qu’ils ont fait, dans divers bateaux sur le Danube, pour les descendre et remonter, les ayant obligés souvent de se mettre à l’eau tout habillés pour les haler, porter de prompts secours et faciliter la navigation du fleuve ; ce service, dis-je, et divers autres accidents sont cause que beaucoup d’hommes ont perdu leurs souliers et leurs guêtres dans la boue en tirant la cordelle ; d’autres, une partie de leurs effets comme capotes, schakos et sacs qui ont été emportés par les amarres au pont d’Ebersdorf et par les aussières de halage ou perdus dans des bateaux qui ont chavirés et dans lesquels il s’est noyé plusieurs matelots. »

 

. Le 8 septembre 1809 : Göttweig :

Sur la route menant à Krems où il doit passer des troupes en revue, l’Empereur s’arrête à l’abbaye bénédictine de Göttweig pour y déjeuner.

 

. Le 10 septembre 1809 : Passau.

Trois bateaux transportant des troupes de ligne, montés par 8 marins, commandés par un sergent quittent Passau pour se rendre à Vienne.

 

. Le 14 septembre 1809 : Vienne : Correspondance de BASTE au Major général.

« Monseigneur,

J’ai l’honneur de rendre compte à Votre Altesse que 24 de nos marins du 44e bataillon de flottille, avec un sergent, ont conduit d’Ulm à Passau, trois bateaux qui ont transporté dans cette ville, 800 selles, 40,000 paires de souliers et 56 boucauts de biscuits. Le sergent, ainsi que 8 de ses marins, partis de Passau le 10, avec un de ces trois bateaux, est arrivé à Vienne hier à 3 heures après midi, et y a débarqué 191 hommes de 75 régiments différents, dont 1 officier et 6 sous-officiers embarqués à Passau. Je préviens également Votre Altesse que, conformément aux instructions de l’Empereur, nos marins ont navigué sur le Danube, d’Ulm ici, sans le secours des bateliers du pays.

J’ai également l’honneur de prévenir Votre Altesse que, sur les 200 bateaux que S.M. l’Empereur a prescrit que la marine devait avoir pour transporter 20,000 hommes et faire trois ponts sur le Danube, 189 sont déjà rassemblés, et que 50 charpentiers travaillent à leur installation, dirigés par un ingénieur de la marine à qui j’ai donné des instructions pour cet objet. Si à diverses reprises je n’avais pas expédié 19 bateaux à Raab pour différents transports, le nombre de 200 prescrit par l’Empereur serait complet depuis plusieurs jours.

Je me suis entendu avec M. le général directeur des ponts, conformément à l’article 7 de l’ordre du 5 du courant, et il a été convenu de tout ce qui est relatif aux trois ponts à jeter sur le Danube.

Baste. »

. Le 25 septembre 1809 :

Depuis le 10 août dernier, 216 bateaux ont été rassemblés par les marins pour le transport de 25 552 hommes. BASTE forme cette flottille de transport en 12 divisions, commandée chacune par un officier de marine. Chaque division compte 18 bateaux en 2 sections de 9. Les sections sont réparties en 3 escouades de 3 bateaux. Chaque équipage se compose de 3 à 7 marins, selon le cas, commandé par un sergent ou un caporal. Il  se trouve également parmi les matelots français, quelques mariniers du Danube. Chaque bateau transporte de 40 à 160 hommes, sous la conduite de 939 marins.

 

. Le 30 septembre 1809 : Vienne.

Le Colonel BASTE se trouve à Vienne avec ses ouvriers et marins, qui continuent à consolider les ponts pour les premiers, et à approvisionner l’armée en vivres et en munitions, pour les seconds. L’Empereur donne l’ordre suivant au Major général :

« Les 1er,2ème,3ème et 4ème bataillon de marche du duc de Rivoli, faisant près de 2,000 hommes et venant de Paris, seront le 3 ou 4 août à Linz ; donnez ordre qu’ils soient embarqués sur des bateaux jusqu’à krems … Le ministre de la guerre me mande que 1,000 hommes de la 13e brigade provisoire sont partis de Strasbourg le 9 juillet pour venir à Vienne : Avez-vous des nouvelles de ce détachement ? Il faudrait le faire embarquer à Passau.

ALEXANDRE. »

 

. Le 2 octobre 1809 : Vienne. Correspondance de BASTE au Major général.

« Monseigneur,

J’ai l’honneur d’expédier ci-joint à Votre altesse le tableau d’organisation des 216 bateaux de transport, qui, comme j’ai eu l’honneur de vous l’annoncer par ma lettre du 15, sont prêts depuis le 25 du mois dernier. Tous ces transports sont réunis sur la rive gauche du canal de Léopolstadt, au-dessous de la flottille et du pont brûlé, du côté du Prater, vis-àvis le pais Rosamowski.

Malgré la répartition des marins sur ces transports, la flottille reste toujours armée.

Baste. »

 

. Le 14 octobre 1809 : Traité de Vienne.

La campagne d’Autriche s’achève, les deux unités de marine, le bataillon d’Ouvriers et celui de flottille du Colonel BASTE, reçoit l’ordre de rejoindre, en Espagne, le corps de MASSENA, qui s’apprête à envahir, pour la 3ème fois, le Portugal. Le bataillon compte désormais 924 ouvriers et marins et sont à la suite de l’artillerie  du Général EBLE et du Génie commandé par le Général LASOUSKI.

 

. Le 16 octobre 1809 : Vienne.

L’Equipage des Marins de la Garde quitte Vienne pour se rendre à Strasbourg.

 

. Le 19 octobre 1809 : Vienne. Correspondance de BASTE au Major général.

« Mon Prince,

J’ai déjà fait quelques dispositions et préparés neuf gros bateaux de transport, ainsi que la flottille, pour remonter le Danube, jusqu’à Passau, avec le secours de quelques chevaux de réquisition qu’on peut trouver sur l’une ou l’autre rive de ce fleuve. Dans le cas que Votre Altesse n’approuverait pas le départ, par eau, du 44e bataillon de flottille et du bataillon des ouvriers militaires de la marine, je la prie de vouloir bien me donner des ordres pour vendre ou brûler la flottille de guerre, ainsi que celle des transports et les bateaux qu’on a construit à Ulm et à Passau, le tout au profit des deux bataillons, si on vend. J’observe à Votre Altesse que ces bateaux coûtent assez cher, quand on les achète ou qu’on les fait construire ; mais qu’ils sont de peu de valeur, quand on veut les vendre et surtout dans les circonstances où nous nous trouvons et au moment de l’évacuation de Vienne. Je préviens Votre Altesse qu’en m’entendant avec M. l’Intendant général de l’Armée, j’ai donné récépissés estimatifs pour presque tous les bateaux qui sont à ma disposition, et qu’avec ces pièces, les propriétaires s’en feront payer le montant par leur Gouvernement.

J’ai l’honneur de rendre compte à Votre Altesse que sur les neuf transports et la flottille, je pourrai embarquer, indépendamment des deux bataillons, les 12 caissons d’outils des ouvriers, les trois fourgons des deux bataillons, les chevaux, les cantines et tous les bagages, même les malades des deux corps. J’observe aussi à Votre Altesse que presque tous les bateaux qui resteront en sus des 9 précités, ne sont pas propres à remonter le Danube, malgré qu’il convenaient bien pour descendre ce fleuve de Vienne à Raab ou à Comorn, si cela fût devenu nécessaire.

Baste. »

 

Suite à ce courrier, BASTE est chargé de transporter sur sa flottille tout ce qui a été enlevé de Vienne, dont de nombreuses caisses d’archives autrichiennes et 1 200 000 rations de biscuit pour les amener à Passau.

 

. Le 20 octobre 1809 : Munich :

L’Empereur établit son quartier général au château de Nymphenburg. Il y restera jusqu’au 22.

 

. Le 29 novembre 1809 : Strasbourg :

Arrivée de l’équipage des Marins de la Garde.

 

. Le 22 décembre 1809 : Passau.

Il est ordonné à Baste et ses deux bataillons de marine de quitter Passau pour se rendre à Strasbourg.

. Correspondance de BASTE au Ministre de la Guerre.

« Monseigneur,

J’ai l’honneur de rendre à Votre Excellence que d’après les ordres de S.A. le prince d’Eckmühl et du général comte Bourcier, gouverneur de Passau, dont vous trouverez ci-joint copies, j’ai fait partir aujourd’hui pour Strasbourg le 44e bataillon de flottille fort de 1,133 hommes et le bataillon des ouvriers militaires de la marine, fort de 772. Je resterai ici avec 8 officiers de marine, 50 sous-officiers ou marins, 10 ouvriers et 1 caporal, pour achever le désarmement de la flottille de guerre et de transport du Danube.

Pour remettre tous les agrès dans deux petits magasins que j’ai fait affecter à la marine, pour rendre le reste de l’artillerie et des munitions de guerre à l’arsenal, pour finir d’échouer les 11 chaloupe canonnières, pour les placer dans un fossé de la place, sur la rive droite du Danube et enfin pour dresser les inventaires de tout. … Je pense que tous ces travaux seront terminés ici le 28 et que nous pourrons partir et nous mettre en route le 29, pour rejoindre le 44e bataillon et celui des ouvriers.

Baste. »

Les marins du bataillon  de flottille et les compagnies d’ouvriers militaires de la marine, quitte Vienne pour se rendre à Strasbourg.

 

. Le 9 décembre 1809 : Paris. Correspondance de l’Empereur au ministre de la marine.

« M. le vice-amiral Decrès, indépendamment du corps d’ouvriers et marins que commande le colonel Baste, j’ai besoin d’un équipage pareil à réunir le plus promptement possible à Bordeaux. Je destine ce nouveau corps à servir à la suite de mon armée de réserve d’Espagne. Veillez à la formation de ces bataillons, qui m’ont rendu tant de services en Allemagne, et qui doivent m’en rendre encore plus en Espagne, vu la grande quantité de côtes de ce royaume.

NAPOLEON. »

. le 29 décembre 1809 :

BASTE quitte à sont tour Vienne avec les derniers détachements de marins et d’ouvriers.

 

. Le 18 janvier 1810 : Strasbourg.

Arrivée des deux bataillons dans cette ville. Ils sont bientôt dirigés sur Bayonne, puis  vers l’Espagne à San Sébastian.

 

Quelques personnalités :

. BASTE Pierre : Né à Bordeaux le 21 novembre 1768, mort à Brienne le20 janvier 1814.

Il commence sa carrière dans la marine de commerce. Mousse et novice de 1781 à 1788 ; pilotin de 1788 à 1789, 2ème lieutenant de 1789 à 1791 ; lieutenant de 1791 à 1792 ; second capitaine de 1792 à 1793. Il entre alors au service de l’Etat et commande (Enseigne de vaisseau auxiliaire) un brick (la Résolue) de 1793 à 1794. Fait prisonnier des anglais en 1795. Il devient lieutenant de vaisseau le 27 Floréal an VIII (17 mai 1800). Capitaine de vaisseau en 1808. Créé comte de l’Empire à la suite de la campagne de 1809 en récompense de ses services. Contre-amiral le 19 juillet 1811, fut nommé au commandement de la flottille impériale au port de Boulogne, le 25 juillet 1811. Il fit toutes les guerres continentales : Au siège de Mantoue et de Malte, En Egypte, en Italie, en Prusse, en Autriche, en Espagne, en Russie.

En 1814, il commande une brigade de voltigeurs de la Jeune Garde, c’est à la tête de cette troupe qu’il fut tué le 20 janvier au combat de Brienne.

. Voir détails p. 168,169 du Dictionnaire Napoléon Ed Fayard 1987.

 

. DECRES (ou DE CRES) Denis, né le 18 juin 1761 à Chaumont. Mort à Paris le 7 décembre 1820.

Garde de la marine en 1779, promu enseigne pour sa conduite à la bataille des Saintes. Fait la campagne des Antilles et participe à celle des Indes en 1791. Capitaine de vaisseau en 1793. Destitué comme noble, puis réintégré, il fait l’expédition d’Irlande en 1796, puis est nommé contre-amiral en 1798. Il commande les frégates de l’escadre de Brueys au cours de l’expédition d’Egypte et assiste à la bataille d’Aboukir, d’où l parvient à rejoindre Malte avec Villeneuve. Il tente de rallier Toulon sur le Guillaume Tell et résiste 9 heures contre une frégate et deux vaisseaux anglais. Préfet maritime de Lorient puis de Rochefort, le 1er Consul le choisi pour occuper le poste de ministre de la marine, le 3 octobre 1801, à la place de l’ingénieur Pierre Alexandre Forfait. Vice-amiral en mai 1804, duc en avril 1813, il reste ministre jusqu’en 1814.

 

Sources :

. Œuvres de Napoléon Bonaparte. Paris. CLF PANCKOUCKE EDITEUR, rue des Poitevins, n° 14 1821. Tome ?

. MARBOT Tome II.

. Alain PIGEARD : Les Pontonniers de la Grande Armée. Tradition Magazine N°

. Bulletins de la Grande Armée.

. Les carnets de la Sabretache 1895.