Français Deutsch English Português Español Nederlands 

Ouvriers Militaires de la Marine

   

L'historique des ouvriers de la marine sous la Révolution et l'Empire

 

Les Ouvriers-Conscrits de la Marine

soit

Conscrits-Ouvriers de la Marine

1793 - 1802

 

Décret de la Convention Nationale en 1793

 

 

Cette unité, peu connue, existait avant l’époque révolutionnaire. En effet, dès 1784, furent créées deux compagnies d’ouvriers pour faire partie du corps d’artillerie  des Colonies. Il en existait trois en 1786 (Brest, Rochefort et Toulon), puis en 1792, la Convention organisa  des compagnies d’ouvriers conscrits. Réorganisées le 17 ventôse an III (7 mars 1795), il faut attendre le Consulat pour voir une nouvelle organisation de ces compagnies. De nombreux ouvriers embarqués sur le flotte de l’amiral BRUYES, ont participés à la malheureuse bataille navale d’Aboukir, puis à toute la campagne d’Egypte sous BONAPARTE, au sein de la Légion Nautique où à bord des embarcations fluviales sur le Nil.

 

Pour exemple :

 

 

NOM

 

PROFESSION

 

INFORMATIONS

 

CABANET

 Louis

Charpentier de Marine

Parti en 1798 pour l’Egypte, il se trouve à Alexandrie en 1799, puis  se rend au Grand Caire sous les ordres de l’Ingénieur FERRAND. L’année suivante, il est à Suez pour y construire des canonnières. Revenu au Grand Caire, il revient en France en août 1801.

 

 

. En 1800 : Victor HUGUES emmène 20 Charpentiers Rochefortais travailler à Cayenne, en Guyane, à la construction d’édifices pour la colonie. Une centaine d’autres ouvriers Bretons suivent le corps expéditionnaire du général LECLERC à bord de l’escadre en partance pour l’île de Saint-Domingue.

 

. En 1801 : BONAPARTE, maintenant Premier Consul déclare à propos du Camp de Boulogne : « Remettez la flottille en état, et rassemblez des troupes ! ». En effet, des régiments avaient été rassemblés là dès 1798, sous le nom d’Armée d’Angleterre. La flottille d’invasion était faîte de bateaux à fond plat inventés par un lieutenant nommé MUSKEN. Un ingénieur du ministre de la guerre, Pierre FORFAIT, supervisait la construction de cette première flottille. Plus tard, inutilisée, elle finit par pourrir dans le port, alors que la grande Histoire allait se dérouler ailleurs : En Egypte (Aboukir), à Paris (le 18 brumaire) et en Italie (Marengo) etc.

 

. En 1802 : Brest :

L’Ingénieur, Directeur des travaux Maritimes trouve dans ce port 71 ouvriers dont 36 maçons et 15 couvreurs.

 

Ouvriers – Conscrits de la Marine

1803 – 1806

 

Décret Consulaire du 23 ventôse an XI

(14 mars 1803)

 

. Généralités.

Un arrêté des Consuls en date du 23 ventôse an XI (16 mars 1803) met 2 000 conscrits à la disposition de la marine sur la réserve de l’an IX et de l’an X pour le service des arsenaux de la Marine. Ils sont choisis parmi les charpentiers de bateaux et de maisons et, à défaut, parmi les scieurs de long, charrons ou menuisiers sur l’ensemble du territoire. (JM an XI/2 p. 416).  Cette même année, La Grande Armée se forme au Camp de Boulogne, le 3ème du nom., afin d’envahir l’Angleterre. Les arsenaux, chargés, entre autre, de fabriquer la flottille, augmentent leurs effectifs d’ouvriers, dont beaucoup sont originaires des colonies ou de l’étranger. A Brest, le port emploie une centaine de Guadeloupéens qui avaient participé, aux côtés des français, au rétablissement de l’autorité de l’île. Bayonne trouve facilement des ouvriers espagnols en Biscaye.  Ces mesures préfigurent le projet d’un débarquement en Angleterre. Les départements qui doivent fournir ces hommes sont partagés en quatre divisions (Le tableau  des quatre divisions est donné dans le journal militaire an XI/1 p 421 et 422), dont chacune est affectée à un port militaire :

 

Le nombre des compagnies d’Ouvriers conscrits (ou Conscrits-Ouvriers) sont de 20, réparties en quatre divisions, comme suit :

 

 

DIVISIONS

 

1ère DIVISION

 

2ème DIVISION

 

3ème DIVISION

 

4ème DIVISION

 

 

PORTS

 

BREST

 

TOULON

 

ROCHEFORT

 

LORIENT

 

Compagnies

1ère Cie

9ème Cie

14ème Cie

19ème Cie

 

2ème Cie

10ème Cie

15ème Cie

20ème Cie

 

3ème Cie

11ème Cie

16ème Cie

 

 

4ème Cie

12ème Cie

17ème Cie

 

 

5ème Cie

13ème Cie

18ème Cie

 

 

6ème Cie

 

 

 

 

7ème Cie

 

 

 

 

8ème Cie

 

 

 

 

 

C’est le ministre de la Marine qui assigne un numéro à chaque compagnie employée dans les arsenaux. Par exemple, la 16ème compagnie est signalée à Rochefort le 1er août 1803.

 

Composition de la 14ème Compagnie de Conscrits Ouvriers an XIV (1805)

 (CC3 49 – 3E 1626)

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

14ème Compagnie

ROCHEFORT

DUBOIS Jacques

Officier du Génie Maritime

Engagé le 8 prairial an II.

 

RETAILLAUD Jean

Maître

(Premier Chef)

Engagé le 16 messidor an II.

 

JORMY Antoine

Maître

(Chef de Police)

Engagé le 20 nivôse an II

 

ROUPAIN Etienne

Contres Maîtres

 

 

CONTE

Contres Maîtres

 

 

VIEILLEVILLE

Contres Maîtres

 

 

BESIERS Jean

Aides

 

 

BEAUJUT jacques

Aides

 

 

MINET Jacques

Aides

 

Première Escouade

GALVIGNOL Edmond

 

 

 

MOREAUX aimée

 

 

 

MICHON jean

 

 

 

PIET Joseph

 

 

2, 3 et 4ème Escouade

GODET Jacques

 

Né à l’Ile de Ré, engagé le 6 messidor an II.

 

. Contrôle nominatif : 15,16 et 17ème compagnies d’Ouvriers militaires An XIII et XIV (1804 – 1805) (CC3 – 12 bis – 3E 1625)

. La 15ème Compagnie compte 4 classes d’ouvriers.

. Contrôle du 2ème Bataillon d’Ouvriers Militaires en 1803 : (SHM cote 3E 1622 – 1623)

 

Organisation :

 

Chaque compagnie comprend :

. 1 Maître (entretenu), Chef.

. 5 contre maîtres dont 2 charpentiers et 2 calfats.

. 5 Aides dont 3 charpentiers et 2 calfats.

. 100 conscrits.

 

Chaque compagnie est subdivisée en 5 escouades et chaque escouade composée de 20 ouvriers, commandée par 1 Contre maître et 1 aide. Le système de 1803 va se prolonger jusqu’à la réorganisation du décret du 15 janvier 1808.

 

Solde :

Les maîtres, contremaîtres et aides employés dans les compagnies touchent la solde qui leur est attribuée en raison de leur ancienneté ou de leur classe. Le salaire des ouvriers est le même que celui des ouvriers ordinaires, moins les retenues pour la nourriture et l’uniforme. Cependant, tout ouvrier qui exerce à la fois la profession de charpentier et de calfat touche un supplément de 10 centimes par jour.

 

Habillement :

Les Ouvriers Conscrits, portent le même habit que les marins soit :

. 1 paletot de drap bleu national avec boutons timbrés d’une ancre et du numéro de la compagnie.

. Pantalon ample de drap bleu ou blanc.

. Chapeau rond dit à la matelote.

Les effets sont délivrés par le magasin général, et la valeur leur en est précomptée, par douzième, sur chaque paie mensuelle.

 

Fonctions et marques distinctives :

. Les Maîtres : Deux ganses d’argent sur l’épaule droite.

. Les contremaîtres : Deux galons de laine blanche sur le bras droit.

. Les Aides : Un galon de laine blanche sur le bras droit.

 

Subsistances :

Chaque Ouvrier - Conscrit reçoit par jour une ration de pain frais de 24 onces.

 

Aide sociale :

Tout conscrit malade ou accidenté est traité dans les hospices ou hôpitaux aux frais de la République

 

Informations diverses :

Un esprit militaire anime les chantiers et les casernes. Les Ouvriers Conscrits servent dans les arsenaux le temps qu’il leur resterait à faire s’ils étaient dans l’armée, et leur département d’origine doit en principe désigner un remplacement lors de leur libération.

 

. Arrêté du 29 juillet 1803 :

Un second arrêté du 10 thermidor an XI (29 juillet 1803) prescrit d’appeler de la même façon 4 462 conscrits et leur assigne 14 destinations sur les chantiers de la flottille. (An.BB3 244). L’ingénieur maritime FORFAIT est nommé Général constructeur de la flottille, sous les ordres directs du ministre de la marine, le Contre amiral DECRES ou DE CRES. BONAPARTE dit : « Prenez partout le bois des forêts, Je veux une flottille d’environ 2 000 unités ! » A Paris, l’esplanade des Invalides se couvre de hangars et d’ateliers de toute taille. La rive gauche de la Seine est transformé en un vaste chantier de constructions navales que des milliers de curieux viennent voir. Les chantiers navals et les manufactures redoublent d’effort, encouragés par les « dons patriotiques ». Comme sous la Révolution , les souscriptions viennent au secours des caisses de l’Etat. Paris finance la construction de 90 chaloupes.

 

 

Les chantiers navals de la flottille :

Dans toutes les villes et dans les villages, ont fabrique des embarcations pour la flottille. Partout on entend des bruits de sciage et des coups de marteaux. On construit avec fièvre, non seulement au bord de la mer, mais à Paris, à St Germain, à Compiègne, jusqu’à Colmar et Strasbourg. Les bateaux à peine achevés descendent par les rivières et les canaux jusqu’aux fleuves et leur embouchure est là, direction Boulogne en rasant les côtes. A Boulogne on entasse les bateaux par 9 ou 10 rangs d’épaisseur et on remplit d’autres ports : Etaples, Wimereux, Wissant, Montreuil, Ambleteuse et plus au nord, Calais, Gravelines, Dunkerque, Nieuport, Ostende, Flessingue, la côte française monte jusqu’aux bouches de l’Escaut. On construit des chaloupes canonnières et des bateaux canonniers, en fait tous assez semblables. Il s’agit de petites embarcations de 20 à 25 mètres de long, gréés en brick ou en lougre, portant chacun 2 à 4 canons de divers calibres (12,18,24 et 36) et capable de transporter une compagnie d’infanterie. On lance aussi un grand nombre de péniches non pontées, marchant à l’aviron.

La demande d’ouvriers est pressante, de nombreux courriers de BONAPARTE en font état.

 

. Le 9 novembre 1803 (17 brumaire an XII) Boulogne :

BONAPARTE au Général MARMONT, 1er Inspecteur Général de l ‘Artillerie, Commandant en chef l’Artillerie des six camps.

« … Donnez ordre par un courrier extraordinaire à Douay, à une compagnie d’ouvriers complète de partir jeudi avec les outils qui lui sont nécessaireà Boulogne où elle travaillera à la confection des affûts pour la Marine. … »

 

. Le 9 novembre 1803 (17 Brumaire an XII) Boulogne.

Lettre de l’Empereur adressée au Ministre de la marine.

« J’ai ordonné à l’artillerie de terre de remettre 50 chevaux à l’artillerie de marine. Le Citoyen SGANZIN * désirerait avoir 200 chevaux pour l’exploitation des forêts de Boulogne. J’ordonne à l’artillerie de la garde d’envoyer à Boulogne ces 200 chevaux qui seront remis à l’ingénieur de la marine. Bien entendu que ces 200 chevaux seront soldés … »

 

·         M. Joseph, Mathieu SGANZIN est Ingénieur des Ponts & Chaussées.

 

. Le 9 novembre 1803 :

Lettre de l’Empereur adressée au citoyen FLEURIEU* :

« Ordre d’envoyer à Boulogne des erminettes (sic), des haches, des fers de rabots et une grande quantité d’outils de toute espèce pour les menuisiers, forgerons et autres ouvriers employés au port. Etablissement de l’arsenal de la Marine dans la caserne de Boulogne. … »

 

·         Conseiller d’Etat chargé, par intérim, du portefeuille de la Marine.

 

Toujours à la même date, mais adressée au citoyen DIEUDONNE, Préfet du nord, pour lequel le 1er Consul ordonne d’envoyer à Boulogne 200 tombereaux et 200 ouvriers charpentiers ou menuisiers. Il est également demandé à l’Amiral BRUIX, commandant la flottille de Boulogne d’ordonner à l’artillerie de terre son concours pour transporter le bois à prendre dans la forêt de Boulogne, pour fabriquer des affûts et des bordages. Dans un ordre du jour daté du même jour, il est demandé à l’Entreprise GUILLAUME (Entrepreneur de Tavaux Maritimes à Boulogne), de fournir 600 brouettes pour les travaux du port d’Ambleteuse.

 

. Le 12 novembre 1803 : Il est demandé à l’Amiral BRUIX d’ordonner au Préfet de l’Ourthe de fournir 100 fourgons et à celui de Sambre et Meuse 50. A celui de l’Aisne d’en fournir 25 ainsi que 50 charpentiers et 25 menuisiers. Idem pour celui de Jemmapes. Toutes les demandes représentent 650 ouvriers dont 200 forgerons et 450 charpentiers, 600 voitures. A la 16ème division militaire il est demandé de fournir 4 000 brouettes et à l’artillerie 22 forges.

 

. Le 16 novembre 1803 : Il est même décidé de former une compagnie d’ouvriers constructeurs de fours pour l’armée.

 

Personnages :

 

 

 

 

 

 

 

 

NOM

 

PROFESSION

 

INFORMATIONS

 

 
SGANZIN

Joseph, Mathieu 

Directeur des Travaux maritimes à Boulogne. Ingénieur des Ponts & Chaussées.

Né à Metz en octobre 1751. Admis à l’Ecole des Ponts & Chaussée le 6 septembre 1768. Devient Directeur des Travaux Maritimes le 7 février 1800. Nommé Inspecteur Général des Ponts & Chaussées par arrêté du 1er Consul, le 19 juillet 1803. Il fut , au Camp de Boulogne, celui qui dirigea les Travaux Maritimes.

 

 

 
 
 
CABANET

 Louis

Charpentier en 1798.

Né le 8 janvier 1775 à Toulon. Entré au service au port de Toulon comme apprenti charpentier le 1er janvier 1783. Mousse le 3 avril 1787, novice le 12 juin 1794. Se trouve en 1794 dans une compagnie de marins et d’Ouvriers en Egypte avec la fonction de fourrier le 1 novembre 1800. Se trouve au Grand Caire sous les ordres de l’ingénieur FERRAUD le 2 septembre 1799.

Ouvrier charpentier à Toulon le 27 septembre 1801.

 

 

REBUFFAT

 Jean Pierre Jacques

(CC3 – 2799)

Apprenti charpentier en 1784

Né le 16 juillet 1777 à Toulon (Var). (CC3 – 2799)

Entré au service au port de Toulon le 18 avril 1784. enfant de troupe dans l’artillerie de marine le 20 juillet 1787. Passé ouvrier charpentier au port de Toulon le 1er juillet 1792. Fait caporal en 1803.

 

 

QUEMENER

Jean  Marie

(CC3 – 2799)

 

Né le 8 septembre 1783 à Lorient (Morbihan). Entré au service dans les classes de la marine le 11 janvier 1789. Novice le 7 mai 1792. Ouvrier charpentier le 26 décembre 1796 et aide contre maître le 21 avril 1803.

JUQUEAU

Capitaine d’Artillerie de Marine.

Commande la compagnie d’Ouvriers. Chef du parc à Alexandrie.

 

VAUQUELIN

Jean Pierre

(CC3 – 2799)

 

Né le 14 mai 1775 à Langrure (Calvados). Entré au service au Havre comme ouvrier de marine le 1er mars 1793. Aide contremaître le 24 septembre 1803.

MORVAN

Louis

Novice ou Apprenti ouvrier

10 ans. Son père est mort en service. Employé dans un arsenal.

MARIE

Louis

Novice ou Apprenti ouvrier

10 ans. Son père est mort en service. Employé dans un arsenal.

LE MASSON

Guillaume

Novice ou Apprenti ouvrier

15 ans, embauche appuyée par un sous inspecteur de la marine.

GUERRAND

Auguste

Novice ou Apprenti ouvrier

12 ans, fils d’un canotier dans l’indigence. embauche parrainée par un chef des mouvements du port. Affecté à l’atelier de serrurerie.

GOUPIL

Jean Marie

 

17 ans, embauche appuyée par un commissaire principal, car deux membres de sa famille sont morts en activité.

 

 

 

 

 

 

 

Vie quotidienne des ouvriers dans les arsenaux : Sujet en cours de développement.

 

Organisation des ouvriers et hiérarchie sur les chantiers :

 

La Maistrance :

La Maistrance désigne sur les vaisseaux les sous officiers de marine ou officiers mariniers, mais dans les arsenaux, la communauté des Maîtres, Contremaîtres et Aides sont sous les ordres des ingénieurs qui exercent l’autorité directe sur les ouvriers.  La Marine entretient  des maîtres d’ouvrages dans chaque corps de métier (Charpentiers, mâteurs, perceurs, calfats, cordiers, voiliers, forgerons, serruriers, armuriers,  menuisiers, poulieurs, tonneliers, cloutiers, ferblantiers, chaudronniers et maçons), mais aussi des artistes commissionnés (Sculpteurs et peintres en chef), des maîtres de manœuvre et des pilotes lamaneurs pour conduire les mouvements du port. Se sont des agents titulaires de l’Etat pourvus d’un brevet qui leur confère une situation stable et un traitement annuel fixe. Il y en a environ une soixantaine dans chaque port. Toulon ne compte pas moins de 13 maîtres calfats entretenus en septembre 1807, mais l’on observe un certain déséquilibre entre les arsenaux dans la répartition de ces techniciens hautement qualifiés.

 

. Les Maîtres : Ils interprètent les documents fournis par les ingénieurs et en assurent l’exécution.

 

. Les Maîtres Charpentiers : Ils réalisent, à partir de données numériques, le tracé en vrai grandeur de toute les pièces de charpente dans une vaste salle prévue à cet effet, appelée Salle des gabarits. Ils dessinent le profil du maître couple, puis des autres couples et déduisent, en prenant des équerrages, le contour des arêtes extérieures des différents éléments. Ils en tirent des patrons en planches minces, les gabarits, que les ouvriers vont utiliser pour façonner le bois (Jean BOUDRIOT. Vaisseau de 74 canons)

Admirés pour leur « géométrie naturelle » et leur expérience, on leur reproche une certaine incapacité administrative, leurs difficultés à rendre des comptes exacts des consommations de matières et d’emploi de la main d’œuvre. Les maîtres distribuent le travail aux ouvriers et ont tendance à se retirer pour confier la surveillance à des contremaîtres assistés d’aides -contremaîtres appelés simplement « Aides » dans la langue usuelle.

 

Les spécialités :

Les travaux des arsenaux se décomposent en multiples opérations qui font chacune appel à des techniques manuelles différentes, des arts mécaniques qui constituent l’essence du métier des ouvriers du port. Beaucoup de professions se pratiquent aussi en ville chez l’artisan, mais les chantiers navals ont l’exclusivité de quelques spécialités propres à la marine.

 

. Le Charpentier de marine : Il s’agit d’un ouvrier qualifié chargé d’exécuter le façonnage des pièces de bois et de procéder à leur assemblage. Néanmoins, ils respectent toujours les règles et les étapes de la construction. Travail (Voir page 119)

 

. Le Perceur :  La fixation des éléments de charpente, les liaisons du bâtiment sont l’affaire des perceurs. Ils ouvrent des trous dans la coque au moyen de longues vrilles qui mesurent parfois plus de quatre mètres. De grosses chevilles de bois ou en métal y sont introduites pour rendre solidaires les parties traversées. Un perçage bien conduit exige beaucoup d’adresse pour éviter les déviations et la rencontre des chevilles. L’exercice est difficile, incommode, parfois dangereux. Notons l’importance de la tâche : il faut près de 60 tonnes de clous et de chevilles pour un vaisseau de 74 canons.

 

. Le Calfat :  Ces ouvriers sont responsables de l’étanchéité du navire. Les calfats colmatent tous les interstices de la carène. Ils écartent le joint à l’aide des bordages et y insèrent plusieurs cordons d’étoupe qu’ils enfoncent à l’aide d’un instrument en fer sur lequel ils frappent avec un maillet ou une masse. Ils couvrent ensuite ses coupures d’un enduit liquide bouillant, le brai gras, qui durcit en se refroidissant, empêchant l’eau de pénétrer et préservant l’étoupe de la pourriture. Les calfats vérifient également que les trous des perceurs ont bien reçu leur garniture et remplissent d’étoupe l’entourage des têtes de chevilles ou de gournables (Chevilles en bois). Parmi leurs attributions, ils entretiennent les pompes et posent le doublage en cuivre sur les œuvres vives des coques. A l’occasion des radoubs, ils chauffent les carènes et sondent les piqûres de vers (Les tarets).

La classe des calfats a tendance a s’éteindre parce que le métier est ingrat. Il est également malsain à cause de l’infection ordinaire des carènes et de l’insalubrité des bassins dans lesquels on les chauffe. La transition du chaud au froid provoque des maladies ; la saleté entraîne aussi une usure importante des vêtements. Un contemporain écrira : « Il ne reste au calfat que l’inconsidération attachée à son extérieur peu attrayant, à un certain air d’imbécillité qui tient de l’exercice même de son état. Le bruit du maillet durcit son oreille et le rend comme hébété, par conséquent bientôt le jouet de tout ce qui l’entoure …" » Les candidats n’affluent pas pour s’engager dans une profession « qui souille le corps et abrutit l’esprit »

A Boulogne, la condamnation d’un navire de transport donne lieu à la création d’une école de calfatage

 

Professions attachées à l’armement des navires.

 

. Les Cordiers : Ces ouvriers dégagent les fibres de chanvre des écorces qui subsistent (espadage), puis les peignent avec une carde pour les purger de leurs impuretés. A l’issue de cette manipulation pénible et fatigante, les cordiers filent les brins pour confectionner un fil dit de caret. Ils réalisent des cordages de différentes grosseurs en réunissant par une torsion convenable des cordons obtenus également par le tortillement de plusieurs fils de caret, mais dans le sens opposé. Cette opération, qu’on appelle « commettage », s’accompagne d’une imprégnation de goudron végétal pour préserver les cordages de l’humidité.

Toulon emploie 63 hommes au peignage, 12 hommes à chacune des 6 roues à filer et confie aux forçats l’essentiel du commettage qui s’effectue dans un bâtiment de plusieurs centaines de mètres. A Anvers, les hommes du filage passent pour grossiers, d’après le commissaire TIROL, et très attachés à leur système de travail.

 

. Les Poulieurs : Ils fabriquent au tour les réas qu’ils montent sur des essieux dans des caisses munies d’ouvertures mortaisées.

 

.Les voiliers ou voilières : Ils taillent des laizes de toile, les cousent et les renforcent avec des ralingues de cordage pour obtenir les voiles de formes et de dimensions voulues. Elles sont ensuite enverguées et pourront être manœuvrées au moyen de gréement.  Dans les arsenaux de nombreuses épouses de marins et d’ouvriers sont employées dans les ateliers de voilerie. . .

 

. Formation des ouvriers :

Beaucoup d’ouvriers ont acquis leur métier à l’expérience d’une longue fréquentation des chantiers. C’est « sur le tas » qu’ils se forment et se perfectionnent dans leur spécialité.

L’ingénieur ROYOU ne tarit pas d éloge sur l’instruction traditionnelle des ouvriers militaires et dira : «  La marine reçut de suite des hommes de 20 ans, presque tous fils d’artisans aisés et industrieux. Ces jeunes gens connaissent plus ou moins la charpente civile, fort en dessous, à la vérité, de la charpente des vaisseaux, mais leur intelligence, l’habitude qu’ils ont du tracé en général, leur font faire des progrès rapides dans l’architecture navale ; ils arrivent tard dans les ports quand on  les compare aux ouvriers civils qui ordinairement y reçoivent la naissance, mais ceux-ci n’ont qu’une marche débile, les autres vont à pas de géant et ne tardent pas à laisser loin derrière eux ceux qui les avaient précédés dans la carrière ! »

 

Pour les travaux de longue haleine, les ingénieurs préposés au chantier d’un bâtiment répartissent en différentes équipes les ouvriers et apprentis de même profession. Un contremaître et un ou deux aides dirigent généralement des groupes de 30 à 40 personnes, appelés indistinctement compagnie, section ou escouade, bien qu’ils soient encore considérés comme des civils.

 

. Discipline dans l’arsenal et sur les chantiers :

La discipline générale de l’arsenal repose essentiellement sur l’autorité qu’exercent les ingénieurs, les maîtres, les contremaîtres et les aides dans leur fonction respective. Les ouvriers « seront tenus à la subordination et à l’obéissance envers eux en tout ce qu’ils commanderont pour le service » précise le décret du 18 janvier 1793. Si la marine n’est pas l’armée, l’arrêté du 7 ventôse an XI accentue par la rigueur et son vocabulaire le caractère militaire du régime des chantiers. Le ministre prescrit de faire exécuter les articles concernant la désobéissance ou la désertion. Les entorses à la discipline constituent toujours un motif de licenciement. La « police » des ouvriers appartient aux ingénieurs qui les dirigent.

 

. Punitions : Sujet en cours de développement.

 

. Appels du matin :

Chaque matin, après la sonnerie de la cloche de l’arsenal, des Commis aux appels viennent constater, sur les chantiers et dans les ateliers, la présence effective des ouvriers. Ils relèvent le nom des absents sur un petit cahier, appelé dans la Marine le « Casernet ». Chaque matin, 2 catégories d’ouvriers se présentent : Ceux qui rejoignent directement leurs ateliers parce que leur spécialité les attachent à un local approprié : Corderie, forge, avironnerie, barrilerie, mâture, chaudronnerie, gournables, clouterie, poulierie, étouperie, cadrannerie etc. Il y a aussi l’atelier des boussoles, celui de la ferblanterie, vitrerie, tournerie, voilerie, armurerie, balancerie, les pompes, taillanderie, sculptures, serrurerie, tonnellerie etc., et ceux dont la destination et périodiquement reconsidérée d’après l’état des travaux : Charpentiers, perceurs, calfats, scieurs de long, menuisiers, peintres, maçons de cuisine, journaliers etc. Un ouvrier charpentier peut être affecté au sciage, à la recette des bois, à la couverture des cales et des bassins ou dans n’importe quel atelier où l’on façonne du bois.

 

 

. Hommage à rendre lors des visites impériales :

 

Le programme martial fait des arsenaux un théâtre bien différent des usines ordinaires. A l’arrivée de l’Empereur, le vaisseau amiral et toutes les batteries de la rade tirent quatre salves et arborent leurs pavillons. Le Préfet maritime et ses chefs de service doivent se tenir à la grille pour présenter les clefs. Toutes les troupes de marine sont mises en bataille à l’intérieur, de part et d’autre de la porte. Les sous officiers et soldats présentent les armes, les officiers et les drapeaux saluent pendant que les tambours battent « aux champs », les ouvriers civils sont absents de la fête, mais c’est à leur travail que l’Empereur viendra, éventuellement, les voir. (AN BB3 181, fol 338)

 

 

1804

 

. Le 1er janvier 1804 : Une escouade d’une vingtaine d’Ouvriers part de Brest pour se rendre au petit port de Saint Valéry sur Somme, afin de renforcer les équipes qui construisent des engins et des embarcations pour le débarquement en Angleterre.

 

. Personnalités :

 

NOM

PORT

INFORMATIONS

MIGOT

François

Arsenal de Rochefort. Ouvrier menuisier à la 15ème compagnie de Rochefort le 8 vendémiaire an XIV

Né à St Maixant (St Maxire) (Deux Sèvres)

22 ans. Considéré comme déserteur à l’intérieur et condamné. Jugement du Conseil de guerre spécial.

HAURY

Pierre

Arsenal de Rochefort.

Né le 24 juin 1781 à Orthez (Basses Pyrénées)

Conscrit de l’an X, incorporé dans la section à la suite de la 16ème Cie d’ouvriers de Rochefort le 1er août 1803. Nommé fourrier le 8 octobre 1803.

ROQUE

Paul

 

Né le 18 août 1781 à Mazeret (Ariège). Entré au service dans les Cies d’ouvriers de la marine le 1er juillet 1803. Fourrier le 24 décembre 1803.

TIREL

Alexis Marie

 

Né le 4 août 1782 à Paris. Entré au service dans les ouvriers le 20 septembre 1803.

DUFRENE

Thomas

Arsenal de Lorient.

Né le 25 novembre 1779 à Saumur (Maine & Loire). Incorporé dans les Cies d’ouvriers à Lorient le 21 mai 1803.

GOUBERT

Jacques Philippe

 

 

N é le 16 décembre 1780 à Quilleboeuf. Entré au service dans les ouvriers le 16 prairial en XI.

DUFLOS

Augustin

 

Arsenal de Boulogne.

Né le 1er juillet 1782 à Bépuigny (Somme). Entré au service comme ouvriers conscrit à Boulogne le 28 août 1803, caporal le 18 décembre 1803.

MORIN

Jean Louis

 

 

Né le 3 décembre 1781 à Paris. Entré au service le 1er jour complémentaire an XI.

MUGUET

Pierre Honoré

 

 

Né le 31 juillet 1785 à Séreaucourt (Aisne). Entré au service le 5 prairial an XIII.

LEROY

Jean

Arsenal de Rochefort.

Né le 4 août 1782 à Sèvres (Loire inférieure). Entré au service dans les ouvriers le 30 fructidor an XI. Caporal charpentier en 1813, 4ème Cie du 8ème BOMM. Meurt le 7 décembre 1813 à l’hôpital de Torgau (Elbe)

CADET

François

Arsenal de Cherbourg.

Nommé Aide en juillet 1811,  passe Contremaître en janvier 1812.

TERRIER

Victor

Arsenal de Cherbourg.

Admis à la 1ère classe d’Ouvriers en 1807, devient Aide le 1er Juillet 1810 et Contremaître en 1811.

DUBRASSAY

Jacques

Arsenal de Cherbourg.

Nommé Aide en juillet 1811, passe Contremaître en janvier 1812.

 LE LANDAIS

François

Arsenal de Cherbourg.

Reçut Il passe au premier grade de la maistrance en janvier 1812, soit 4 ans seulement après la fin de son apprentissage. charpentier de 4ème classe en janvier 1808, promu 3ème classe en juillet 1809, 2ème classe en juillet 1810 et 1ère classe en janvier 1811. Il a un de ses parents qui est Maître Charpentier entretenu.

ROBIN

François

Arsenal de Cherbourg.

Reçut Charpentier de 4ème classe.

ROUX

Arsenal de Toulon.

Admis en 1777,  ne touchera la paye d’Aide qu’après 30 années de service.

 

 

Bien qu’ils soient déjà organisés en compagnie, les Ouvriers-Conscrits  prennent une nouvelle appellation plus conforme à leur emploi.

« Compagnies d’Ouvriers militaires de la Marine & des Arsenaux ». (AN CC3)

 

 

Compagnies d’Ouvriers de la Marine et des Arsenaux

1806 – 1807

 

Décret du 3 mars 1806

 

 

Généralités :

Les circonstances qui déterminent l’emploi des conscrits n’existent plus car les travaux de la flottille sont suspendus.

 

. En avril 1806 : Un premier bilan montre que les levées menées avec précipitation ont produit 6 707 hommes, mais on dénombre 1 439 déserteurs et déjà 444 décès (mis à part les morts naturelles), 150 conscrits ont embarqué à Toulon sur l’Escadre du Vice amiral VILLEUNEUVE et ont participé à la bataille de Trafalgar (ATRM 3 A1 13 fol 104). D’autre part, il fallut réformer 417 individus impropres à toute espèce de service, puis 492 autres conscrits, forts et valides, mais inaptes aux arts mécaniques, qu’il faut incorporer dans l’artillerie de marine, et enfin 512 autres hommes sont embarqués sur divers vaisseaux. Il ne reste que 3 303 ouvriers dans les arsenaux.

Sous l’influence des ingénieurs, les Ouvriers s’exercent désormais aux manœuvres de l’infanterie, tout au moins, font l’apprentissage sommaire de l’école du soldat. L’organisation des « Compagnies d’Ouvriers Militaires de la Marine  et des Arsenaux » reste identique à celle prescrite par l’arrêté des consuls du 23 ventôse an XI (14 mars 1803), seule l’appellation de l’unité change. Cependant, la situation des Ouvriers ne les soumet pas complètement au régime purement militaire, car le ministre de la Marine DECRES n’y tient pas encore. En 1804, il avait même ordonné de renvoyer les musiciens, qu’un préfet voulait attacher aux compagnies d’Ouvriers Conscrits d’un port, comme cela se pratique couramment dans l’armée de terre. (AN BB2 96 fol 55)

Chaque port administre les compagnies à sa manière. Le système des masses, c’est à dire, l’allocation forfaitaire versée à un corps de troupe pour régler les frais d’entretien, de garnison ou de campagne, est partiellement inusité. Toutefois, à Brest, un commis de marine, placé sous l’autorité du commissaire aux revues, veille à la répartition des soldes et de la nourriture, à l’équipement et à toute l’administration. Ce modèle sera identique pour les Ouvriers dépendants de l’artillerie de marine.

A Anvers en 1806, après quelques accrochages entre bourgeois et Ouvriers, le Commissaire Général de la Marine MALOUET, invoque les défaillances de la discipline, et propose l’établissement d’un régime entièrement militaire pour les Ouvriers. Sur les chantiers, les maîtres et contremaîtres surveillent les Ouvriers en permanence, mais dans les casernes ou en permission, le manque d’officiers se manifeste rapidement. Les jeunes ingénieurs des constructions navales, bien qu’ayant un uniforme, ne portent pas l’épaulette qui leur donnerait une certaine autorité. Ils souhaiteraient avoir sous leurs ordres les Ouvriers organisés si possible militairement voire même en régiment. Mais, comme indiqué plus haut, le ministre DECRES n’y tient pas encore.

L’idée d’organiser les Ouvriers en un corps purement militaire d’Ouvriers Militaires fait son chemin. Les ingénieurs pensent que les Ouvriers, malgré leur situation bâtarde, ont acquis une âme de soldats (AN BB2.an BB3 210). De l’aveu du ministre, cette troupe ne doit servir militairement qu’en cas de siège. Mais dans le port d’Anvers qui réunit l’effectif d’Ouvriers le plus important, les ingénieurs LAIR et GRANDVILLE les ont mené eux mêmes aux manœuvres et entendent bien conserver leur formation en présence de l’ennemi, si l’occasion se présente. Ils refusent même de disperser leurs hommes dans les unités d’infanterie, quitte à leur adjoindre des officiers et sous officiers de ligne pour améliorer l’instruction.

 

Uniforme 1806 :

Une note datant de mai 1806, définit l’habillement des Ouvriers militaires du port d’Anvers, (pris sur celui d’un homme de 5 pieds et 4 pouces) (SHM Rochefort Série N C3)

 

. Habit de drap bleu foncé et court sans revers, fermé dans le milieu de la poitrine par 8 gros boutons. Il a un collet et une patte de velours de coton noir. Le collet, l’habit, le parement et la patte ont un passepoil rouge. Collet fermé par 3 fortes agrafes, haut de 80 mm devant et 86 mm derrière.

Le devant de l’habit est coupé en rond de manière à se raccorder avec les basques. Les poches sont marquées par une patte à 3 pointes dans sa partie verticale et d’une pointe supérieure marquée d’un passepoil rouge. Les basques comme le devant de l’habit sont doublés de serge bleu foncé, elles sont retroussées et fixées par une agrafe. Elles ont dans chaque coin extérieur et découpée dans du drap écarlate, une ancre de 55 mm de longueur, y compris l’organeau et sur chaque coin intérieur un sabre et une hache en sautoir de même longueur que l’ancre.

Le pli de chaque basque est marqué par une patte d’oie retenue seulement par les extrémités. (Patte dite à la soubise). L’extrémité à trois pointes est tenue par le bouton de la taille. Le parement, de même drap que l’habit, a 80 mm de hauteur avec une patte de velours de coton noir, passepoilée de rouge, portant 3 boutonnières. Elle est de 12 cm de longueur et 33 mm de largeur.

. Les épaulettes et les « dragonnes » (C’est à dire les passants) sont rouge foncé semblables à celles des ouvriers du Génie militaire et de l’Artillerie de terre et de mer.

. Gilet sans manche et sans passepoils, de même drap que l’habit (bleu), fermé par 8 petits boutons. Collet de 50 mm de haut derrière et 36 mm devant.

. Le bouton en cuivre jaune de même forme que ceux des officiers du Génie militaire, timbré d’une ancre entouré de la légende « Génie Maritime ». Le gros bouton fait 29 mm de diamètre et le petit 17 mm.

. Le pantalon de même drap que l’habit, doit monter jusqu’au niveau du 3ème bouton du gilet. Cordon de réglage à la taille.

. Guêtres de tricot noir et doublure grise jusqu’à la 6ème boutonnière qui en compte 12, taillées en pointe vers le bas, pour le devant, passepoil rouge avec un petit pompon de même, et en pointe vers le haut pour le derrière.

. Le shako sera celui de l’infanterie légère (218 mm de haut). Visière de cuir attachée par trois fortes agrafes, et garni, en haut et en bas, de galon en poil de chèvre rouge de 26 mm de large. Cordon natté rouge attaché à la ganse supérieure, pas de gland flottant.

. Plaque de cuivre en forme d’écusson dite à l’anglaise entouré d’un câble et portant en relief un trophée composé d’une ancre avec un sabre et une hache en sautoir. 108 mm de haut et 75 mm de large. Cocarde nationale de 75mm de diamètre, tenue par une ganse de laine jaune, fixée par un petit bouton.

. Plumet en plume de coq de 48 cm de haut, dont 40 cm de plumes noires dans sa partie supérieure. La partie inférieure de 8 cm étant de la couleur de la compagnie.

. Le pompon de diamètre 22 cm, de la couleur de la compagnie.

. Les sergents fourriers et caporaux porteront le même habit distingués de galons en or pour les sous officiers et en laine jaune pour les caporaux.

. Les Maîtres, chefs de compagnie porteront le même habit mais de drap plus fin et avec les basques longues. Contre épaulette en drap bleu entourée d’un petit galon d’or. Les cheveux seront coupés.

 

Equipement :

3 chemises,

3 cols blancs,

2 paires de ½ bas de fil ou de coton,

1 paire de bas en laine,

2 paires de souliers (sans boucle, mais à lacets),

1 paire de ½ guêtres en toile grise,

1 paire de ½ guêtres noires,

1 havresac en peau,

2 cocardes dont une sur le shako.

. L’habit de travail sera un vieil uniforme ou à défaut un paletot de drap bleu croisant sur la poitrine.

. Pantalon de drap de même étoffe.

. Sarrau et pantalon de toile de même forme que ceux des calfats et pourront être portés par-dessus l’habit.

. Collier (Hausse col)  pour les officiers.

. Les contre épaulettes sont garnies d’une ancre et d’un sabre en sautoir avec une hache en drap rouge (sic).

. Baudrier, banderole et bretelle de fusil en buffle blanc.

 

Durant l’année, une nouvelle étape est franchie, il y a fusion de la totalité des compagnies d’Ouvriers Militaires de la Marine en une seule unité qui prend une nouvelle appellation : « Le Régiment des Ouvriers de la Marine ».

 

 

Régiment d’Ouvriers Militaires de la Marine

1807- 1808

 

 

Généralités :

 La fusion de toutes les compagnies d’Ouvriers en un régiment constitue une nouvelle étape vers la militarisation de l’unité.

 

Organisation :

Le régiment compte 3 bataillons de 6 compagnies de 207 hommes chacun. Des officiers commandent les compagnies et le corps a son Etat-major. Il compte au moins 7 cantonnements différents. Le 1er Bataillon et les 5 premières compagnies sont à Anvers et Flessingue et toutes les autres compagnies sont disséminées dans les ports  d’Anvers, Brest, Toulon, Rochefort, Lorient, Cherbourg et Boulogne.

 

 

REGIMENT D’OUVRIERS

 

 

1er BATAILLON

ANVERS

FLESSINGUE

 

2ème BATAILLON

 

3ème BATAILLON

Nombre d’hommes

207

207

207

Compagnies

1ère Cie (Anvers)

1ère Cie

1ère Cie

 

2ème Cie (Anvers)

2ème Cie

2ème Cie

 

3ème Cie (Anvers)

3ème Cie

3ème Cie

 

4ème Cie (Anvers)

4ème Cie

4ème Cie

 

5ème Cie (Anvers)

5ème Cie

5ème Cie

 

6ème Cie (Flessingue)

6ème Cie

6ème Cie

 (Rochefort)*

 

Les rapports affirment que la discipline est bonne, que les jeunes gens, dont la plupart n’ont pas 25 ans, sont pleins d’ardeur réclament des Aigles pour mieux prouver leur loyalisme. (AN. AF IV – 1209. Rapport de l’Empereur  le 26 mars 1807).

 

* Selon les archives du SHM de Rochefort (3E1629) Une fraction de la 6ème Compagnie du 3ème bataillon se compose de sous officiers et d’ouvriers provenant de la frégate La Comète,  partie d’Anvers le 23 mai 1807 et désarmée à Rochefort le 16 juin 1807, à savoir :

 

NOM

FONCTION

NOM

FOCTION

DUCLOS Louis Gabriel

Sergent Major

FREMONT Vincent

Ouvrier

BRIOU Léonard

Sergent

SENTIER Noël

Ouvrier

CHABANT Nicolas

Sergent

SOUDANNE Jean Baptiste

Ouvrier

BLANCHE Olivier

Ouvrier

VILLIER Denis

Ouvrier

MORDELY Joseph

Ouvrier

REGNION Pierre

Ouvrier

SERGENT Marie Joseph

Ouvrier

DOUAREC Alain Alexis

Ouvrier

BOUCHIOT Jean

Ouvrier

BEAUJOINT Jean Baptiste

Ouvrier

TOURNIER Pierre

Ouvrier

LAUNAI Jacques

Ouvrier

SOULLIER David

Ouvrier

BROCHARD Jean

Ouvrier

LORS Charles

Ouvrier

DOPTIN Antoine

Ouvrier

PIQUET Michel

Ouvrier

MARBOEUF Pierre

Ouvrier

BOUVET Louis

Ouvrier

CASIOU François

Ouvrier

OLIVIER Jean Baptiste

Ouvrier

VRIGNION Pierre

Ouvrier

 

 

 

 

 

            Mais le Conseil d’Etat ne voit pas quel intérêt il y a à disséminer un régiment en une multitude d’unités réparties dans tous les arsenaux, et préconise plutôt l’organisation des Ouvriers de la Marine en compagnies indépendantes les unes des autres, tout comme le sont les compagnies d’Ouvriers d’artillerie, parce qu’elles ne sont pas destinées à être rassemblées au même endroit. Un texte est rédigé en ce sens, mais DECRES retarde un peu son exécution, sous prétexte qu’il faut maintenir tel quel le bataillon d’Anvers pour qu’ils puissent rejoindre à tout moment le Corps d’observation de l’Escaut du général CHAMBARLHAC.

 

Information sur l’année 1807 :

 

 

 

NOM

 

PROFESSION

 

INFORMATIONS

 

 

LAPORTE

Pierre

. Caporal le 1er octobre 1803.

. Sergent le 20 juin 1805.

. Sergent Major le 20 juillet 1805

. Adjudant sous officier le 1er mars 1811.

. Lieutenant de 2ème classe dans le 8ème BOMM par décret Impérial le 15 mai 1813.

Né le 29 décembre 1781 à Sénone (Vosges). Conscrit de l’an XI, entré au service des ouvriers le 24 septembre 1803.

Fait la campagne de terre. Parti d’Anvers pour l’île de Walcheren le 1er octobre 1807 sous les ordres de l’ingénieur de la marine NOTAIRE -GRANVILLE, chef du Génie. Rentré à Anvers le 20 juillet 1808.

HAURIE

Pierre

. Conscrit de l’an X affecté à la 16ème Cie d’Ouvriers de Rochefort en 1803.

. Fourrier le 8 octobre 1803.

. Sergent le 5 août 1805.

. Sergent Major le 1er août 1810.

. Lieutenant de 2ème classe le 15 décembre 1810. 3ème Cie du 8ème Bn

. Lieutenant en premier le 15 mai 1813. 1ère Cie du 8ème Bn.

 Né le 24 juin 1781 à Orthez (Basses Pyrénées)

Affecté au commandement de la 16ème Cie le 16 mars 1807,  puis à la 6ème Cie le 1er février 1808.

. Rempli les fonctions d’Adjudant-Major de la place de Puerto Réal en Espagne. A compter du 23 mars 1812.

 

 

 

 

Un nouveau  décret d’organisation des Ouvriers paraît le 15 janvier 1808 et donne encore une nouvelle appellation : « Compagnies d’Ouvriers Militaires de la Marine ».

 

 

 

Les Compagnies d’Ouvriers Militaires de la Marine.

1808 – 1810

Décret du 15 janvier 1808

 

1808

 

. Généralités :

La création des Ouvriers Militaires de la Marine apportaient une solution à la pénurie d’ouvriers plutôt que des renforts à l’armée, mais la poursuite de la guerre décime les soldats spécialisés du Génie de l’Armée. La Marine est donc appelée, toujours d’avantage, à compenser les pertes.

 

Organisation :

. Le 15 janvier 1808 : Des Tuileries, l’Empereur signe un nouveau décret réorganisant complètement les ouvriers des arsenaux et leur donne maintenant l’appellation de « Compagnies d’Ouvriers Militaires de la Marine ».

 

Extraits du décret du 15 janvier 1808 :

 

Article 1 : Les Ouvriers conscrits employés dans les arsenaux militaires de la Marine continueront à être divisés en compagnies, conformément à notre arrêté du 23 ventôse an XI.

 

Article 2 : Les compagnies d’Ouvriers conscrits prendront le nom de « Compagnies d’Ouvriers Militaires de la Marine ».

 

Article 3 : Le nombre des compagnies sera porté à 18. Ce nombre pourra varier en raison des besoins du service.

 

Article 4 : Les compagnies seront indépendantes les unes des autres, et formeront autant de corps séparés;  elles seront placées dans les ports ou leur service sera jugé nécessaire.

 

Article 5 : Chaque compagnie, désignée par un numéro, est composée de deux divisions comptant un total de 209 hommes. Chaque division forme deux sections et chaque section forme deux escouades. (Voir décret organique)

 

La Compagnie :

 

 

OFFICIERS

 

SOUS OFFICIERS

 

OUVRIERS

 

Capitaine :                            1

Sergent – Major :                  1

Ouvriers  1ère classe :           40

Lieutenant :                          1

Sergent :                                4

Ouvriers  2ème classe :         64

 

Caporal – Fourrier :              1

Ouvriers  3ème classe :         88

 

Caporal :                               8

Tambour :                              1

2

14

193

 

Les sergents-Majors ont la fonction de Quartier-Maître (Trésorier).

 

Conseil d’administration de la compagnie :

Il est formé dans chaque compagnie, un Conseil d’Administration, chargé de tous les détails relatifs au régime intérieur économique du corps. Il est composé de trois membres :

1)      Le Capitaine, commandant la compagnie.

2)      Le lieutenant

3)      Un sous officier nommé à cet effet par le ministre, sur présentation de l’inspecteur général.

 

La Division :

Chaque compagnie forme deux divisions chacune de 102 hommes, à savoir :

 

 

1ère DIVISION

 

 

2ème DIVISION

 

 

SOUS OFFICIERS

OUVRIERS

SOUS OFFICIERS

OUVRIERS

Sergents :                  2

Ouvriers 1ère cl :     20

Sergents :                  2

Ouvriers 1ère cl :     20

Caporaux :                4

Ouvriers 2ème cl :    32

Caporaux :                4

Ouvriers 2ème cl :    32

 

Ouvriers 3ème cl :    44

 

Ouvriers 3ème cl :    44

6

96

6

96

 

La Section :

Chaque division forme deux sections de 51 hommes chacune :

 

 

1ère SECTION

 

 

2ème SECTION

 

 

SOUS OFFICIERS

OUVRIERS

SOUS OFFICIERS

OUVRIERS

Sergents :                  1

Ouvriers 1ère cl :     10

Sergents :                  1

Ouvriers 1ère cl :     10

Caporaux :                2

Ouvriers 2ème cl :    16

Caporaux :                2

Ouvriers 2ème cl :    16

 

Ouvriers 3ème cl :    22

 

Ouvriers 3ème cl :    22

3

48

3

48

 

L’Escouade :

Chaque section forme deux escouades de 25 hommes chacune :

 

 

1ère ESCOUADE

1ère SECTION

 

 

2ème ESCOUADE

1ère SECTION

 

 

SOUS OFFICIERS

OUVRIERS

SOUS OFFICIERS

OUVRIERS

Caporal :                   1

Ouvriers 1ère cl :       5

Caporal :                   1

Ouvriers 1ère cl :       5

 

Ouvriers 2ème cl :      8

 

Ouvriers 2ème cl :      8

 

Ouvriers 3ème cl :    11

 

Ouvriers 3ème cl :    11

1

24

1

24

 

Professions requises :

Chaque compagnie est composée de manière à posséder des ouvriers de diverses professions dans le rapport nécessaire pour les travaux ordinaires des constructions.

. Les trois premières sections de chaque compagnie sont formées de charpentiers et de scieurs de long. Les charpentiers sont exercés aux professions de perceurs et de calfats.

. La première escouade de la quatrième section est composée de menuisiers, poulieurs, tonneliers.

. La seconde escouade de la quatrième section est composée d’ouvriers en fer : Forgerons, cloutiers, etc.

 

Encadrement des sections :

. Les sous officiers et caporaux des trois premières sections sont pris parmi les hommes du grade immédiatement inférieur dans la profession de charpentier.

. Le sergent attaché à la quatrième section est pris alternativement parmi les ouvriers en bois et en fer. Il est toujours affecté à la première escouade de cette section, un caporal pris parmi les menuisiers, poulieurs et tonneliers. La seconde escouade de cette section est commandée par un caporal pris parmi les ouvriers en fer.

 

Encadrement des compagnies et des divisions :

. Le capitaine de la compagnie, en cas de détachement, commande la première division. Le sergent-Major en dépend également.

. Le lieutenant est attaché à la seconde division. Chaque section est commandée par un sergent et l’escouade par un caporal.

. Enfants de troupe : Sont admis, dans chaque compagnie, deux enfants d’ouvriers qui font le service d’apprentis et sont considérés comme des enfants de troupe.

 

Composition partielle de la 16ème Compagnie : Port de Rochefort 1809 : (6E1701)

 

NOM

FONCTION

OBSERVATIONS

RIGAULT

Charles

Capitaine

Sous ingénieur de 1ère Classe

 

DELRUE

Honoré

Lieutenant de 1ère classe

 

HANT

Michel

Sergent Major

 

BALLIONS

Claude

Sergent

Mort à l’hôpital de Saintes le 2 avril 1809

MARECHAL

Louis

Sergent

 

SALVIGNOL

Armand

Sergent

 

BELLAMY

Jean

Sergent

 

BROUSSEAU

Martin

 

 

LECHAP(P)E

Henry

Caporal Fourrier

 

AUBOUIN

Joachim

Ouvrier de 3ème classe.

Natif de Rochefort

 

Officiers du Génie Maritime présents à Rochefort en août 1808 :

 

NOM

GRADE

FONCTION

ROLAND CADET

Pierre Jacques Nicolas

Ingénieur en Chef

(CLH)

Chef des Constructions

FILHON

Paul

Ingénieur de 2ème Classe

Ingénieur

CHAUMONT

Jean François

Ingénieur de 3ème Classe

Ingénieur

RIGAULT

Charles

Sous Ingénieur de 1ère Classe

Sous Ingénieur

HUBERT

Jean Baptiste

Sous Ingénieur de 1ère Classe

Sous Ingénieur

BOURASSEAU

Pierre

Sous Ingénieur de 2ème Classe

Sous Ingénieur

BONNET

Sous Ingénieur de 2ème Classe

Sous Ingénieur

LEMOYNE SERIGNY

Amédée Honoré Marie

Sous Ingénieur de 2ème Classe

Sous Ingénieur

 

Formation en Régiment ou en Bataillon d’Ouvriers Militaires de la Marine :

 Lorsqu’il y a plus de quatre compagnies dans un port, il est formé un bataillon dont le commandement est confié à un capitaine de frégate ou un ingénieur du grade correspondant (Chef de bataillon), nommé par le ministre.

La fonction d’adjudant est confiée à un capitaine d’artillerie de la marine, nommé par le ministre, lui sont adjoints deux sous officiers (Adjudants sous officiers) de la même arme, également nommés, chargés d’assurer l’instruction et la manœuvre des ouvriers.

. S’il y a plus de huit compagnies dans le port, il est formé deux bataillons de quatre compagnies chacun.

. S’il y a plus de seize compagnies dans le même port, il est formé trois bataillons de quatre compagnies à huit compagnies maximum chacun

. S’il y a deux bataillons d’ouvriers dans un port, il est formé un régiment commandé par un capitaine de vaisseau ou un ingénieur en chef, ayant rang de Colonel..

 

Nominations des officiers :

Pour les compagnies employées dans les ports, sont nommés par le ministre :

. 9 capitaines de 1ère classe.

. 9 capitaines de 2ème classe.

. 9 lieutenants de 1ère classe.

. 9 lieutenants de 2ème classe.

 

Service, police et discipline :

Les ouvriers militaires sont astreints autant au service militaire qu’aux travaux des ateliers. Pour le service militaire, ils sont sous l’autorité immédiate des officiers de leur compagnie. Les principaux  ordres proviennent du Préfet maritime et sont transmis par le chef militaire de la marine à chaque capitaine de compagnie. Les ouvriers militaires travaillant dans les ateliers ou sur les chantiers sont aux ordres des officiers ingénieurs du Génie maritime.

 

. Uniformes : (Article 37, titre 6)

 

. Habit veste (court, du modèle de l’infanterie légère) de drap bleu foncé, doublé de serge de même couleur, bordé d’un liseré rouge. Revers, parements et collets montant de velours noir, liseré de rouge. Poches en dessous. L’habit sera garni de sept petits boutons à chaque revers, il y aura une ancre sur un des côtés du retroussis et deux haches en sautoir sur l’autre. Parements (en botte ou en pointe) fendus et attachés avec trois petits boutons.

. Gilet et pantalon de drap bleu.

. Bouton en métal jaune, timbrés d’une ancre en son centre, avec la légende « Ouvriers militaires ».

. Schako bordé d’un galon de laine rouge, ganse de laine jaune. Bouton uniforme, cocarde nationale et pompon rouge.

. Bonnet de police en drap bleu.

. Paletot et pantalon de travail en tricot bleu.

. Sarrau bleu et grande culotte de toile blanche.

 

Equipement :

. Trois chemises.

. Trois mouchoirs.

. Une paire de demi-guêtres en estamette noire.

. Une paire de guêtres en toile grise.

. Deux paires de souliers.

. Trois paires de bas.

. Deux cols.

. Brosse, peigne, boucles et épinglette.

. Havresac en peau.

. Baudrier porte sabre briquet (pour les sous officiers, ouvriers de 1ère classe et tambours) en buffle blanc.

. Banderole porte giberne en buffle blanc.

 

. Construction d’un pont de bateaux :

Elle doit se faire en un jour. La décomposition des tâches et la durée se fait de la manière suivante :

. 5 heures pour décharger et jeter à l’eau 80 bateaux.

. 2 heures pour appareiller, s’embarquer, déboucher, aborder et débarquer 1 200 hommes. Il convient de mettre les bateaux à l’emplacement choisi, déposer les agrès sur la rive dans un lieu commode. La construction d’un pont de bateaux nécessite environ 60 hommes répartis de la manière suivante :

. 1 Sergent au dépôt des bateaux.

. 1 Sergent au dépôt des poutrelles et madriers.

. 1 Sergent à la première culée du pont.

. 1 Sergent à la travée qu’on couvre.

. 14 hommes pour porter 7 poutrelles.

. 20 homes pour porter 20 madriers.

. 2 hommes pour placer les madriers.

. 2 hommes pour égaliser, avec des masses, les madriers.

. 8 hommes pour aider les bateliers ou marins.

. 4 hommes par bateau.

. 6 hommes pour fixer les poutrelles avec les clameaux.

. 4 hommes pour aider à jeter les ancres.

 

Information sur les années 1808 et 1809 :

 

. 1808 : Début de la Campagne d’Espagne :

 

. 1808 : Arsenal d’Anvers : De mai 1808 jusqu’en septembre, le corps des Ouvriers Militaires de la Marine est sous les ordres du Colonel LAIR, Ingénieur en chef du Génie Maritime à l’Etat-major d’Anvers.

 Les Ouvriers affectés aux travaux de ce port construisent un vaisseau de 74 canons, le « DU GUESCLIN » , achèvent presque deux autres vaisseaux de 80, « Le TILSIT » et « Le PACIFICATEUR » et arment toute l’escadre de l’Escaut, pendant que l’ingénieur Auguste MASQUELEZ dirige en chef les travaux de Flessingue.

 

. Les 5 & 6 Août 1808 : Visite de l’arsenal de Rochefort par Napoléon.

 

 

1809

 

. Campagne de l’Escaut , Campagne d’Autriche  et d’Espagne 1809 :

 

. Février 1809 : Campagne de Soult au Portugal :

 

. Préparatifs des Campagne de l’Escaut et  d’Autriche :

 

Indépendamment de l’organisation général du corps des Ouvriers de la Marine pour les ports et arsenaux, l’Empereur souhaitant utiliser leurs compétences sur le théâtre des futures opérations militaires de la campagne d’Autriche, aux côtés des pontonniers et du Génie.

 

. Le 14 mars 1809 : L’Empereur écrit à DECRES :

«  Je désirerais avoir à l’armée du Rhin 2000 hommes de marine. D’abord d’un équipage de flottille qui serait armé de fusils et porterait au lieu des sabres briquet, des outils.

1ère Cie : des haches,

2ème Cie : des pioches,

3ème Cie : des pics à hoyaux

4ème Cie : des pelles.

Ces outils seraient portés en bandoulière. Je voudrais ensuite avoir un bataillon d’Ouvriers Conscrits de la marie de 4 compagnies qui serait commandé par des officiers d’artillerie de marine qui eussent servi, si possible, dans les ouvriers. Ces deux corps seraient attaché au Génie de l’armée. Ils seront utiles pour le passage des grandes rivières, et pour conduire des petites embarcations armées ou des bateaux pour la navigation. Il faudrait qu’il y eut dans les compagnies d’Ouvriers, quelques calfats, contremaîtres, charpentiers, et par compagnie un officier ingénieur de Marine ayant l’habitude de construire des vaisseaux, des bateaux ou les réparer... »

 

. Le 17 mars 1809 :  Anvers : Selon les ordres de l’Empereur, il est mis sur pied un premier bataillon de guerre d’Ouvriers de la Marine auquel il adjoint de vrais marins pour le passage des fleuves et rivières. Ces derniers proviennent du 44ème Bataillon de Flottille Impériale de Boulogne. (Nota : La plaque de shako indique  44ème Régiment ). Cette nouvelle unité mixte sera dénommée : « 1er Régiment de Marine ou 1er Equipage de marine », selon les sources ou les témoignages. Elle est dirigée en chef, par le Capitaine de Vaisseau BASTE, détaché à cette occasion du corps des Marins de la Garde Impériale, auquel on adjoint le Chef de Bataillon BECHEE (Officier d’Artillerie de Marine) pour les 6 compagnies d’Ouvriers comptant 140 hommes chacune, et le Capitaine de Frégate REGNAULT pour les 5 compagnies de marins.

 

 

PREMIER REGIMENT DE MARINE

Décret du 17 mars 1809

Campagne d’Autriche et d’Espagne

1809 - 1813

Colonel BASTE

(Corps des Marins de la Garde Impériale)

 

ETAT MAJOR 

Colonel

 Capitaine de vaisseau BASTE

Major

Capitaine de frégate REGNAULT

Adjudant Major 

ARMAND

Quartier Maître

 BASTIDE

Chirurgien Major

 TRONCHERE

 

 

1er Bataillon d’ouvriers Militaires de la Marine

(3E3 38)

 

Chef de Bataillon BECHEE

44ème Bataillon de Flottille Impériale

(3E3 39)

Ex 2ème Equipage de Flottille

Capitaine de Frégate REGNAULT

Adjudant Major DEFEZ

6 compagnies

5 compagnies

1ère Cie :

1ère Cie :

2ème Cie :

2ème Cie :

3ème Cie :

3ème Cie :

4ème Cie :

4ème Cie :

5ème Cie :

5ème Cie :

6ème Cie :

 

LE BUBOIS De MARSILLY: (CLH) Capitaine d’Artillerie de Marine, attaché au 1er Bataillon. Fut décoré de la Légion d’Honneur pour avoir fait construire un pont à Ebserdorf, sous le feu de l’ennemi. Il assista aux batailles d’Essling et de Wagram

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Capitaines : TOUCHERD, CHATELAIN, THUILLIER, LEFEBRE, PARMENTIER, DEBOISSE, RIGAULT, GOUVAIN, DESTRAIT

Lieutenants en 1er : DULOUY, PULBERG, REUXEL, DUMONT, BRUNETEAU, JOUBERT, FREMINVILLE, FOUCHERD, ARSON.

Lieutenant en 2ème : WARNET, SAINT JUST, BOULANGER, BENOIT, DOURSIGNON, LEMERCIER, LAVACHE, BAZIRE, SAUVAGET

 

GANDON : Capitaine d’Artillerie de Marine attaché au 1er Bataillon. fut employé aux travaux des redoutes du camp de Spitz, combattit à Wagram et fut fait Chevalier de la Légion d’Honneur, pour service signalé.

DEFEZ : Capitaine d’Artillerie de marine. Fait fonction d’Adjudant Major au 44ème de Flottille.

BOURDIGNAN : Lieutenant d’Artillerie de Marine.

SIMON Jean : Matricule 1315, né le 3 août 1789. Apprenti marin, tué par un boulet à Presbourg le 9 juin 1809.

DE TOURNEMINE : Lieutenant d’Artillerie de Marine. Blessé sur la Piave le 8 mai 1809.

DUPLOUY Jules : Il est ami du Capitaine Adjudant Major Gemain ARMAND et de Capitaine GAUVIN (ou GOUVIN). Il accompagne son ami pour déclarer la naissance de son fils en 1808 à qui il donne son prénom.

 

ARMAND Germain : Son épouse et son fils Jules, né en 1808, sont à Boulogne. C’est avec son ami Jules DUPLOUY qu’il va déclarer la naissance de son fils à qui il donne le prénom de son camarade « Jules ». (Courrier de son épouse en date de 1809, conservé dans la famille. Information de M. Harold HUBERT décembre 2011.

 

. Le 31 mars 1809 : Arsenal d’Anvers : Le Lieutenant Pierre DAVIEL, commandant une compagnie d’Ouvriers militaires à Brest, est affecté avec ses hommes à l’arsenal d’Anvers, avec la fonction de capitaine, ingénieur de seconde classe (Sous ingénieur).

 

. Le 1er avril 1809 : Les 6 compagnies du bataillon de guerre des Ouvriers quittent Anvers pour Strasbourg, « la fleur au fusil ». Fin juin, un petit détachement de Charpentiers-Calfats, parti de Rochefort et de Boulogne, avec trois paires de souliers neufs et une capote, rejoint le bataillon. A Strasbourg, il est fourni au bataillon des caissons d’outils supplémentaires.

 

CAMPAGNE d’Autriche 1809

 

Le 29 mai 1809 : L’Empereur écrit à BERTRAND et lui signifie qu’il faut  « employer une partie des ouvriers à construire une soixantaine de pontons »

 

Le 1er juin 1809 : Une autre correspondance fait état de la construction de péniches armées pour servire à maîtriser parfaitement le fleuve (Danube). Parmi les réalisations de ces charpentiers et calfats, on relève la construction de barques bastinguées, des pontons, des péniches et des radeaux destinés aux troupes.

 

. Le 30 juillet 1809 : Munis de 30 cartouches chacun, d’autres ouvriers militaires (du 3ème Bat. de l’Escaut) se rendent à Gand. Leur excellente tenue appelle les compliments du général RAMPON et du roi Louis BONAPARTE, qui disent d’eux : « Ils sont ce qu’il y a de mieux ! » 

 

. Le 4 août 1809 : Flessingue : Par ordre du Préfet Maritime, le capitaine DAVIEL se rend avec sa compagnie sur la rive droite du fleuve afin d’y renforcer les ouvrages de défense et y reste durant toute la campagne (de l’Escaut).

 

. Du 12 août au 24 septembre 1809 : Flessingue : Sous les ordres du Maréchal BERNADOTTE, Prince de Ponte Corvo, qui remplace le général RAMPON durant cette période, à l’armée de l’Escaut, les Ouvriers militaires du 3ème bataillon de l’Escaut, dirigé par l’ingénieur Auguste MASQUELEZ, se mettent en alerte le 1er août 1809. L’escadre anglaise s’approche et s’apprête à entrer dans l’Escaut pour débarquer des troupes sur l’île de Walcheren.

 

. En septembre 1809 : Anvers : L’Empereur revient à Anvers et après s’être entretenu avec le ministre DECRES, envisage de former un second bataillon de guerre d’Ouvriers Militaires de la Marine, selon le même mode que le précédant (CC3 –2799). Il serait composé d’ouvriers pris dans les ports de l’ouest, de Boulogne et aussi de Toulon, pour combattre, cette fois, en Espagne. Sa mission : Faciliter le passage des cours d’eau, prendre possession des vaisseaux dont ceux du Ferrol et de la rade de Cadix où se trouvent les restes de la flotte combinée franco-espagnole, de l’amiral ROSIGNY-MESROS (1748-1832), prise le 14 juin 1808. Cette même mission avait été confiée aux 444 marins de la Garde (Capitaine de vaisseau DAUGIER), hélas pris à Baylen le 21 juillet 1808. Ils devaient prendre possession de deux vaisseaux espagnols à trois ponts se trouvant dans la rade, que l’Empereur voulait acquérir et ramener en France.

 

La campagne d’Autriche s’achève, le 1er Régiment de  BASTE (1/44, dont les éléments viennent de faire cette Campagne, ont, dès le traité de Vienne signé le 14 octobre 1809, l’ordre de rejoindre la Péninsule Ibérique auprès du corps de MASSENA, qui s’apprête à envahir, pour la 3ème fois, le Portugal. Le bataillon compte désormais 924 ouvriers et marins et sont à la suite de l’artillerie (Général EBLE) et du Génie (Général LASOUSKI)

 

 

1810

 

. Le 3 janvier 1810 : La décision de créer un deuxième bataillon de guerre d’Ouvriers est prise, un projet de décret est soumis à l’Empereur. (AN AF IV 1209)

 

. Selon l’almanach de 1810, le corps des Ouvriers Militaires de la Marine se compose comme suit :

 

L’Etat Major du corps est toujours à Anvers.

 

Colonel LAIR

(Ingénieur en chef des constructions)

 Chevalier Légion d’Honneur.

Chef de Bataillon  NOTAIRE GRANVILLE

 (CLH) Ingénieur du Génie Maritime

Chef de Bataillon LEFEBVRE

 (CLH) Ingénieur du Génie Maritime

Capitaine Adjudant Major  SAVARY

 

COMPAGNIE

NOM

GRADE

INFORMATIONS

1ère Compagnie

EASME LACROIX

Capitaine en 1er

 

 

DUPONT

Lieutenant en 1er

 

2ème Compagnie

BOUSSARD

 

 

 

MARCHAND

Lieutenant en 2ème

 

3ème Compagnie

LECHELL

Capitaine en 1er

 

 

ROSSEL

Lieutenant en 1er 

 

4ème Compagnie

THIENOT

Capitaine en 1er

 

 

WERBROUCK

Lieutenant en 2ème

 

5ème Compagnie

PERROY

Capitaine en 2ème

 

 

GODET

Lieutenant en 2ème

 

6ème Compagnie

GUILLEMARD

Capitaine en 2ème

 

 

LANGLOIS

Lieutenant en 2ème

 

7ème Compagnie

MASQUELEZ Auguste

Capitaine en 1er

Sous Ingénieur

 

AUTREICHE

Lieutenant en 2ème

 

8ème Compagnie

GILBERT

Capitaine en 1er

Sous Ingénieur

 

BARNOUX

Lieutenant en 1er

 

9ème Compagnie

MOREAU

Capitaine en 1er

Sous Ingénieur

 

QUEMENEUR

Lieutenant en 2ème

 

10ème Compagnie

LOMBARD

Capitaine en 1er

 

 

GODEFROY

Lieutenant en 2ème

 

11ème Compagnie

HAMARD

Capitaine en 2ème

Sous Ingénieur

 

PREVOST

Lieutenant en 2ème

 

12ème Compagnie

FABRE D’EGLANTINE

Capitaine en 2ème

 

 

DANIEL

Lieutenant en 1er

Sous Ingénieur

13ème Compagnie

LAMBRECHT

Capitaine en 2ème

 

 

VAUQUELIN

Lieutenant en 1er

 

14ème Compagnie

ROYOU

Capitaine en 1er

 

 

PHILIPPE

Lieutenant en 2ème

 

15ème Compagnie

ANVERS

DEMAREST

Capitaine en 1er

Sous Ingénieur

 

AMISSE

Lieutenant en 1er

 

16ème Compagnie

ROCHEFORT

RIGAUD Charles

Capitaine en 1er

Sous Ingénieur

 

DELRUE Honoré

Lieutenant en 1er

 

17ème Compagnie

TOULON

DUPIN

Capitaine en 1er

 

 

CHATON

Lieutenant en 2ème

 

18ème Compagnie

ANDOY

Capitaine en 1er

 

 

VAQUIER

Lieutenant en 1er

 

 

 

. Le 1er mars 1810 : Projet de formation du deuxième bataillon de guerre d’Ouvriers qui sera formé à Bordeaux, et prendra la dénomination de « 2ème Bataillon d’Ouvriers Militaires de la Marine » auquel on adjoindra des marins du 43ème Bataillon de Flottille Impériale (sic) ex 3ème Equipage ou Régiment de flottille, provenant de Boulogne.

 

. 11 mars 1810 : Nouveau décret concernant l’organisation du corps des Ouvriers Militaires de la Marine qui transforme les 18 compagnies actuellement dans les ports, en 12 nouvelles compagnies.

 

Sont donc confirmés dans leur fonction deux bataillons de guerre des Ouvriers Militaires de la Marine à la Grande Armée, dont le Bataillon du Danube est le 2ème Bataillon de l’Escaut toujours en Espagne en 1810, au siège de Cadix.

 

(AN AF IV 1301. Décret du 11 mars 1810 et rapport de l’Empereur d’octobre 1810)

 

. 15 mars 1810 : Entrée en campagne du deuxième bataillon de guerre des Ouvriers et Marins  qui prend le nom de « 2ème Régiment de Marine ou 2ème Equipage de Marine, selon les sources. », sous les ordres du Capitaine de Vaisseau SAIZIEU, détaché, comme BASTE, du corps des Marins de la Garde, et fait fonction de Colonel. Le Chef de Bataillon  BUTREAU commande le bataillon d’Ouvriers, auquel il est adjoint, le Capitaine DAVIEL, ingénieur de la Marine, qui arrive d’Anvers.

 

. 20 mars 1810 : Décret impérial :

 

 Extrait des minutes de la secrétairerie d’Etat :

 

«  Au Palais Impérial des Tuilerie, le 20 mars 1810.

 

Napoléon, empereur des Français, roi d’Italie ; sur le rapport de notre ministre de la Marine ; notre Conseil d’Etat entendu, nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

 

Article 1 : Les deux bataillons d’Ouvriers Militaires de la Marine destinés à servir dans mon armée, formeront chacun un bataillon de guerre, lequel aura un Conseil d’Administration particulier, composé comme il est prescrit pour nos troupes de ligne.

 

Article 2 : Les 18 compagnies d’Ouvriers servant dans nos ports, seront organisées en 12 compagnies composées et administrées conformément aux dispositions de notre décret du 15 janvier 1808.

 

Article 3 : Les officiers des 18 compagnies qui ne seront pas compris dans la nouvelles formation, resteront provisoirement à la suite des compagnies, et pourront être appelés à remplir successivement les places vacantes.

 

Article 4 : La masse d’habillement, de logement, et de chauffage alloués aux ouvriers militaires par la circulaire n°48 et suivantes de notre décret du 15 janvier 1808, sera payée à l’effectif et non sur le pied complet.

 

Article 5 : Les présentes dispositions auront lieu en ce qui concerne la comptabilité dudit corps à dater du 1er janvier 1810.

 

Article 6 : Notre Ministre de la Marine est chargé de l’exécution du présent décret. »

 

DEUXIEME REGIMENT DE MARINE

 20 mars 1810

Campagne d’Espagne

Colonel SAIZIEU

(Corps des Marins de la Garde Impériale)

Etat Major

Colonel

Capitaine de vaisseau SAIZIEU

Major

Capitaine de frégate BEDEL DUTERTRE

Adjudant Major

BERNARD

Quartier Maître

EUDES

Chirurgien Major : ?

 

 

2ème Bataillon d’Ouvriers Militaires de la Marine

organisé à Bordeaux le1er mars 1810

ex 2ème Bataillon de Boulogne

Chef de Bataillon BUTREAU

43ème Bataillon de Flottille Impériale

(Ex 1er  Equipage de Flottille)

Capitaine de Frégate

 BEDEL DUTERTRE

BUTREAU : Chef de Bataillon. Reçut une balle dans la jambe gauche au combat d’Almazan le 10 juillet 1810. Il sera plus tard promu Colonel.

Capitaines :

 BARRE, DUCHEMIN, LAMONNERIE, MOREL

Lieutenant en 1er :

DELACORBIERE, GOUGET, DELAPORTE, GOURDAU, FAUTRIL, GIBOU, RIOU, DAUPHIN.

Lieutenant en 2ème :

PEREE, ROUGET, CORCY, SEGUR, LAGORSE, COURESTER, LEMOINE, LECLERC.

DAVIEL Pierre : Capitaine, ingénieur du Génie maritime

(Décret du 20.03.1810). Attaché auprès du Colonel SAIZIEU

LEQUELLLEC Alexandre : Sergent Major, tué à Séville le 27 août 1812.

HAURY Pierre : Lieutenant. (Décret du 15.12.1810) assurera la fonction d’adjudant major de la place de Puerto réal du 23 mars au 25 août 1812. Rempli les fonctions d’officier payeur du 8ème BOMM.

DETOUCHE Jean : Matricule 1236, né le 19 septembre 1783, incorporé le 1er avril 1809 dans la 4ème Cie. Matelot de 3ème Classe, provenant du 2ème Régt de Flottille, 1er Bat, 6ème Cie. Blessé d’une balle au bras droit le 9 juin 1809 dans l’Ile de Lobau. Devient caporal. Blessé de nouveau, se trouve à l’hôpital d’Almanza le 6 novembre 1812.

GANDON : Capitaine d’Artillerie de Marine, reçut la croix de la Légion d’Honneur.        

HOULIER Pierre : Matricule 1237, n é le 1er janvier 1786. Vient du 2ème Régt de Flottille. Matelot Grenadier. Blessé en juillet 1810 au combat d’Almazan, promu caporal le 11 avril 1811.

GIREAU : Capitaine d’Artillerie de marine, attaché au Ouvriers. Fait prisonnier des espagnols, il mourut de privation et de misère à Cabrera, le 10 juin 1810.

BORGHES Raphaël : Matelot. Reste en arrière au Portugal le 1er février 1811. Sera présumé mort.

HARION : Capitaine d’Artillerie de marine, attaché aux ouvriers. Fut tué dans la nuit du 15 au 16 mai 1810 dans la Baie de Cadix sur le ponton La Vieille Castille. Enlevé de vive force sous le feu des batteries anglaises.

FEUILLOLEY Pierre : Fait partie d’un détachement laissé à San Sébastian le 21 mai 1810.

FRABOULET de VILLENEUVE : Lieutenant Colonel du 2ème Régt d’Artillerie de Marine. Sera affecté à l’Etat Major du Duc de Dalmatie (SOULT) à compter du 1er avril 1813.

LEFEBRE Jean François : matricule 1263. Hôpital de Salamanque le 24 avril 1811.

 

GAUCHE Jean : matricule 1287, né le 16 novembre 1789 à St Martial, canton d’Archiac (Chte Infe), Matelot Fusilier, mesurant 1, 64 m. Se trouve à l’hôpital de Salamanque le 15 avril 1811, sera présumé mort.

 

Presque tous les officiers du bataillon d’Ouvriers militaires proviennent du corps de l’Artillerie de Marine. Le bataillon fit la campagne d’Espagne du 15 mars 1810 au 19 mars 1813. Il fut successivement commandé par les chefs de Bataillon BUTREAU et FRABOULET DE VILLENEUVE. 

 

 Le Capitaine de 1ère classe, ingénieur de la Marine Auguste MASQUELEZ, du 3ème Bataillon de l’Escaut, est affecté dès le 20 mars 1810 au 8ème BOMM en Espagne (CC3 – 2799) en qualité de Directeur des constructions. (Il sera adjoint provisoire au Quartier Général du Maréchal SOULT en 1811).

 

. A Rochefort en 1810 :

 

Au moment ou le Vice amiral TRUGUET prend son poste de Préfet Maritime de Rochefort en août 1810, il constate que le port qui comptait un nombre considérable d’ouvriers domiciliés, n’abrite plus que 80 charpentiers, les autres sont embarqués, prisonniers, retirés du service ou … morts.  Après la campagnes d’Autriche et durant celle d’Espagne, les compagnies d’Ouvriers Militaires, ne recouvrent plus les effectifs initiaux prévus par le décret organique du 15 janvier 1808. Il faut restructurer le corps. L’Empereur alors au Tuilerie demande à DECRES de se charger de cette réorganisation.

 

. A Cherbourg en 1810 :

 

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

Cherbourg

SEGONDAT J.M.

Ingénieur,

Chef du Génie Maritime

Cherbourg en 1810.

 

1811

 

 

. Juillet 1811 : L’Empereur décrète de doubler le nombre des Ouvriers Militaires et appelle au service 1 500 hommes sur la conscription de l’armée de terre au titre de l’année 1811, 800 hommes sur la conscription des territoires Hollandais, Italiens, Dalmates récemment annexés et enfin 900 hommes de la prochaine conscription maritime de 1812, soit un total de 3 200 hommes. (AN GG1 39. Décret du 29 juillet 1811)

 

 

 

 

Les Bataillons d’Ouvriers Militaires de la Marine

1811-1814

 

Décret du 2 août 1811

 

. Le 3 août 1811 :  Le Directeur général de la conscription écrit aux préfets des départements à propos de la formation du contingent à fournir aux bataillons des Ouvriers militaires, sur la réserve de la classe 1811 (Journal militaire 1811/1 p. 286).

 

. Le 7 août 1811 :  Une nouvelle lettre est adressée aux préfets des départements stipule que le contingent d’Ouvriers marins (sic) devra être composé d’1/8ème  de forgerons et de serruriers, d’1/8ème de menuisiers, poulieurs et tonneliers, et 3/4 de charpentiers, calfats ou scieurs de long. Cette proportion devant être rigoureusement observée (Journal militaire 1811/1 p.287)

 

. Le 8 août 1811 : Correspondance du Ministre au Préfet Mme de Rochefort. (SHM 2E1-64)

Des travaux sont ordonnés dans le port de Boulogne. Le ministre demande qu’il y soit envoyé des ouvriers de toutes les professions. Un Etat de situation indique qu’il y a à Rochefort 625 Ouvriers Charpentiers et 57 Perceurs. Il est ordonné la levée de 260 Charpentiers et 35 Perceurs qui devront partir pour Boulogne. Seront pris les plus jeunes et les plus expérimentés dans leur profession.

Signe DECRES

 

Le cadre des compagnies apparaît trop étroit pour accueillir les nouvelles recrues, il est décidé de structurer le Corps en 8 bataillons de 4 compagnies chacun, soit 875 hommes, officiers compris. Le Colonel LAIR Pierre, Jacques, Guillaume (Chef des Construction) commande toujours l’ensemble du corps qui se compose comme suit :

 

1er, 2ème & 3ème Bataillon : De l’Escaut.

Bataillon du Danube (Ex 1er Bat de l’Escaut)

Bataillon de Boulogne.

Bataillon de Cherbourg.

Bataillon de Toulon

Bataillon de Rochefort.

 

Chaque bataillon comprend  désormais un état major composé de :

 

1 Chef de Bataillon

1 Adjudant - Major  (Capitaine)

1 Quartier Maître

1 Adjudant Sous Officier

 

Il prend à son niveau la gestion des troupes qui en dépendent, mais la composition des compagnies demeure pratiquement identique.

 

 

OFFICIERS

 

SOUS OFFICIERS

 

OUVRIERS MILITAIRES

 

 Capitaine :                                     1

 Sergent Major :                              1

Ouvriers de 1ère, 2ème et 3ème classe 

                                                    200

 Lieutenant :                                   1

 Sergents :                                       4

 Tambour :                                      1

Sous Lieutenant :                           1

 Caporal Fourrier :                          1

 

 

Caporaux :                                      8

 

3

14

201

 

Le cadre de la réunion en bataillon prévu par le décret organique du 15 janvier 1808, uniquement pour les manœuvres, devient permanent dans les ports de Toulon, Cherbourg et Boulogne qui donnent leur nom au bataillon qu’ils abritent.

 

. Répartition des officiers du Génie Maritime selon l’almanach impérial de 1811 :

 

LIEU

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

LORIENT

LE DEAN

Ingénieur

 

VENISE

TUPINIER

Ingénieur

 

TOULON

ARNAUD

GUERIN

Ingénieur

Ingénieur

 

ROCHEFORT

RIGAULT Charles

HUBERT

BONNET

Ingénieur

Ingénieur

Ingénieur

 

CHERBOURG

LANGLOIS

Ingénieur/ Capitaine

 

NANTES

JAUNEZ

Ingénieur

Employé dans le 4èma arrondissement forestier.

ESPAGNE

VINCENT

MASQUELEZ A

ROYOU*

ANDOY

DAVIEL Pierre

DREPPE

Ingénieur

Ingénieur/ Capitaine

Sous Ingénieur/ Capitaine

Sous Ingénieur

Sous Ingénieur

Sous Ingénieur

 

Auprès du Ml Soult

Auprès du Ml Soult.

BOULOGNE

GILBERT

FABRE D’EGLANTINE

Ingénieur/ Capitaine

Sous Ingénieur/ Capitaine

 

LIVOURNE

MARESTIER

Ingénieur

 

ANVERS

MOREAU

DESMAREST

PERROY

LEMOYNE SERIGNY

GUILLEMARD

HAMART

DANIEL

Ingénieur/ Capitaine

Sous Ingénieur/ Capitaine

Sous Ingénieur/ capitaine

Sous Ingénieur

Sous Ingénieur/ Capitaine

Sous Ingénieur/ Capitaine

Sous Ingénieur/ Capitaine

 

PAIMBOEUF

ALEXANDRE

Ingénieur

 

BREST

TRAON

Sous Ingénieur

 

ORLEANS

MAQUET

Sous Ingénieur

Employé dans le 3ème arrondissement forestier.

GRENOBLE

QUINARD

Sous Ingénieur

Employé dans le 1er arrondissement forestier.

CORFOU

DUPIN

Sous Ingénieur

 

·         ROYOU : «  Bel esprit, fait des vers, neveu d’un homme de lettres plus connu par sa parenté avec FRERON. Homme fort amusant ». Mémoire de GRIVEL voir p.)

 

Compagnies d’Ouvriers Militaires de la Marine

 

Etat Major à Anvers

 

GRADE

FONCTION

NOM

INFORMATIONS

Colonel

Ingénieur en chef

LAIR

CLH.

 

Adjudant Major

SAVARY

 

 

Officier payeur

LANGLOIS

Cherbourg.

Adjudant S/officier

 

PLAGE

 

 

. 1er Bataillon du Danube : Chef de Bataillon NOTAIRE GRANVILLE (CLH)

 

COMPAGNIE

NOM

GRADE

INFORMATIONS

1ère Cie

GILBERT

Capitaine en 1er

A Boulogne

 

GODET Jacques

Lieutenant en 2ème

 

2ème Cie

DANIEL

Capitaine en 2ème

A Anvers

 

AUTREICHE

Lieutenant en 2ème

 

3ème Cie

EASME LACROIX

Capitaine en 1er

 

 

GODEFROY

Lieutenant en 2ème

 

4ème Cie

HAMARD

Capitaine en 2ème

A Anvers

 

PREVOST

Lieutenant en 2ème

 

5ème Cie

MOREAU

Capitaine en 1er

A Anvers

 

WERBOROUCK

Lieutenant en 2ème

 

6ème Cie

GUILLEMARD

Capitaine en 2ème

A Anvers

 

DUPONT

Lieutenant en 1er

 

 

. 2ème Bataillon du Danube : Chef de Bataillon LEFEBVRE (CLH)

 

COMPAGNIE

NOM

GRADE

INFORMATIONS

1ère Cie

L’ECHELLE

Capitaine en 1er

 

 

PHILIPPE

Lieutenant en 2ème

 

2ème Cie

BOUSSARD

Capitaine en 1er

 

 

MARCHAND

Lieutenant en 2ème

 

3ème Cie

PERROY

Capitaine en 2ème

Anvers

 

ROSSEL

Lieutenant en 1er

 

4ème Cie

THIENOT

Capitaine en 1er

 

 

BARNAUX

Lieutenant en 1er 

 

5ème Cie

MASQUELEZ A

Capitaine en 1er

En Espagne

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

. 3ème Bataillon : Chef de Bataillon CHAUMONT.

 

COMPAGNIE

NOM

GRADE

INFORMATIONS

6ème Cie

FABRE D’EGLANTINE

Capitaine en 1er

A Boulogne

 

-

Lieutenant

 

7ème Cie

ROYOU

Capitaine en 1er

En Espagne

 

-

Lieutenant

 

8ème  Cie

LOMBARD

Capitaine en 1er

 

 

-

Lieutenant

 

9ème Cie

DESMAREST

Capitaine en 2ème

A Anvers

 

AMISSE

Lieutenant en 1er

 

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

. Le 1er Bataillon de l’Escaut : (Bataillon du Danube ou 1er bataillon de guerre).

 

Bataillon du Danube

GRADE

NOM

Etat Major

Chef de Bataillon, ingénieur

Capitaine Adjudant Major

Quartier Maître

NOTAIRE GRANVILLE

SAVARY

FAUCHET

1ère Compagnie

Capitaine en 1er.

Lieutenant en 1er.

Sous Lieutenant

MOREAU

WERBROUCK

CAMPMAS

2ème Compagnie

Capitaine en 2ème

Sous Lieutenant

Sous Lieutenant

HAMANT

CHAMBRAILLE

VALLEE

3ème Compagnie

Capitaine en 2ème

Sous Lieutenant

Sous Lieutenant

PIRARD

PROMT

THIL

4ème Compagnie

Capitaine en 2ème

Lieutenant

Sous Lieutenant

DANIEL

-

ROY

 

Compagnie du Train

Sous Lieutenant

DUCHE

 

 

Le 1er des deux bataillons de guerre aux armées reçoit le nom de « Bataillon du Danube » en souvenir de la Campagne d’Autriche faîte en 1809. Il rejoint l’Espagne avec le Colonel BASTE puis, arrivé  Cadix est renvoyé à Anvers.

 

Le Bataillon de Rochefort : (Ex 2ème Bataillon) (Bataillon d’Espagne) ou (8ème Bataillon).

Le 1er octobre 1811 (3E1632 – CC 1530)

 

Bataillon D’Espagne

GRADE

NOM

Etat Major

Colonel

Capitaine Adjudant Major

Quartier Maître

SAIZIEU (Garde Impériale)

CHABERT Manuel

SABOUROUX Jacques

1ère Compagnie

Capitaine en 1er

Lieutenant

Lieutenant en 1er

CROCHET Luxembourg

VAUQUELIN

REUCHLIN

2ème Compagnie

Capitaine en 2ème

Lieutenant

Sous Lieutenant

DUPREZ

QUEMEMEUR

LEMOYNE SERIGNY

3ème Compagnie

Capitaine en 2ème

Lieutenant

Sous Lieutenant

DEBRUC

CHATON

HAURIE

4ème Compagnie

Capitaine en 2ème

Lieutenant en 1er

Sous Lieutenant

BAULATION

BOUGRIER

TIREL

Compagnie du Train

.

.

 

Le deuxième Bataillon de guerre, employé alors dans le 1er Corps de l’Armée d’Espagne (SOULT), reçoit par l’article 4 du décret, la dénomination de 8ème Bataillon d’Ouvriers Militaires de la Marine. (Il prendra le nom de Bataillon d’Espagne, en souvenir de la campagne qu’il fait dans la péninsule Ibérique). Il conserve sa dénomination de Bataillon de Rochefort, puisque son dépôt principal se trouve dans ce port.

 

 De retour en France vers la fin 1812, le Bataillon est cantonné, puis réorganisé à Bordeaux le 29 avril 1813. Il part ensuite pour Strasbourg rejoindre l’armée d’Allemagne, pour être employé dans la place Saxonne de Torgau sur l’Elbe. Plusieurs détachements du bataillon sont dispersés entre Wittenberg, Dresde, Glogau etc.

 

 

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

FRABOULET DE VILLENEUVE

Claude Marie

Lieutenant Colonel

 (Major)

Né à Lorient en 1776. Vient du 2ème Régiment d’Artillerie de Marine.

MASQUELEZ

 Auguste

Chef de Bataillon

Né le 28 avril 1780 à Lille, Capitaine du Génie Maritime, nommé Chef de bataillon le 15 mai 1813. Blessé le 5 novembre 1813, mort le 12 à la défense de Torgau.

DAVIEL

 Pierre

Lieutenant

Né en 1784, passe capitaine, Blessé le 5 novembre 1813, défense de Torgau.

ACCOLAS

Louis Pierre

Lieutenant en second

2ème Cie. Né le 9 décembre 1781. Disparu à Torgau.

ASULAS

Lieutenant

Blessé le 5 novembre 1813 à la défense de Torgau.

CHABERT Manuel

Adjudant Major

Né en 1763 à Lisbonne (Portugal), vient du 1er Régt d’Artillerie e marine de Brest.

SABOUROUS Jacques

Lieutenant Quartier Maître

Né en 1771 en Dordogne, vient de l’Artillerie de Marine.

MAZAUDIER

Capitaine

Elève du Génie Maritime en novembre 1811. Admis au grade de sous ingénieur constructeur de 2ème classe. Blessé en décembre 1813 à la défense de Wittenberg. (2E1-74)

LAPORTE

Pierre

Lieutenant en second

Né le 29 décembre 1781 à Sémone (Vosges), Tué en janvier 1814 à Wittenberg.

LAFOSSE

Officier

Le 29 novembre 1811. Officier du Génie Maritime de retour de Napoléon en Vendée, est promu par l’Empereur au grade de Chef du Génie à Rochefort, chargé de la direction des travaux à compter du 21 de ce mois. (SHM 2E1-74)

CHASSERIAU

Pierre Justin

Chirurgien de 2ème classe

Né en 1783.

POUMEAU

Jean Antoine

Aide Chirurgien

Né en 1790.

 

Informations concernant quelques Ouvriers Militaires de la Marine.

 

NOM

INFORMATIONS

PIERRE

Jean, Ambroise

Fils d’Antoine et de Magdeleine HAFSENT, né le 31 octobre 1788 à Rochefort. 1,80, visage long, front petit, yeux bleus, nez court, bouche moyenne, menton rond, cheveux et sourcils châtains. Enrôlé volontairement le 10 janvier 1807. Ouvrier de 2ème classe. Etait en permission d’ancienne date, dénoncé comme déserteur le 4 septembre 1815.

A fait la campagne d’Espagne depuis le 10 mars 1810 jusqu’au 20 mars 1813. A l’Armée d’Allemagne depuis le 10 juin 1813 au 10 janvier 1814.

HOUSSER

pierre

Fils de feu Jean François et de veuve Jeanne Catherine FAVEREAU, né le 16 novembre 1792 à Rochefort. 1,65 m. Visage long, front petit, yeux gris, nez aquilin, bouche petite, menton rond, cheveux et sourcils châtains. Arrivé au corps le 23 septembre 1811. Fourrier le 1er juillet 1813. Campagne d’Allemagne du 27 février 1813 au 10 janvier 1814. Licencié le 1er avril 1816.

DOUSCIN

Lucien

Fils de feu Mathurin et de Marie BOIL, né le 17 août 1794 à Rochefort. 1,67m. Arrivé au corps le 22 janvier 1813, provenant des ouvriers des classes du port de Rochefort. Ouvrier Calfat de 2ème classe, puis de 1ère classe. Licencié le 30 mars 1816.

 

 

 

. Les Bataillons de l’Escaut :

Les 3 unités qui sont stationnées à Anvers sont respectivement baptisées :

 

.1er Bataillon de l’Escaut : A la mi février 1812, le bataillon est envoyé dans la place polonaise de Dantzig, puis à Wilna en compagnie du Bataillon du Danube. Le Bataillon est dirigé par l’Ingénieur DENAIX, se déplace toujours avec une vingtaine de caissons remplis d’un double approvisionnement d’outils (agrès, ancres et cordage nécessaires aux travaux de constructions), d’une forge, le tout conduit par une compagnie du Train. Il fait aussi la Campagne de Russie.

 

 

1er Bataillon de l’Escaut

GRADE

NOM

Etat Major

Chef de Bataillon Ingénieur

Capitaine Adjudant Major

Quartier Maître

DENAIX

PLAGE

ALIOT

1ère Compagnie

Capitaine en 1er

Sous Lieutenant

Sous Lieutenant

LOMBARD

BOUTET

DICOP

2ème Compagnie

Capitaine en 1er

Sous Lieutenant

Sous Lieutenant

DEMOOR ou DEMOIR

GALLAS

POCHARD

3ème Compagnie

Capitaine en 2ème

Sous Lieutenant

Sous Lieutenant

PERROY

BETOT

LEVEAUX

4ème Compagnie

Capitaine en 2ème

Sous Lieutenant

Sous Lieutenant

PREVOST

BIGOT

-

Compagnie du Train

Sous Lieutenant

BERTIN

 

. 2ème Bataillon de l’Escaut : Reste à Anvers et Flessingue.

 

2ème Bataillon de l’Escaut

GRADE

NOM

Etat Major

Capitaine faisant fonction de Chef de Bataillon

Capitaine Adjudant Major

Quartier Maître

VINCENT

 

GODET

DESBOUILLONS

1ère Compagnie

Capitaine en 1er

Lieutenant

Sous Lieutenant

BOUSSARD

.

.

2ème Compagnie

Capitaine en 1er

Lieutenant en 1er

Sous Lieutenant

GUILLEMARD

DUPONT

.

3ème Compagnie

Capitaine en 1er

Lieutenant en 2ème

Sous Lieutenant

EASME DELACROIX

NEVEU

.

4ème Compagnies

Capitaine en 2ème

Lieutenant

Sous Lieutenant

MARCHAND

.

.

Compagnie du Train

.

.

 

. 3ème Bataillon de l’Escaut : (Effectif incomplet en 1811) Reste à Anvers et Flessingue

 

3ème Bataillon de l’Escaut

GRADE

NOM

Etat Major

Chef de Bataillon

Capitaine Adjudant Major

Quartier Maître

.

JACOB

TABEREAU

1ère Compagnie

Capitaine en 1er

Sous Lieutenant

Sous Lieutenant

DESMAREST

POULIN

.

2ème Compagnie

Capitaine en 2ème

Lieutenant

Sous Lieutenant

LANGLOIS

.

.

3ème Compagnie

Capitaine en 1er

Lieutenant en 1er

Sous Lieutenant

FABRE D’EGLANTINE

.

.

4ème Compagnie

Capitaine

Lieutenant en 1er

Sous Lieutenant

.

CHANOT

.

Compagnie du Train

 

 

 

. Le Bataillon de Cherbourg : (Effectif incomplet en 1811)

 

. Le Bataillon de Boulogne : (Effectif incomplet en 1811)

 

Compagnie de Boulogne

GRADE

NOM

Etat Major

Chef de Bataillon

Capitaine Adjudant Major

Quartier Maître

.

GODEFROY

BLANCARD

1ère Compagnie

Capitaine en 1er

Lieutenant en 1er

Sous Lieutenant

GILBERT

LEBRETON

.

2ème Compagnie

Capitaine en 1er

Lieutenant

Sous Lieutenant

PHILIPPE

.

TEULIERES

3ème Compagnie

Capitaine en 1er

Lieutenant

Sous Lieutenant

THIENOT

.

.

4ème Compagnie

Capitaine

Lieutenant

Sous Lieutenant

.

.

.

 

UNITE

NOM

FONCTION

INFORMATIONS

Bataillon de Boulogne

BROUX

 Paul François

Ouvrier

Natif des Deux Sèvres. Affecté à Boulogne 1812-1813. Futur médaillé de Ste Hélène.

 

 

 

 

 

. Le Bataillon de Toulon :

 

Bataillon de Toulon

GRADE

NOM

Etat Major

Chef de Bataillon

Capitaine Adjudant Major

Quartier Maître

GARNIER St MAURICE

.

GRAS

1ère Compagnie

Capitaine en 1er

Lieutenant en 1er

Sous Lieutenant

ARNAUD

LEFEBVRE DE CERISI

.

2ème Compagnie

Capitaine en 1er

Lieutenant

Sous Lieutenant

GURIN

.

.

3ème Compagnie

Capitaine en 1er

Lieutenant en 1er

Sous Lieutenant

.

DUMONTEIL

.

4ème Compagnie

Capitaine

Lieutenant

Sous Lieutenant

.

.

.

Compagnie du Train

.

.

 

(AN GG1 39. décret du 2 août 1811)

 

Informations sur l’année 1811 :

Chaque bataillon recueille des éléments des anciennes compagnies pour constituer un noyau d’ouvriers expérimentés susceptibles de former des conscrits, mais les bataillons de Cherbourg et de Boulogne, ainsi que le 3ème de l’Escaut ont à peine 20% d’hommes chevronnés. Beaucoup des 900 conscrits maritimes n’ont pas encore les professions requises. En préparation de la campagne de Russie, l’Empereur fait d’énormes préparatifs en particuliers sur les transports, les munitions et les équipages de ponts.

 

 Extraits de différents courriers à compter de décembre 1811 :

. Lettre n° 18326 : Paris le 14 décembre 1811 :

Adressée au  général CLARKE, duc de Feltre, ministre de la guerre à Paris.

« Le matériel du génie de la Grande Armée se compose de la 1ère Cie du train actuellement à Hambourg, de la 5ème Cie qui est à Metz et de la 6ème Cie qui est à Bayonne, soit 4 à 500 hommes, 150 voitures et 7 à 800 chevaux. Il se compose également des caissons attachés aux différentes compagnies de sapeurs et mineurs (une cinquantaine de voitures). Le tout représentant au moins 200 voitures pour le matériel du génie. Les 3 Cies ont 3 caissons de mineurs, 3 voitures de pétards, 3 sonnettes, 3 nacelles et 21 voitures chargées de cordages, d’ancres, de clameaux (cinquenelles et agrès pour les ponts) et autres objets nécessaires à la réparation des ponts. A cela s’ajoute 21000 outils attelés. »

 

Le bataillon d’ouvriers de la marine* compte 6 caissons d’outils d’arts et 4 voitures portant deux grandes sonnettes. L’empereur demande qu’il soit fait un inventaire des matériels de l’Armée d’Allemagne dont celui qui se trouve à Dantzig (outils de pionniers etc.) auxquels on ajouterait un approvisionnement de pilots garnis en fer pour construire des ponts sur pilotis sur la Vistule ou sur le Niémen. Une partie du transport se fait par eau et d’une manière extrêmement facile dans tout le pays.

 

·         Bataillon d’Ouvriers du Danube et 1er de l’Escaut.

 

. Lettre n°18388 : Paris le 29 décembre 1811 :

Adressée au Vice amiral, comte DECRES, Ministre de la Marine à Paris.

 

L’Empereur à besoin de 300 voitures à quatre roues (fourgons) pour le transport militaire. Il les voudrait pour le 30 février. Les ateliers de la terre de Sampigny sont garnis de voitures d’anciens modèles et ne peuvent construire que 50 voitures du nouveau modèle par mois. Il est contraint d’avoir recours aux ateliers de différentes villes. Il demande à DECRES de faire fabriquer, d’ici à février, 2 à 300 voitures par les ouvriers de l’arsenal d’Anvers. Ces voitures ressemblent à ce que les artilleurs appellent des « Prolonges ». Les amas de bois, l’abondance de fer et la grande quantité d’ouvriers à Anvers devraient pouvoir fournir au moins 300 voitures. Il souhaite que l’arsenal de Venise en fabrique 100 autres.

 

1812

 

. Janvier 1812 :

Le Bataillon de Boulogne quitte le Pas de Calais pour se rendre sur les rives de l’Escaut.

 

. Mi février 1812 :

Il est ordonné au 1er Bataillon de guerre des Ouvriers Militaires de la Marine (Bataillon du Danube) de quitter l’Espagne et de rejoindre DANTZIG en Pologne. puis Wilna en compagnie du 1er Bataillon de l’Escaut. Il part avec un double approvisionnement d’outils, une vingtaine de caissons et une forge, le tout tiré par 120 chevaux de la compagnie du Train. Il fait toute la Campagne de Russie.

 

. Le 25 février 1812 :

Lettre du ministre de ma marine au Préfet maritime, relatif au projet de nouvel uniforme des Ouvriers Militaires de la Marine. Celui-ci se composerait :

. 1 Habit veste bleu,

. 1 Gilet à manches,

. 1 Pantalon de drap,

. 1 Paletot (sic) ou paletot de travail,

. 1 Pantalon de travail,

. 1 Bonnet de police,

. 1 Paire de guêtres noires.

 

. Port de Rochefort :

Pour information, devis d’habillement pour 1812 et quantité d’étoffe à employer :

 

 

EFFETS

 

Drap  119/100

 

Cadix

59/100

 

Toile

104/100

 

Velours

Noir

 

Tricot

bleu

 

Estamette

noire

 

Bleu

m2

Blanc

Rouge

Bleu

Blanc

A Doublure

A Pantal.

42/100

m2

60 67/100

 

Habit

1     22

‘’   ‘’      

 

‘’   46

 

1      ‘’

 

‘’     60

‘’     ‘’

 

Gilet

‘’   20

‘’   0,9

 

 

 

‘’      ‘’

 

‘’      ‘’

‘’     ‘’

 

Pantalon

1   08

 

 

 

 

‘’     ‘’

 

‘’      ‘’

‘’     ‘’

 

Paletot

‘’    ‘’

01  1/2

 

 

 

‘’     ‘’

 

‘’      ‘’

2    50

 

Pantalon de travail

 

‘’     ‘’

 

 

 

‘’      ‘’

 

‘’     ‘’

 

2    16

 

Bonnet de police

‘’    25

‘’     ‘’

 

 

 

‘’      ‘’

 

‘’      ‘’

‘’    ‘’

 

Guêtres

 

‘’     ‘’

 

 

 

‘’      ‘’

 

‘’      ‘’

‘’     ‘’

‘’    50

 

Consommation

 

2    75

 

‘’    ‘’

 

 

‘’    46

 

‘’     ‘’

 

‘’     ‘’

 

‘’    ‘’

 

‘’      60

 

4    66

 

‘’    50

 

Lettre n°18576 : Paris le 14 mars 1812.

Adressée au Vice amiral comte DECRES, Ministre de la Marine à Paris.

 

«  … remettez moi dans la journée un rapport qui me fasse connaître le nom et l’organisation des deux bataillons de flottille* qui sont sous les ordres du vice amiral VER HUELL et présentez-moi un projet d’ordre pour faire partir 1000 de ces marins, français ou hollandais, pour se rendre en diligence à Danzig (sic). Proposez-moi en même temps de faire partir 1000 autres de ces marins, français ou hollandais, bien armés et bien équipés, sous les ordres du contre amiral BASTE, pour Magdebourg. Il est nécessaire que ces hommes soient armés, qu’ils aient leurs cartouches et des gibernes. Les deux équipages, tant celui du Nord que celui qui part de Boulogne, et la compagnie de 200 hommes des marins de la garde du duc d’Istrie a eu ordre de faire partir, seront sous les ordres du vice amiral GANTEAUME, s’il peut suivre l’armée. Si l’amiral n’est pas en état de  faire de faire la campagne, le capitaine MOTARD, ne pouvant pas venir, le contre amiral BASTE commandera. Enfin le vice roi emmène avec lui deux compagnie de marins de Venise. Cela fera donc 2400 marins que j’aurai à l’armée, indépendamment des deux bataillons d’ouvriers de la marine, qui porteront à 4000 hommes les troupes de la marine … ».

 

  • 4ème Equipage de Flottille : Capitaine de vaisseau BEDEL du TERTRE.

      17ème Equipage de Flottille : Capitaine de vaisseau PROTEAU

 

 

. Novembre 1812 : Arsenal d’Anvers :

Le bataillon d’Ouvriers d’Anvers, reçoit, à la fin de l’année 1812, 364 conscrits à se répartir par tranche de 121 hommes dans le bataillon de Boulogne, le 1er de l’Escaut et le 2ème de l’Escaut.

 

. Le 23 décembre 1812, (Lettre n° 19392) Paris :

L’Empereur au Ministre de la Marine. « Monsieur le Comte DECRES, je désire que vous puissiez faire débarquer indistinctement tous les hommes de terre qui servent de garnison dans les vaisseaux, parce que ces hommes me serviront pour l’armée active… »

 

. Le 24 décembre 1812 (Lettre n° 19393) Paris :

L’Empereur au Comte DECRES. « … Comme je dois tenir conseil du Génie dans le courant janvier, je vous prie d’ordonner que de la rade de l’île d’Aix, des bouches de la Gironde, de Brest, des bouches de l’Escaut, des côtes de Hambourg, ainsi que de Toulon, l’on vous envoie des renseignements sur les travaux de fortification faits cette année, sur les batteries qui existent, sur leur armement, et sur ce que les marins voudraient que l’on fit encore… »

 

 

1813

 

. Le 2 janvier 1813 :

Par décret, l’Empereur ordonne que 200 sous officiers, canonniers des régiments de marine, soient admis, au nombre de 15 par bataillon, à l’honneur de servir dans la Garde Impériale, dans l’Artillerie à pied. Les hommes sont pris, tant dans ceux présents à terre, qu’embarqués. Le nombre passe à 234, soit 18 hommes par bataillon. Ils doivent mesurer en principe 5 pieds, 5 pouces et avoir 6 ans de service. La taille fut réduite en raison du nombre d’hommes de petite taille dans ce corps.

 

. Le 8 janvier 1813 :

Le camp de Boulogne est officiellement supprimé. Les quelques troupes en poste sont casernées dans la ville.  De nombreux Ouvriers sont incorporés dans les équipages de Haut Bord de l’escadre de la Méditerranée, tandis que d’autres (1 000 environ) sont affectés dans les Pontonniers, le Génie et l’Artillerie de la Garde Impériale pour combler les vides relatifs à la Campagne de Russie.

 

. Le 1er mars 1813 : Retour en France des Ouvriers.

Plusieurs détachements des deux bataillons de guerre des Ouvriers de Marine et matelots de flottille quittent l’Espagne le 1er mars et arrivent le 20 mars à Bayonne. Ils sont à Bordeaux le 29 avril pour y être réorganisées. Les deux corps provisoires sont dissous et appelés à rejoindre leur port d’attache.

Au retour d’Espagne, le bataillon est contrôlé par un commissaire.  Il reste :

. 2 Caissons d’ambulance :

. Caisson N°7 : Mis en service à Bilbao le 1er mai 1810.

. Caisson N° 8 : Idem

 

. 3 Chevaux et 5 mules :

 

NOM

Type

NOM

TYPE

BARBOT

Cheval

BIVRIESCA

Mulet acheté à Burgos

BOULOGNE

Cheval

BRUITRAGE

Mulet acheté à Burgos

BELLE

Jument achetée à Tolède

BELLONE

Mule achetée à Vittoria

BELTRAND

Mule Achetée à Tolède

ABOYANTE

Mule

BONAVENTURE

Mule Acheté à Tolède

ANDALOU

Mulet

BEAUTE

Mule achetée à Madrid

ACCOLADE

MULE

BOUCHET

Mulet acheté à Ségovie

ACANTHE

Mule

BON

Mulet acheté à Valladolid

BARBET

Mulet acheté à Valladolid

 

 

 

 

 

Après les campagnes d’Autriche et d’Espagne, les compagnies dont sont issus les Ouvriers Militaires, ne recouvrent plus les effectifs initiaux prévus par le décret organique du 15 janvier 1808.

 

. Le 11 mars 1813 : Lettre du duc de Frioul à DECRES, ministre de la Marine :

Le duc de Frioul demande au ministre s’il peut faire sortir un bataillon d’ouvriers de la marine pour être employé à Francfort, à la suite de la Garde impériale, pareil à celui qui a été envoyé à Magdebourg. DECRES répond à regret par la négative, car l’arme ne compte plus que 7 000 hommes et qu’on a choisi le Bataillon du Danube et le 1er Bataillon de l’Escaut pour être employés en Pologne au nombre de 1 800 hommes, qui représentent les meilleurs ouvriers et les mieux constitués du corps. Le Bataillon de Magdebourg compte 1 050 hommes et vient d’être versé dans le corps des pontonniers de la Garde. N’ont été choisis que les hommes ayant les plus hautes tailles et de forte constitution. C’est donc 2 000 hommes qui viennent de quitter le corps. Il ne reste que 4 000 hommes dans les 4 bataillons qui restent dans les ports, dont aucun d’eux n’a plus de deux ans de service.

 

Pendant ce temps au Port de Rochefort :

 

. Le 12 mars 1813 :

Le Ministre de la marine écrit au Préfet maritime en lui indiquant que l’intention de  l’Empereur est que l’on porte au complet le 8ème Bataillon d’Ouvriers Militaire qui a été employé en Espagne. 160 Ouvriers conscrits de la classe 1814 vont être en conséquence dirigés sur le dépôt de ce corps qui se trouve maintenant à Bordeaux. Mais comme il est convenable que les services de ces jeunes gens soient utilisés dans un grand port, en attendant le retour (complet) du bataillon, il ordonne au commissaire principal BERGEVIN, de faire passer le dépôt à Rochefort : C’est à ce dernier port que les conscrits seront reçus à leur arrivée. Il termine en demandant que des mesures soient prises pour leur casernement.

Signé DECRES. (SHM 2E1 63. p.133)

 

. Le 18 mars 1813 :

Nouvelle lettre du Ministre au Préfet lui signalant que l’Empereur vient d’arrêter la répartition des conscrits en 1812 à 1814, qu’on lève, en ce moment, en Hollande et dans les cantons littoraux de l’Empire, pour le service de la Marine. Celui de Rochefort a été compris pour 1490 hommes qui doivent être incorporés comme suit :

. 1130 dans les équipages de haut bord comme apprentis marins,

.   200 dans les équipages de flottille en la même qualité

.   160 dans le bataillon d’Ouvriers militaires comme 3ème classe…

(SHM 2E1 63 – p.148)

 

DATE

NOMBRE

Lieux d’origine

Du 12 au 17 mai 1813

12

Essel Supérieur

 

30

Bouches de la Meuse

 

17

Bouches du Rhin

 

5

Bouches de l’Escaut

 

5

Arrondissement de Breda

 

29

Montenotte

 

35

Gêne

 

27

Apennin

TOTAL

160

 

 

. Le 20 mars 1813 : Bayonne :

 Arrivée à Bayonne de plusieurs détachements des deux bataillons de guerre  des Ouvriers et des deux équipages de flottille (43ème  et 44ème) qui les accompagnaient.

 

. Le 15 avril 1813 : Paris.

  Départ de l’Empereur qui arrive de 17 à Mayence.

 

. 29 avril 1813 : Bordeaux.

 Réorganisation et revue des Ouvriers Militaires de la Marine revenus d’Espagne.

 

Pendant ce temps au Port de Rochefort :

 

. Le 19 Mai 1813 :

« Par un courrier que le ministre DECRES expédie aux préfets des arrondissements maritime, il est question de l’habillement des Ouvriers du 8ème Bataillon, partis pour la Grande armée. Une partie des étoffes sont arrivées pour commencer les confections. Pour les unités déjà en marche, des dispositions sont prises à Rochefort. 596 habits vestes et autant de pantalons ont été confectionnés à Paris, par les soins du Directoire & Habillement, et ont été expédiés à Orléans pour être remis au corps lors de son passage dans la ville le mois dernier. Les hommes ont été, en outre, munis d’une capote par les soins de l’Administration de la guerre. Il est précisé qu’il devient inutile de fournir, aujourd’hui, des paletots et pantalons de toile, qui seront inutiles pour la marche. Ces effets ne seront délivrés qu’aux ouvriers restants au dépôt pour les travaux du port. » (SHM 2E1 64, p. 103)

 

. Le 20 mai 1813 :

« Le Ministre de la Marine annonce au Préfet que 17 jeunes conscrits de l’arrondissement de Bayonne et 1 de Lorient sont affectés au 8ème Bataillon à Rochefort. Signé DECRES. »

 

Pendant ce temps au Port de Rochefort :

. Le 7 juin 1813 :

Lettre du Ministre de la Marine relative à l’habillement du 8ème Bataillon d’Ouvriers Militaires en route pour la Grande armée, pour lesquels une commande de confection de 600 habits et pantalon a été faite pour être distribuée à Orléans. Le nombre des soldats partis de Rochefort et de Bordeaux est, cependant moins important que prévus. Sur les 536 pantalons donnés à Orléans, 64 sont trop petits. Ils seront remplacés et immédiatement envoyés à Mayence. Il reste, tant à Orléans qu’à Paris, 64 habits et 128 pantalons sans emploi. Ces effets restants seront envoyés à Anvers où ils seront utilisés pour le Bataillon qui s’y trouve…

Signé Duc DECRES. » (SHM 2E1. 64, p.147)

 

Le 1er septembre 1813 : Réorganisation du corps des Ouvriers de la Marine.

Il semble que le corps des Ouvriers de la Marine ait été de nouveau organisé par un décret daté du 1er septembre 1813.

 

 

Pendant ce temps à Anvers.

 

. Le 6 septembre 1813, Arsenal d’Anvers :

«  Le Colonel LAIR, commandant l’ensemble du corps et le Préfet Maritime d’Anvers demandent une Aigle Impériale pour les bataillons d’Ouvriers militaires de la Marine. Le Ministre DECRES, transformera la demande le 8 décembre suivant, en réclamant, selon l’article 4 du décret du 25 décembre 1811, un drapeau pour chacun de ses bataillons.  l’Empereur n’aura pas le temps de donner suite à cette requête. Toutefois, sur le document original, on trouve une note manuscrite indiquant « remis ». Le « drapeau » qui figure sur l’inventaire de notre Dame de Kazan, en Russie, n’est en fait, qu’un fanion de compagnie, non réglementaire. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ROCHEFORT en 1813

 

Bataillon d’Espagne (8è Bataillon) :

 

Au 4ème trimestre 1813, sont présents à Rochefort.

. 1 Capitaine de 2ème classe.

. 1 Lieutenant de 1ère classe.

. 1 Maître tailleur.

. 1 Sergent Major.

. 10 Sergents et caporaux fourriers.

. 13 Caporaux.

. 4 Tambours.

. 40 Ouvriers de 1ère classe.

. 19 Ouvriers de 2ème classe.

. 248 Ouvriers de 3ème classe.

. 1 Enfant de troupe.

 

 

Arsenaux fin 1813 :

 

. Décembre 1813 : Correspondance de l’Empereur, lettre n° 20975 :

 Les Ouvriers des arsenaux manquent de travail, les chantiers sont ralentis en raison du blocus anglais. L’Empereur ordonne d’augmenter les confections de voitures aux établissements de Sampigny, qui sont, semble-t-il meilleures que celles de Metz, Strasbourg et Nancy. Il souhaite que 150 voitures soient construites par mois et ordonne que les ouvriers de marine des chantiers d’Anvers construisent aussi des voitures pour le 6ème Bataillon du Train dont le dépôt est à Douai.

 

1814

Information sur l’année 1814 :

 

L’effectif du corps des ouvriers de la Marine a fondu durant la campagne de France pour tomber à 3 624 hommes en avril 1814. De nombreux ouvriers civils sont mis à la disposition du Vice amiral MISSIESSY pour achever les réparations d’un vaisseau sur l’Escaut.

 

Campagnes :

 

 

La Restauration 1814 :

 

Lors que l’ingénieur DENAIX revient des prisons Prussiennes de Silésie avec les débris des anciens bataillons du Danube et de l’Escaut, son groupe comptera moins d’une centaine d’hommes.

La Première Restauration maintient le corps sous les drapeaux, mais change la dénomination des unités qui prennent les noms des ports de leurs nouveaux cantonnements :

 

. Bataillon de Brest :

Ce qui reste des 3 bataillons de l’Escaut passe à Brest avec celui de Boulogne.

 

. Bataillon de Lorient :

Il prend plusieurs détachement de l’ancien Bataillon du Danube, le reste est transféré à

 Cherbourg.

 

. Bataillon de Cherbourg :

Lui est affecté les reste du Bataillon du Danube dont une partie est restée à Lorient.

 

Bataillon de Rochefort :

L’ancien Bataillon d’Espagne rentre à Rochefort et prend son nom.

Au 4ème trimestre 1814, sont présents à Rochefort :

. 3 Capitaines de 2ème classe.

. 2 Lieutenants de 1ère classe.

. 5 Lieutenants de 2ème classe.

. 1 Chirurgien Major.

. 1 Chirurgien Aide Major.

. 1 Quartier Maître trésorier.

. 2 Adjudants Maître Tailleurs.

. 3 Sergents-Majors.

. 16 Sergents et Fourriers.

. 20 Caporaux.

. 1 Tambour.

. 65 Ouvriers de 1ère classe.

. 83 Ouvriers de 2ème classe.

. 46 Ouvriers de 3ème classe.

 

Bataillon de Toulon : Inchangé.

 

Il faut cependant soustraire du Corps, 550 étrangers nés hors de la France de 1792, que le nouveau gouvernement renvoie dans leur pays, et tous les conscrits de la classe 1815 qui sont démobilisés.

 

Les Cent Jours  1815

 

Au retour de l’Empereur, un décret en date du 26 avril 1815 accorde le titre de « Corps Impérial du Génie Maritime » aux 8 bataillons d’Ouvriers Militaires qui retrouvent leurs anciennes appellations et qui sont redistribués en 4 compagnies de 124 hommes chacun. Un courrier du ministre indique que les Ouvriers Militaires en excédent dans les bataillons du Génie Maritime, pourront être admis dans les équipages et seront répartis dans les classes de matelots et d’apprentis marins en fonction de leur grade. (SHM 2E1 73)

 

Trois compagnies de Brest et une de Cherbourg sont dirigées sur Paris dès le mois d’avril 1815, avec « armes et bagages ». Une autre compagnie en provenance de Toulon et qui doit marcher sur Lyon enregistre quelques désertions, mais reçoit le renfort de quelques individus qui réclament leur incorporation. A Paris, des ouvriers se présentent spontanément dans les bureaux du ministère de la Marine pour se faire engager dans le nouveau corps du Génie Maritime.

 

. Le 5 janvier 1815 :

Sous la Première Restauration, un détachement d’Ouvriers Militaires s’apprête à partir pour l’Ile Bourbon et Cayenne à bord du vaisseau Le Duc d’Angoulême et la frégate La Girouette. Le 20 juin, ce détachement se trouve toujours en subsistance dans le port de Lorient  et attend l’autorisation de s’embarquer. Ce détachement sera sous les ordres des Ingénieurs PROUST et LA MARINIERE (SHM 2E1-76)

 

. Le 10 janvier 1815 :

 Le ministre donne son autorisation pour que des Ouvriers provenant de prisons allemandes soient de nouveau incorporés dans le 8ème Bataillon.

 

. Le 28 mars 1815 :

 Autorisation est donnée d’incorporer dans le Bataillon de Rochefort, de nombreux Ouvriers venant des prisons ennemies, dont les Ouvriers FORTE, BOURGOUIN et PLANTIN qui viennent des prisons d’Angleterre. (SHM 2E1 76)

 

. Le 26 avril 1815 :

Décret : Palais de l’Elysée, le 26 avril 1815.

Napoléon, Empereur des Français, Nous avons décrété, et décrétons ce qui suit :

Art 1er

Nos 8 bataillons d’Ouvriers Militaires de la Marine, prendront la dénomination de :

« Corps Impérial des Ouvriers du Génie Maritime ».

Art 2ème

Chaque bataillon sera composé de 4 compagnies et organisé comme suit :

 

ETAT MAJOR

Nombre

Chef de Bataillon

1

Adjudant Major

1

Quartier Maître Trésorier

1

Officier de Santé

1

Adjudant sous Officier

1

Caporal Tambour

1

Maître Tailleur

1

Maître Cordonnier

1

Maître Armurier

1

TOTAL

9

 

D’autre part :

Formation d’une compagnie, et pour les 4 compagnies formant le bataillon :

 

GRADES

Nombre

 pour 1 Cie.

Nombre

 pour 4 Cies.

Capitaine

1

4

Lieutenant en 1er

1

4

Lieutenant en 2ème

1

4

TOTAL

3

12

Sergent Major

1

4

Sergents

4

16

Fourriers

1

4

Caporaux

8

32

Ouvriers 1ère Cl.

24

96

Ouvriers 2ème Cl.

40

160

Ouvriers 3ème Cl.

40

160

Tambours

2

8

TOTAL

123

492

 

Total pour 1 bataillon : 492 Ouvriers + 9 Etat Major = 501 hommes

Pour 8 bataillons : 4 008 hommes et officiers compris.

Art 3ème

Notre ministre de la Marine est chargé de l’exécution du présent décret.

Signé Napoléon

Ministre Secrétaire d’Etat Duc de BASSANO

Ministre de la Marine et des Colonies Duc DECRES.

(SHM 2E1 73 – année 1812)

 

. Le 3 mai 1815 : Envoi, à l’attention du Préfet Maritime de Rochefort, du décret du 26 avril 1815, relatif à l’organisation des bataillons d’Ouvriers Militaires.

 

. 18 juin 1815 : Bataille de Waterloo :

 

. Le 19 août 1815 :

 Le nouveau ministre précise qu’il faut réduire le corps des Ouvriers Militaires de la marine par le licenciement des ouvriers inutiles au service du port. Ne conserver que les hommes à la formation d’une compagnie. Les hommes mariés, pères de famille, chefs d’établissement, ceux d’un certain âge, les infirmes, les incapables et surtout ceux qui seraient connus par leur inconduite envers les … sentiments opposés à l’ordre des choses, heureusement rétablis en France. (SHM 2E1 74, p.65, année 1815)

 

 

. Le 25 août 1815 :

 Une lettre du nouveau ministre de la marine, au Préfet Maritime de Rochefort, fait référence au licenciement du Bataillon d’Ouvriers Militaires de Rochefort, et demande qu’il ne soit conservé que la valeur d’une compagnie de 100 hommes. Dissolution aussi du bataillon commandé par l’Ingénieur DENAIX et la compagnie de l’Ingénieur DUPIN, qui se dirigent sur Rochefort (Environ 5 compagnies). Les bataillons de Brest, Cherbourg et Toulon se trouvent également compris dans la Dissolution. (SHM 2E1 74 – p.81 bis, année 1815)

 

1816

 

 Le 29 février 1816 le corps est supprimé définitivement, accusé d’avoir marqué trop de dévouement à l’usurpateur.

 

 

 

 

 

ATTENTION RESTE DE L’ARTICLE ARTILLERIE DE MARINE

 

. faits d’armes et Campagnes :

. Personnalités :

 

Premier Régiment :

 

NOM

FONCTION

 

INFORMATIONS

REVERDY

Capitaine

 

Blessé le 21 ocobre 1805 à Trafalgar

TRESSE

Lieutenant

 

Tué au combat le 18 juillet 1806, sur la frégate La Guerrière.

DELTOUR

François Joseph

Canonnier

 

Né à Frasnes (Belgique) Incorporé dans le 1er Bataillon. Par pour l’Allemagne avec les Marins de la Garde. Fait prisonnier. Ne rentre en France qu’en 1815. Médaillé de Ste Hélène.

 

Campagne de France 1814 :

. Bataille de Brienne le 29 janvier 1814.

. Participe à la Bataille de la Rothière en 1814.

 

Deuxième Régiment :

 

 En garnison à TOULON

 

NOM

FONCTION

 

INFORMATIONS

FAVREAU

Capitaine

 

Tué le 21 octobre 1805 à Trafalgar.

TRESSE

Capitaine

 

Tué le 21 octobre 1805 à Trafalgar.

LENASSOL

Lieutenant

 

Tué le 21 octobre 1805 à Trafalgar.

HENRY

Lieutenant

 

Tué le 21 octobre 1805 à Trafalgar.

MARTIN-GIRAUD

Lieutenant

 

Blessé le 21 octobre 1805 à Trafalgar.

LASSUS

Lieutenant

 

Blessé le 21 octobre 1805 à Trafalgar. Meurt noyé le 24 octobre sur le vaisseau L’Indomptable.

MIRGUET

Capitaine

 

Tué le 6 février 1806 lors d’un combat naval à Santo Domingo.

QUINET

Lieutenant

 

Blessé le 9 juin 1808 dans la rade de Cadix.

THEVENARD

Lieutenant

 

Blessé le 10 novembre 1808, lors d’un combat sur la frégate La Thétis.

ANNE

Lieutenant

 

Blessé le 10 février 1808, lors d’un combat sur la frégate La Junon

GERY

Lieutenant

 

Blessé le 1er juin 1810 dans une batterie de côte près de Toulon.

 

Campagne de France 1814 :

. Bataille de Champaubert le 10 février 1814.

. Bataille de Vauchamps le 14 février 1814.

. Bataille de Craonne le 7 mars 1814.

 

 

 

 

 

Troisième Régiment :

 

NOM

FONCTION

 

INFORMATIONS

BOCHATON

Jean-Marie

Colonel

 

Né le 31 décembre 1771 à Evian. blessé le 29 janvier 1814 à Brienne.

FABERT

Lieutenant

 

Blessé le 29 janvier 1814 à Brienne.

LUBRUN

Auguste, Noël

Lieutenant

 

Né le 3 octobre 1793 à Auroy (Seine & Marne), blessé d’un coup de feu à la fesse le 29 janvier 1814 à Brienne.

VINCENT

Charles, Casimir

Lieutenant

 

Né le 2 octobre 1773 à Paris. Mort le 29 janvier 1814 à Brienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quatrième Régiment :

 

NOM

FONCTION

 

INFORMATIONS

DUMONT

 

 

Blessé ( ?) le 9 mars 1814 à Berg-Op-Zoom

HIQUET

Félix

Canonnier